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    apic/édecine traditionnelle/Séminaire/Guatémala

    Guatemala: "L’Eglise peut contribuer à conjuguer la médecine (201196)

    moderne et la médecine traditionnelle", affirme un des responsables du CLAI

    Chichicastenango, Guatemala, 20novembre (APIC) Rapprocher la médecine occidentale et la médecine traditionnelle dans un nouveau système harmonieux

    de soins de santé est une nécessité, estime Rolando Villena, un ancien évêque de l’Eglise méthodiste de Bolivie. Il se dit persuadé qu’il est temps

    d’aider les habitants du tiers monde à surmonter les obstacles qui les empêchent d’avoir une bonne santé.

    Aujourd’hui coordinateur des ministères de la région des Andes pour le Conseil des Eglises d’Amérique latine (CLAI), Rolando Villena était l’un des

    65 délégués de 15 pays qui ont participé, durant une semaine à Chichicastenango, au Guatémala, au séminaire "Nature et cultures - sources d’un système communautaire complet de soins de santé primaires".

    Rolando Villena a exhorté les Eglises à lutter contre les tensions qui,

    dans de nombreuses régions du globe, opposent l’art traditionnel des guérisseurs et la médecine "occidentale" ou "moderne". Il estime que "l’Eglise

    peut contribuer à créer des espaces de soutien mutuel qui nous aideraient à

    voir que ces deux formes de médecine sont convergentes et complémentaires".

    Mais, ajoute-t-il, il y a de nombreux obstacles à surmonter. A titre

    d’exemple, un grand nombre de médecins refusent encore de considérer comme

    collègues les guérisseurs traditionnels. Il faut les sensibiliser à la

    question, les amener à nouer de nouveaux rapports, à changer d’attitude. Il

    faut instituer un nouvel esprit d’équipe et rapprocher les différentes traditions médicales dans un système harmonieux de soins de santé.

    Le séminaire, qui a duré du 4 au 9 novembre, a été organisé par le Conseil général des ministères mondiaux de l’Eglise méthodiste unie et le Conseil des Eglises évangéliques méthodistes d’Amérique latine. Au cours de

    cette rencontre, les participants ont assisté à des démonstrations de guérison traditionnelle et de médecine naturelle de quatre continents.

    "Démédicaliser" les soins de santé

    La vie humaine est constamment en péril sur tous les continents, a-t-il

    dit. Or, tout se ramène à des rapports économiques. "L’importance que les

    autorités accordent à la santé ne cesse de baisser. Dans notre région, les

    soins de santé ne reçoivent que 4 % du budget de l’Etat. Il devient impossible de songer à un avenir pour ces pays."

    Selon lui, les Eglises doivent développer leurs services de santé "dans

    le cadre de la mission intégrale que Dieu nous a donnée. Une santé complète

    fait partie du don de vie riche que Dieu nous offre en Jésus Christ et, si

    l’Eglise ne contribue pas à mettre une bonne santé à la portée de tous, les

    soins de santé seront tout simplement contrôlés par des forces économiques

    et les structures politiques, pour lesquelles les pauvres ne comptent pas".

    Il est temps de "démédicaliser" les soins de santé. "La médecine ne

    devrait plus être un privilège ni un instrument du pouvoir".

    Le professeur B. Turay, expert en botanique médicinale du Collège de médecine de l’Université de la Sierra Leone en Afrique occidentale, a pour sa

    part déploré la méfiance des Eglises à l’égard de la médecine traditionnelle. A ses yeux, elles ont trop longtmmps été un obstacle à son développement.

    "L’Eglise l’a traitée de diabolique et y a vu une forme de fétichisme",

    a souligné B. Turay, musulman. "Je me réjouis de la voir changer d’attitude. Ce changement aura de profonds effets, parce que la population fait

    confiance à l’Eglise", Il ne faut plus voir dans la médecine traditionnelle

    quelque chose du passé, mais plutôt notre espoir pour l’avenir, a-t-il encore souligné.

    Il n’est pas difficile de promouvoir la médecine traditionnelle en Afrique, a-t-il poursuivi. "En Sierra Leone, tout le monde a une fois ou l’autre recours à la médecine traditionnelle, cela fait partie de notre culture. De nombreux croyants l’ont utilisée en secret, y compris des pasteurs

    protestants qui la dénonçaient pourtant dans leurs sermons. (apic/eni/pr)

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