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    apic/France/ Maghrebins

    France: La situation se détériore pour les jeunes Maghrébins (231195)

    Le Père Delorme parle de fracture raciale

    Paris, 23 novembre(APIC) La situation des jeunes Maghrébins en France

    s’est fortement dégradée ces dernières années, à un point tel qu’on peut

    parler aujourd’hui de fracture raciale, estime le Père Christian Delorme

    responsable du dialogue avec l’islam dans le diocèse de Lyon. Il s’en est

    expliqué dernièrement aux journalistes d’information religieuse.

    L’opinion publique ne voit pas l’urgence qu’il y a à réduire non seulement la fracture sociale, mais aussi la fracture ethnique, note Christian

    Delorme. Il faut pourtant avoir le courage de prononcer ce mot. On n’a jamais voulu prendre vraiment en compte cette réalité. Aujourd’hui 50% des

    jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine sont inactifs. Demain

    ce sera 70%. "De fait nous vivons une situation à l’américaine: nous avons

    un problème racial avec les Maghrébins, comme les Etats-Unis en ont un avec

    les noirs."

    Malgré les efforts entrepris, il est très difficile de parler du monde

    maghrébin, de faire passer ce que vivent les jeunes beurs, déplore le Père

    Delorme. Il y a de moins en moins de mélange de population, l’incompréhension mutuelle grandit. Le Front National est malheureusement le seul parti

    qui ait débattu du problème ethnique de manière populaire. Partout ailleurs

    on a trop longtemps fait comme s’il n’y avait pas de problème. Sans doute

    parce que le passé colonial était complètement occulté.

    "Lorsque le cardinal Lustiger déclare que ce n’est pas à l’Etat d’organiser l’islam en France, je crains qu’il ne maîtrise pas toutes les données", ajoute Christian Delorme. De fait l’Etat français, depuis 160 ans, a

    organisé l’islam, notamment en appauvrissant l’islam algérien et en jouant

    la division. Pour le Père Delorme, ce sont aujourd’hui les services de sécurité algérien, tunisien et marocain qui, avec la complicité de l’Etat

    français, organisent l’islam en France. Les divers gouvernements s’accrochent à la mosquée de Paris comme interlocuteur privilégié. Or celle-ci est

    une officine du pouvoir algérien et le recteur Boubakeur est aux ordres,

    affirme Ch. Delorme.

    Le dialogue avec la base reste possible

    Le dialogue avec l’islam à la base reste pourtant possible. Il y a un

    islam domestique, pacifique et fraternel qui vit en bons termes avec la société française. Les jeunes Maghrébins demandent un approfondissement spirituel. Mais les imams sont malheureusement souvent incultes et peu marient

    à la fois science, culture et piété, constate le Père Delorme. Cette pauvreté laisse le champ libre à l’islam wahabite intégriste des Saoudiens qui

    financent à tour de bras mosquées et instituts de formation. L’islam populaire et tolérant des confréries, si répandu au Maghreb et en Afrique, est

    ainsi laminé.

    Aujourd’hui une partie de cet islam intégriste prône la rupture. Les officines saoudiennes jouent à fond la carte de la défiance envers les instances chrétiennes, alors que, en fait, les familles maghrébines ont le

    plus souvent gardé un souvenir positif des religieux et des religieuses

    qu’elles ont connu au pays ou même en France, constate Ch. Delorme. (apicjcn/mp)

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