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    apic/Famille/ cardinal O’Connor

    Rome: symposium sur "famille et économie" (080396)

    Le cardinal de New York met en garde contre un "suicide national"

    Rome, 8mars(APIC) Une société qui ne cesse d’inventer "de nouvelles façons de détruire la famille" est au bord du "suicide national": ces paroles

    vigoureuses du cardinal John O’Connor, archevêque de New York, donnent le

    ton du symposium organisé mercredi à Rome par le Conseil pontifical pour la

    Famille et l’Université pontificale Grégorienne, sur le thème "Famille et

    économie".

    Le cardinal O’Connor tire la sonnette d’alarme: on n’a pas assez évalué

    le coût social du "vide familial". Car la famille est "un élément de

    médiation crucial" dans la société. Sans elle, l’homme "est nu et sans

    défense", a souligné l’archevêque de New York.

    Le cardinal O’Connor se défend de parler en économiste. C’est le pasteur

    qui déplore que le "séisme" qui ébranle aujourd’hui les structures familiales engendre de la pauvreté, en dépit de toute croissance économique. Et de

    rappeler la coûteuse mais efficace décision de son archidiocèse de fournir

    une assistance économique et juridique à toute femme en difficulté et tentée par l’avortement. "L’efficacité ne consiste pas à bien faire les choses, mais à faire de bonnes choses", dit-il, avant de s’interroger, à propos de la campagne présidentielle américaine: "quelle place les programmes

    donnent-ils à la politique familiale ?"

    L’économie et la famille ne sont pas un couple "à la mode", a enchaîné

    l’économiste américain Gary Becker, Prix Nobel d’économie et directeur du

    Département des Sciences Economiques de l’Université de Chicago. Pour lui,

    les programmes dit "sociaux", loin de favoriser la famille, la désavantagerait trop souvent.

    La famille lieu de la prospérité

    Pour Jean-Didier Lecaillon, de l’Université de Paris X, "ignorer la famille en économie est une profonde erreur", car celle-ci est "le lieu privilégié de la richesse, de la prospérité, à la fois sociale et économique".

    C’est donc un paradoxe qu’elle soit de fait "ignorée" dans les stratégies

    économiques internationales.

    Absente des raisonnements des économistes, la famille l’est aussi des

    statistiques: ce qui est fait au sein du foyer n’est pas réputé créer de la

    valeur économique. Profonde erreur encore, note Jean-Didier Lecaillon. Le

    seul exemple des retraites suffit à renverser cette idée reçue: une famille

    qui investit 60% de ses revenus dans l’éducation de ses enfants assure

    l’avenir des retraités. A perte pour elle: elle ne bénéficiera que de 6 %

    de son investissement. Ni plus ni moins qu’un "rackett" des familles, en

    fin de compte. Mais Staline lui-même ne disait-il pas que "de tous les capitaux, le plus précieux, ce sont les hommes"?, rappelle l’économiste français.

    "L’homme est avant tout famille", insiste J.D. Lecaillon. Les deux

    fonctions de reproduction et de formation reposent sur la famille et sont

    justement les deux conditions du développement économique d’une nation,

    dit-il: "pas de développement économique sans dynamisme démographique !"

    Dans ce sens, les parents sont bien "les aventuriers des temps modernes",

    les mères de famille de "véritables chefs d’entreprise" !.

    L’économiste français bouscule encore les idées reçues quand il affirme

    qu’aucun pays ne s’est jamais développé en phase de stagnation économique"

    et qu’il est donc erroné d’attribuer à la croissance démographique le sousdéveloppement de certains pays. Il convient plutôt, dit-il, d’examiner si

    ces pays ne sont pas dotés de systèmes économiques, juridiques, politiques

    et sociaux injustes, qui ne permettent pas "d’accueillir la croissance démographique". (apic/jmg/mp)

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