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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 67 lignes (max. 75 signes), 707 mots et 4849 signes.

    apic/Eglise orthodoxe russe/Appartenance au COE/Interrogation/Tensions

    Moscou: L’Eglise orthodoxe russe s’interroge sur son (041296)

    appartenance au Conseil oecuménique des Eglises (COE)

    Trop de social, pas assez de théologie?

    Moscou/Paris, 4décembre (APIC) L’Eglise orthodoxe russe s’interroge toujours davantage sur son appartenance au Conseil oecuménique des Eglises

    (COE), dont le siège est à Genève. Les orthodoxes souhaitent depuis longtemps un recentrage théologique. Pour l’Eglise russe, les programmes sociaux ont pris le dessus sur les préoccupations théologiques et ont créé

    des interférences graves dans le domaine de la théologie et de l’éthique.

    Le fait qu’au cours des années le nombre des dénominations protestantes

    adhérant au COE a fortement progressé tandis que celui des Eglises orthodoxes restait stable provoque également de sérieuses remises en cause. Cette

    tendance "contribue à renforcer l’éloignement entre une majorité protestante et une minorité orthodoxe qui, sentant que sa voix n’est pas écoutée, se

    replie sur une position défensive", selon un document de la Commission

    théologique synodale de l’Eglise orthodoxe russe.

    Au sein de l’Eglise russe, les courants conservateurs et isolationnistes - même s’ils ne sont pas majoritaires - s’expriment haut et fort et

    exercent une pression pour que l’orthodoxie russe se désengage du COE. Le

    patriarche Alexis II, appuyé par sa Commission théologique, essaye d’équilibrer les différentes tendances. Les débats actuels se situent dans le cadre de la préparation du 50e anniversaire du COE qui sera célébré en 1998 à

    Harare, au Zimbabwe.

    Certes, fait-on remarquer dans les milieux orthodoxes, le fait que dès

    les origines le COE ait été - tant dans la manière de poser les problèmes

    et que dans le fonctionnement de l’institution - davantage imprégné de la

    manière de penser protestante n’est pas le point crucial. Ce qui tient le

    plus à coeur aux orthodoxes, c’est le recentrage théologique sur l’ecclésial, le dogmatique et l’unité des chrétiens.

    Redéfinir la vision commune du COE

    Dans son édition de décembre, le Service orthodoxe de presse (SOP) à Paris fait état d’un récent document de travail de la Commission théologique

    synodale de l’Eglise orthodoxe russe présentant une série de remarques sur

    le thème "Interprétation et vision commune du Conseil oecuménique des Eglises (COE)". Le texte des recommandations soumises par la Commission théologique (anciennement Commission pour l’unité des chrétiens) au Saint-Synode

    de l’Eglise russe souligne tout d’abord l’hétérogénité grandissante du COE

    qui rend de plus en plus difficile le dialogue entre Eglises membres. "Le

    rapport de forces au sein du Conseil a considérablement changé depuis 50

    ans et de ce fait, l’interprétation et la vision commune du COE nécessite

    une redéfinition".

    L’interprétation de certains membres du COE, selon lesquels l’organisation a grandi non seulement quantitativement, mais aussi qualitativement et

    a de ce fait acquis une "signification ecclésiologique", est tout à fait

    erronée aux yeux de la Commission synodale. Même si le terme de "superéglise" n’est pas employé explicitement, les notions d’Eglise et de "fraternité d’Eglises" se trouvent souvent confondues dans certains documents

    du COE.

    Pas davantage qu’une fraternité d’Eglises

    Pour les orthodoxes, "les notions ecclésiologiques telles que ’Corps du

    Christ’ ne peuvent être appliquées au COE. Le terme de ’communion’ ne peut

    caractériser les relations entre les Eglises membres du COE". Au contraire,

    souligne le document de la Commission synodale, "nous considérons le COE

    comme une ’fraternité d’Eglises’, comme un forum interreligieux où chaque

    Eglise a le droit d’exprimer son propre point de vue à partir de sa propre

    vision des choses, de sa tradition et de son enseignement".

    Exprimant son inquiétude face aux glissements sensibles qui se sont opérés dans les programmes du COE - aux yeux des orthodoxes, au COE le social

    est passé avant les préoccupations ecclésiologiques - la Commission

    synodale relève les prises de position du COE qui font problèmes aux

    orthodoxes: à propos de l’intercommunion, de l’ordination des femmes, de la

    famille, du mariage, du droit à la vie, de la biotechnologie, des relations

    avec les religions non chrétiennes...

    Pour la Commission de l’Eglise russe, présidée par le métropolite Philarète de Minsk, le mouvement oecuménique ne saurait de plus devenir un mouvement de dialogue avec les religions non chrétiennes. L’Evangile du Christ

    propose une morale personnelle, il s’adresse à des personnes et non pas à

    des institutions sociales, estime-t-elle. Dans ces conditions, la mission

    de l’Eglise consiste à "transfigurer les hommes et non pas à changer les

    structures sociales". (apic/tch/sop/be)

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