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    apic/Estonie/Conflit/Eglise orthodoxe

    Estonie: Durcissement dans le conflit à propos de l’Eglise d’Estonie

    Marche de protestation dans les rue de Tallinn (190396)

    Moscou/Tallinn, 19mars(APIC) Plusieurs milliers de chrétiens orthodoxes

    ont pris part à une marche de protestation à Tallinn (Estonie) le 16 mars

    pour protester contre le refus du gouvernement estonien de reconnaître

    l’Eglise orthodoxe estonienne sous juridiction du Patriarcat de l’Eglise

    orthodoxe russe.

    Selon l’agence Interfax de Moscou, que cite l’Agence oecuménique ENI,

    entre 13’000 et 16’000 personnes portant une croix et des bannières ont défilé dans les rues étroites de la capitale estonienne.

    Le gouvernement estonien a refusé d’enregistrer le diocèse estonien de

    l’Eglise orthodoxe russe sous le nom d’Eglise orthodoxe apostolique estonienne. Des sources russes précisent que l’Eglise compte 50’000 membres.

    Or, c’est l’Eglise estonienne - qui était auparavant en exil à Stockholm et

    qui est placée sous la juridiction du Patriarcat oecuménique de Constantinople - qui a été enregistrée sous ce nom. Interfax indique que cette Eglise compte 7’000 membres.

    Selon le droit estonien, tous les biens et églises qui appartenaient à

    l’Eglise orthodoxe avant le rattachement de l’Estonie à l’Union Soviétique

    en 1940 peuvent aujourd’hui être réclamés par l’Eglise qui était auparavant

    en exil à Stockholm. D’après certaines estimations, 5% des terres estoniennes appartiennent à l’Eglise orthodoxe.

    "Nous n’avons pas le droit de prêcher librement. La confiscation de nos

    biens a commencé", a déploré le prêtre Leontii Morozkin, chargé de presse

    de l’Eglise soutenue par Moscou, lors d’une conférence de presse à Tallinn.

    Le conflit entre l’Eglise orthodoxe russe et le gouvernement estonien a

    pris les proportions d’une crise majeure depuis que le patriarche oecuménique a officiellement reconnu l’Eglise opposée à Moscou à la fin février.

    Selon le "Moscow Times" du 19 mars, la marche de protestation du 16 mars

    a eu lieu en dépit des assurances - données par le gouvernement estonien et

    l’Eglise soutenue par le Patriarcat oecuménique - que les Russes de souche

    ne seraient pas exclus des Eglises.

    Négociations en cours

    Le Patriarcat oecuménique a aussi promis de garantir aux chrétiens orthodoxes d’origine russe d’Estonie "une vie ecclésiastique sans obstacles"

    en tant qu’"unité intégrante" de l’Eglise, avec leur propre évêque de

    langue russe.

    Toutefois, en dépit de ces assurances, l’Eglise orthodoxe russe considère les actions du Patriarche oecuménique comme une ingérence sur le "territoire canonique" de l’Eglise russe et elle a suspendu ses relations avec le

    Patriarcat oecuménique.

    Depuis la suspension de ces relations le 23 février, des efforts ont été

    déployés au plan international en vue de régler ce conflit et empêcher un

    schisme à plus grande échelle parmi les 250 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde.

    Le patriarche Alexis II, primat de l’Eglise orthodoxe russe, et le patriarche oecuménique, Barhtolomée Ier, ont envoyé des délégations de haut

    niveau auprès d’autres Eglises orthodoxes afin d’expliquer leurs positions

    respectives et obtenir des appuis.

    Des représentants des deux patriarches ont exprimé leur désir de régler

    le conflit pacifiquement. Le métropolite Kirill, qui dirige le Département

    des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a eu une rencontre "non

    officielle" avec le métropolite Meliton, secrétaire du synode du Patriarcat

    oecuménique, le 11 mars à Zurich, en Suisse.

    A ce jour, ces démarches n’ont pas abouti, mais les deux responsables

    ont accepté de poursuivre les consultations.

    L’ambassade grecque à Moscou a, depuis que le conflit a éclaté le mois

    dernier, joué un rôle de médiation entre les deux Patriarcats. Le ministre

    des Affaires étrangères grec, Theodoros Pangalos, venu en mission à Moscou

    pour le compte de son gouvernement le 18 mars, devait rencontrer le

    patriarche Alexis le 19 mars. (apic/eni/pr)

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