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    apic/Eglise anglicane/ femmes prêtres

    Angleterre:Deux ans après l’ordination sacerdotale (290396)

    des femmes, l’Eglise anglicane est toujours secouée

    Déjà 1300 femmes prêtres

    Paris/Londres, 29mars(APIC) Deux ans après les premières ordinations sacerdotales de femmes - qui ont eu lieu en mars 1994 - l’Eglise anglicane

    d’Angleterre est toujours secouée et cherche pour l’instant à éviter tout

    autre motif de controverses, comme la question des prêtres homosexuels.

    Depuis cette date, 1300 femmes ont été ordonnées, tandis que près de 300

    prêtres anglicans ont quitté l’Eglise d’Angleterre en signe de protestation, dont un certain nombre a rejoint les rangs de l’Eglise catholique.

    Faisant le point devant les journalistes de l’information relgieuse à Paris, Grace Davie, professeur à l’Université anglaise d’Exeter, auteur de

    "La religion des Britanniques", a présenté les conséquences de l’ordination

    des femmes au sein même de l’Eglise anglicane.

    Les situations sont très diverses d’un diocèse à l’autre, déclare la socilogue Grace Davie. A Londres, comme à York, on a nommé récemment un archevêque hostile à l’ordination des femmes. Mais l’Eglise d’Angleterre est

    souple et non schismatique. D’ici une ou deux générations, les problèmes

    liés à cette affaire ne se poseront plus. Beaucoup de prêtres opposés à

    l’ordination des femmes ont pris leur retraite. Quelques uns ont rejoint

    l’Eglise catholique romaine avec leur femme, ce qui n’est pas sans poser

    des problèmes à cette Eglise. On estime à 3’000 le nombre de laïcs anglicans qui ont quitté leur Eglise.

    Problèmes financiers

    Reste, poursuit la sociloguew britannique, que le nombre de femmes qui

    ont été ordonnées est important. Les femmes prêtres proviennent de toutes

    les couches sociales et sont de tous âges. La plupart sont mariées, certaines sont même divorcées. Dans l’avenir, on n’ordonnera plus des femmes à ce

    rythme car la plupart d’entre elles étaient déjà des diacres. Le vrai problème n’est pas tant celui des vocations féminines qui ne manquent pas. Il

    est financier. Beaucoup d’entre elles ne sont pas payées pour exercer leur

    sacerdoce. Il leur faut d’autres sources de revenus. Pourtant historiquement, l’Eglise anglicane est riche, mais l’inflation a considérablement réduit ses ressources. Les conséquences financières en sont lourdes. "Nous

    nous acheminons vers l’idée que l’Eglise payera les retraités et que les

    paroissiens prendront en charge les prêtres actifs". A la différence de

    l’Allemagne, il n’y a pas d’impôt ecclésiastique en Angleterre.

    Interrogée sur les relations de l’Eglise anglicane avec les autres Eglises, suite à la décision d’ordonner des femmes au sacerdoce, Grace Davie

    fait appel à l’histoire. Elle n’a pas une position tranchée: "Avec les

    Eglises protestantes, les relations sont aisées. Par exemple le dossier

    avec les méthodistes a été réouvert. Avec l’Eglise catholique romaine, les

    relations sont plus déclicates. Rome refuse le sacerdoce anglican même

    exercé par un homme. "Nous étions, déjà, au départ, hors du club. C’est un

    vrai problème. Aujourd’hui on est en train de repenser l’histoire de la séparation. Les Anglais étaient-ils proches du protestantisme au 16e siècle?

    Ou étaient-ils un peuple catholique fidèle, mais attaché à ses racines anglaises? Et aujourd’hui, sommes-nous plutôt catholiques ou protestants? Il

    y a d’ailleurs beaucoup de livres qui abordent cette question".

    L’influence de l’Eglise d’Etat

    Grace Davie fait enfin remarquer que l’Eglise d’Etat a toujours existé

    en Grande-Bretagne. Elle a beaucoup d’influence, mais peu de pouvoirs réels. Les anglicans, dont une grande masse de non-pratiquants sont les moins

    nombreux, derrière les catholiques et les protestants, majoritaires.

    L’Eglise d’Etat a la sympathie de tous ceux qui pensent que la religion est

    une affaire importante. D’ailleurs les hindous, les sikkhs, les juifs, les

    musulmans, les catholiques romains et les protestants soutiennent aussi

    l’idée de l’Eglise d’Etat. C’est une situation singulière. Pour le professeur de l’Université d’Exeter, le prince Charles, en qui elle voit le futur

    roi, sera toujours le protecteur de la foi comme telle, mais pas seulement

    de l’Eglise anglicane, mais de toutes les religions. A ses yeux, cet aspect

    de la famille royale est méconnu. (apic/jcn/ba)

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