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    apic/Essais nucléaires/Reactions

    Reprise des essais nucléaires par la France: Mgr Coppenrath inquiet

    L’archevêque de Papeete critique la décision du président Chirac (190695)

    Réaction similaire de Mgr Delaporte

    Papeete, 19juin(APIC) La décision française de reprendre les essais nucléaires inquiète l’archevêque de Papeete (Polynésie), Mgr Michel Coppenrath. "L’annonce, le 13 juin dernier, de la reprise des essais nuclaires

    français en Polynésie française, arrêtés depuis avril 1992, a été une pénible nouvelle", écrit-il dans une déclaration répercutée par la Conférence

    des évêques de France.

    Cette dernière, par la voix de Mgr Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai, fait également connaître sa crainte. En critiqant la décision du gouvernement français. Quant à l’archevêque de cette île concernée avec l’ensemble de la Polynésie, il rappelle la position du Saint-Siège sur le nucléaire.

    Pour Mgr Coppenrath, l’engagement du président Chirac de mettre une fin

    définitive aux essais nucléaires avant juin 1996 est certes une consolation. Mais elle ne saurait "compenser les effets nuisibles inévitables de

    la reprise limitée et momentanée des essais".

    Le 14 avril 1992, l’archevêque de Papeete rappelait dans un communiqué

    ce que le pape disait en janvier 1988 à des diplomates: "La dissuasion nuclaire ne peut durablement constituer une base fiable pour la sécurité et

    la paix, et nous pensons toujours qu’il est plus réaliste de s’interdire

    d’abord à soi-même ce que l’on souhaite que les autres s’interdisent". La

    Conférence épiscopale du Pacifique avait fait sien le texte du communiqué.

    Mgr Coppenrath rappelle en outre la déclaration faite le 25 octobre 1992

    aux Nations Unies par l’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU: "Notre objectif immédiat doit être plutôt une interdiction globale des essais

    nucléaires pour tous les pays du monde et dans tout l’environnement". L’importance de cette nouvelle période de l’histoire, avait poursuivi l’observateur, "lance un défi à la communauté internationale mondiale pour qu’elle

    adopte une forme de sécurité adaptée à une situation post-nucléaire".

    Des voix pas reconnues

    Selon l’archevêque de Papeete, qui souligne que le Pacifique a abrité

    les essais nucléaires de plus de la moitié des Etats du "club atomique", la

    réaction des petites nations du Pacifique s’expliquent en grande partie par

    le sentiment que leurs voix ne sont pas reconnues au moment où il s’agit de

    rechercher ensemble les nouveaux mécanismes de paix.

    "Renoncer aux essais nucléaires ne suffira pas, Il faut aller jusqu’au

    désarmement nucléaire universel complet, faisait remarquer le même représentant du Saint-Siège à l’ONU et au Comité sur le Traité de non-prolifération". Une déclaration que fait sienne Mgr Coppenrath. Pour qui aussi "une

    nouvelle vision éthique de la dissuasion nucléaire doit découler d’une plus

    grande reconnaissance de ce qui est la base commune de notre planète".

    Cette base commune, souligne la déclaration du prélat, s’enracine non

    seulement dans le respect de tout homme, mais aussi de tous les éléments

    naturels de la création nécessaires à la vie et au bonheur de l’homme.

    Le gouvernement français vient de fermer une porte sur des secrets de

    défense que l’Eglise ne peut évaluer, conclut Mgr Coppenrath. Ce même gouvernement en ouvre une sur une perspective de renoncement prochain à tout

    essai. "La seconde porte à ce stade n’est qu’entrebâillée. Là est la contradiction".

    L’intimidation nucléaire n’est pas une réponse, déclare Mgr Delaporte

    Mgr Coppenrath est loin d’être le seul à s’inquiéter de la décision

    française. Les évêques français partagent son point de vue. En critiquant à

    leur tour le président Jacques Chirac. Pour le président de la commission

    épiscopale "Justice et Paix", Mgr Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai,

    cette annonce "est une mauvaise nouvelle". Interrogé par le quotidien catholique "La Croix", Mgr Delaporte déclare que le monde est peut-être devenu

    plus dangereux qu’il ne l’était encore en 1989. L’intimidation nucléaire

    n’est cependant plus une réponse appropriée.

    De son côté, Mgr Michel Dubost, évêque aux armées françaises depuis 1989.

    relève qu’il ne revient pas à l’Eglise d’endosser une réponse politique. Le

    président Chirac doit décider si les tests atomiques sont nécessaires. Il

    reste important cependant que la France participe à un moratoire sur l’interdiction mondiale des essais nucléaires et qu’elle ne mette pas en question l’arrêt de la non-prolifération des armes atomiques. (apic/kna/ba/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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