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    apic/France/laïcité/baptême de Clovis/René Rémond/sondage "La Vie"

    Le texte contient 51 lignes (max. 75 signes), 496 mots et 3587 signes.

    France: Les Français divisés sur la

    commémoration du baptême de Clovis (180996)

    "La séparation complète Eglise-Etat est

    impossible", estime le politologue René Rémond

    Paris, 17septembre (APIC) La commémoration du baptême de Clovis divise

    l’opinion française: c’est ce qui ressort du sondage publié par

    l’hebdomadaire français "La Vie" dans sa dernière édition. 40% des

    personnes interrogées sont pour cette célébration, le même nombre s’y

    oppose.

    Par ailleurs, une majorité de Français estime dépassée l’opposition

    entre tradition catholique et tradition laïque. "On ne peut pas vivre une

    séparation complète entre l’Eglise et l’Etat", estime le politologue et

    historien René Rémond, dans son analyse des résultats du sondage.

    Le chercheur, auteur d’un ouvrage sur l’anticléricalisme en France,

    considère la pratique actuelle de la séparation entre l’Eglise et l’Etat

    comme très éloignée des intentions de vote des députés du début du siècle.

    La conception première de la laïcité bannissant toute allusion publique au

    fait religieux "ne tenait pas debout", estime René Rémond. Les autorités

    publiques ne pouvaient ignorer l’appartenance religieuse de millions de

    Français. La séparation rigide a donc fait place à une législation et une

    jurisprudence attestant de l’existence du fait religieux.

    Une évolution empirique a pris le pas sur une séparation totale voulue

    par le législateur de 1905 mais impossible dans la pratique. Néanmoins

    "certains propos de Jean Paul II ou du cardinal Lustiger sur les Lumières,

    la responsabilité du culte de la raison dans certaines tragédies du XXe

    siècle ne peuvent pas ne pas être ressentis par des fils de 1789 comme une

    provocation", relève René Rémond.

    A contrario la séparation a permis à la religion de gagner son

    indépendance, estime l’historien. La religion n’intervenant plus dans

    l’espace social, l’Etat ne pouvait pas non plus intervenir dans les

    affaires religieuses.

    Deux formes de laïcisme

    La France est imprégnée, selon l’historien, de deux conceptions de la

    laïcité qui "la mettent en porte à faux". Il reste un laïcisme dur,

    inspirateur de toute la législation laïque, qui récuse toute manifestation

    publique du phénomène religieux en l’assimilant à du cléricalisme. Cet

    anticléricalisme de l’intérieur est doublé par un mouvement venu de

    l’extérieur de ses rangs. Inspiré d’un christianisme qui se veut

    évangélique et dépouillé, ce nouvel ’anticléricalisme’ récuse le rôle

    institutionnel de l’Eglise et la situation du pape, à la fois homme

    d’Eglise et chef d’un Etat temporel.

    René Rémond n’est pas étonné des réactions suscitées par la visite

    pastorale de Jean Paul II. Il est cependant surpris "de l’intensité du

    phénomène". En 1987, lors du millénaire capétien, le président Mitterrand

    avait assisté à une cérémonie religieuse aux côtés du comte de Paris sans

    que cela n’irrite particulièrement les milieux laïques.

    Le politologue discerne dans les oppositions actuelles des raisons

    circonstancielles. Lorsque la droite est au pouvoir, la gauche la soupçonne

    "de vouloir aller trop loin dans les concessions faites à l’Eglise". Dans

    la situation inverse, la gauche au pouvoir accepte volontiers de se

    rapprocher de l’Eglise car elle y trouve une certaine légitimité.

    Aujourd’hui, la visite de Jacques Chirac au Vatican et les funérailles

    religieuses de François Mitterrand ont ravivé le climat d’hostilité

    anti-clérical, note René Rémond. (apic/lv/bl)

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