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    apic/Droits de l’enfant/ Pestalozzi

    Fribourg: Les droits de l’enfant sont-ils universels? (100996)

    Journée thématique de la Fondation Pestalozzi

    Fribourg, 10septembre (APIC) Les droits de l’enfant sont-ils universels?

    La réponse à cette question n’est pas si simple qu’il n’y paraît au premier

    abord. Pour tenter de cerner le problème, la Fondation Village d’enfants

    Pestalozzi, en collaboration avec l’Université, a invité à Fribourg neuf

    intervenants du Sud pour une journée d’échanges sur la Convention internationale des droits de l’enfant. Si on ne s’attaque pas à la misère, la Convention n’est qu’un chiffon de papier.

    "J’ai le sentiment que la Convention des droits de l’enfant a été écrite

    pour une famille modèle d’une petite ville des Etats-Unis: papa, maman,

    deux enfants", explique Siddiqur Rahman, directeur d’un programme de

    développement communautaire au Bangladesh. Dans un contexte tel que celui

    du Bangladesh un des premiers droits de l’enfant n’est-il pas celui de se

    nourrir grâce à son propre travail? Il serait absurde d’appliquer une

    interdiction pure et simple du travail des enfants car c’est souvent le

    seul moyen de survie de toute une famille.

    Ainsi Rupa, une fillette de 12 ans, licenciée d’une entreprise textile

    où elle gagnait de quoi nourrir sa mère et son frère, a fini par échouer

    dans la prostitution. Les droits de l’enfant, comme les droits de l’homme

    dépendent fortement de la situation socio-économique, souligne Siddiqur

    Rahman. Pour faire respecter les droits de l’enfant il faut lutter contre

    les causes, en premier lieu la misère.

    186 pays ont ratifié la Convention des droits de l’enfant. Est-ce un

    outil réellement efficace ou la bonne conscience des Occidentaux? interroge

    S. Rahman. La Convention reste malheureusement un instrument faible dans la

    lutte contre la pauvreté.

    La situation n’est cependant pas totalement sans espoir. Outre l’engagement des organisations internationales ou des ONG, il existe parfois des

    moyens simples pour résoudre les problèmes. Ainsi Golam, un garçon de huit

    ans, seul survivant parmi plusieurs frères et soeurs, pêche dans les marais

    pour nourrir ses parents âgés et malades. L’instituteur inquiet de ne plus

    le voir à l’école a passé un accord avec le garçon, il peut aller pêcher le

    matin et vient à l’école l’après-midi.

    Haïti: 130’000 "P’ti Restavek"

    Certains enfants sont doublement victimes, relève Marie Alixe Pérard,

    fondatrice d’"Anten Ouvriye" (Antenne Ouvrière), en Haïti. Ainsi les

    quelque 130’000 "P’ti Restavek" (petits reste-avec) âgés de six à quinze

    ans qui travaillent comme domestiques avec pour seul salaire le gîte et le

    couvert. Paradoxe: les familles qui les emploient sont à peine plus riches

    que celles qu’ils ont quittées. Leur vie est encore plus dure que chez eux,

    avec l’affection en moins. "Ils fuient la pluie et se trouvent plongés dans

    la rivière" dit un proverbre créole.

    Le problème n’évolue pas malgré les législations et la prise de

    conscience tant que la cause profonde, la marginalisation des classes

    paysannes, ne change pas souligne Alixe Pérard.

    Même écho de Workneh Denekew, responsable de la Fondation Pestalozzi en

    d’Ethiopie. Dans un Etat très pauvre ravagé par la guerre civile, il compte

    surtout sur les réseaux familiaux.

    Pour lui le premier droit de l’enfant est le respect de sa dignité, en

    lui donnant la possibilité d’être autonome. Trop de gens se croient ou se

    sentent incapables de décider, remarque-t-il. Il faut les transformer en

    personnes actives qui reconnaissent leurs besoins et ceux des enfants.

    Les droits de l’enfant sont certes universels, mais on ne peut les

    appliquer sans tenir compte du contexte culturel. Ainsi en Ethiopie, il

    faut défendre aussi fortement les droits de la femme qui, selon la tradition, est totalement dépendante de son mari. Les campagnes de contraception

    restent sans effet tant qu’il n’existe aucun système de sécurité sociale et

    que les enfants sont la seule richesse de la famille.

    Côté suisse, les choses avancent

    Leni Robert, présidente du Conseil de la Fondation village d’enfants Pestalozzi, s’est réjouie que la Suisse s’apprête enfin à ratifier la Convention des droits de l’enfant, sept ans après sa signature. Le Conseil des

    Etats a donné son accord avec quelques réserves, en particulier sur la question du regroupement familial liée au statut de saisonnier. Le Conseil national en débattra lors de sa session d’automne. "Je suis heureux de l’apprendre, commente Workneh Denekew, car je crois que la Suisse veut la respecter vraiment". (apic/mp)

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