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    apic/France/Interrogation/Missionnaires laïcs

    France: Suppression du service national (090696)

    Organisations catholiques de coopération très critiques

    Le "rendez-vous du citoyen": menace pour le volontariat missionnaire laïc

    Paris, 9juin(APIC) La décision prise le 28 mai par le président Chirac de

    supprimer le service national pour le remplacer par le "rendez-vous du citoyen" dès le 1er janvier 1997 est mal reçue par certains organismes de coopération basés sur le volontariat. C’est le cas de la Délégation catholique pour la coopération (DCC) de l’épiscopat, dont les responsables ne cachent pas leur indignation.

    La DCC est l’organisme de l’épiscopat français au service des Eglises

    des pays en voie de développement, dont 55 % des volontaires effectuent

    leur coopération dans le cadre du service national. Son directeur, le P.

    Joseph Hardy, est déçu: "On nous avait promis un grand débat national sur

    le sujet, or la décision arbitraire de supprimer le service national a été

    prise avec une telle rapidité que le collectif des associations de volontariat n’a même pas été consulté". Et de se demander quel est l’avenir du volontariat en France, rien ne transparaissant sur son statut dans les propos

    du chef de l’Etat.

    Le "rendez-vous du citoyen" est peut-être une bonne chose, mais ce n’est

    pas dans un laps de temps aussi court que l’on pourra sensibiliser les jeunes pour partir en coopération, observe le P. Hardy. Il faudra donc les

    sensibiliser et les éduquer beaucoup plus tôt, notamment à l’école. Leur en

    donnera-t-on les moyens ?

    Si la DCC a déjà un terreau parmi les chrétiens où puiser des volontaires, il va désormais falloir solliciter les jeunes bien au-delà, car il y

    aura beaucoup moins de candidatures spontanées, ce qui demandera beaucoup

    plus de moyens financiers pour promouvoir ce service. "L’Etat apportera-til une aide plus particulière par des mesures d’accompagnement pour surmonter ce handicap ? demande le P. Hardy. Qu’en sera-t-il de la couverture sociale des volontaires ? Toute surcharge financière pour nous sera répercutée sur nos partenaires du Sud, avec le risque que de plus en plus d’entre

    eux ne puissent plus trouver l’argent nécessaire à l’accueil d’un volontaire. De plus, qu’en est-il d’un volontariat de huit, neuf ou dix mois quand

    nous envoyons aujourd’hui des jeunes pour deux ans ?... A la DCC, nous insistons sur l’aide au développement à long terme. Le gouvernement français

    va-t-il nous soutenir dans ce sens ?"

    Qu’en pense l’Eglise de France ?

    Cette mesure aura au moins le mérite d’obliger la DCC à se motiver davantage et à faire évoluer ses structures: moins de candidats, mais des

    candidats plus motivés. Reste aussi à savoir quelle va être l’attitude de

    l’Eglise de France. Si certains évêques ont déjà exprimé leurs inquiétudes

    face à la suppression du service national, l’Eglise va-t-elle continuer à

    se mobiliser pour soutenir le volontariat laïc qui est un des éléments missionnaires d’échange avec le monde ?

    La DCC a en effet puisé ses racines dans l’encyclique "Fidei donum" du

    pape Pie XII, publiée en 1957, qui demandait aux évêques d’autoriser certains de leurs prêtres, "fût-ce au prix de quelques sacrifices, à partir

    pour une durée limitée à la disposition des évêques d’Afrique" (et, rapidement, des autres continents). Le directeur de la DCC ajoute: "Comment ne

    pas être sensible au changement de regard sur l’homme, sur la société, sur

    la solidarité et sur Dieu, de tous ceux qui reviennent de l’étranger marqués par une expérience aussi riche et aussi bouleversante que la coopération et la rencontre avec d’autres peuples et d’autres cultures."

    C’est pourquoi le P. Hardy souhaite en conclusion que l’Eglise de France

    "prenne ses responsabilités, y compris en matière financière, pour soutenir

    le volontariat laïc dans cet objectif d’être solidaires des Eglises qui en

    ont besoin". (apic/cip/pr)

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