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    Sixième voyage de Jean Paul II en Afrique (070489)

    APIC - Dosssier (IV)

    La Zambie

    Bruxelles, 7avril(APIC/CIP) Ancienne Rhodésie du Nord, la Zambie, composée de nombreuses ethnies, est très inégalement répartie : dense dans la

    région du cuivre, proche du Shaba zairois, clairsemée dans le reste du

    pays. Lusaka, la capitale, compte 700.000 habitants. Le taux d’urbanisation

    est le plus élevé de toute l’Afrique noire.

    Durant de nombreuses années, le cuivre a fait la richesse du pays, mais

    la rentabilité de l’extraction et de la commercialisation du cuivre a

    fortement diminué et le pays a misé trop longtemps de manière presque

    exclusive sur le métal rouge. L’agriculture a été négligée et les fermes

    d’Etat que le gouvernement a voulu organiser n’ont pas donné les résultats

    escomptés. Le pays a même connu plusieurs émeutes de la faim.

    Alors que les dettes du pays sont énormes, la Zambie est victime de toutes sortes de trafiquants. Appelés "Sénégalais", ils viennent de l’Afrique

    occidentale et excellent dans l’art d’exporter clandestinement du cobalt,

    des diamants en provenance du Kasai, de l’émeraude, mais aussi du

    "Mandrax", hallucinogène fabriqué en Inde et destiné à l’Afrique du Sud.

    Le Dr Kenneth Kaunda, humaniste chrétien, dirige le pays depuis

    l’Indépendance en 1964. On le dit déçu face à la situation actuelle de son

    pays. Poussé par le Parti et par les difficultés socio-économiques, il

    s’est tourné vers un certain marxisme-léninisme. Vis-à-vis de l’Afrique du

    Sud, Kaunda se sent obligé de composer dans une certaine mesure avec

    Pretoria, car 70 % du commerce zambien transite dans le pays de

    l’apartheid. Il a cependant posé plus d’une fois des gestes importants de

    solidarité avec les Noirs sudafricains.

    Le christianisme est très présent dans le pays : 26% de catholiques, 30%

    de protestants, 8% d’adeptes d’Eglises indépendantes. L’implantation

    catholique est nettement postérieure à l’évangélisation protestante.

    L’Eglise de Zambie retient l’année 1891 comme date du début de sa fondation

    (celle de la première paroisse catholique par les Pères Blancs), même si la

    présence de jésuites y est attestée dès la moitié du 16e s. (baptême du roi

    Monomotapa) et au début du 17e.

    En fait, la Mission du Zambèze (le fleuve qui a donné son nom au pays) a

    été crée par la Propaganda Fide dès 1879. Confiée aux jésuites, elle s’est

    développée rapidement. D’un point de vue pastoral, l’Eglise est aujourd’hui

    divisée en deux provinces ecclésiastiques : les archidiocèses métropolitains de Lusaka (5 diocèses suffragants) et de Kasama (2 diocèses

    suffragants). C’est en 1963 que le premier évêque zambien a été ordonné

    (par Jean XXIII). Aujourd’hui, sur les neuf évêques résidentiels, un seul

    est étranger mais l’Eglise de Zambie compte 560 prêtres dont 446 sont

    sont étrangers. Si quatre prêtres sur cinq sont étrangers, les vocations

    sacerdotales et religieuses autochtones sont en augmentation.

    Les Eglises ont pleine liberté d’action, sans restriction pour l’entrée

    des missionnaires, ce qui leur a permis d’apporter une contribution considérable dans les domaines de l’éducation et de la santé, mais aussi de

    faire entendre leur voix dans le contexte socio-politique. La collaboration

    oecuménique y est importante; on signalera "Multimédia Zambia", qui réunit

    l’Eglise catholique et 14 confessions protestantes depuis 1971 pour promouvoir l’évangélisation par les médias, ainsi que la publication en 1977

    d’une déclaration sur "Libertération chrétienne, justice et développement".

    Ce dernier document a été publié par les évêques catholiques en lien avec

    le Conseil Chrétien et l’Association Evangélique.

    Des difficultés nouvelles imposent aujourd’hui à l’Eglise un nouvel élan

    d’évangélisation. C’est pourquoi les évêques ont choisi pour thème du centenaire de l’Eglise (1991) : "La formation de chrétiens adultes, authentiquement africains, dans les familles et dans les petites communautés

    chrétiennes". Par ailleurs, la Zambie reste un champ de première évangélisation, un tiers environ de la population restant adepte des religions traditionnelles ou animistes. Enfin, de nouveaux défis se présentent aujourd’hui à l’Eglise, dans le malaise général engendré par une situation

    économique international difficile et l’usure du système socio-politique du

    gouvernement : chômage - surtout chez les jeunes -, mouvement accéléré de

    migration vers les villes, dépression morale, perte des valeurs au niveau

    individuel, familial et social, baisse de la ferveur apostolique première

    des petites communautés, apparition et croissance des sectes... A cet

    égard, la visite du pape et la préparation du centenaire de l’Eglise seront

    l’occasion de mobiliser tous les chrétiens, et en premier lieu les laics

    dont la formation est, comme l’indique le thème choisi par les évêques pour

    le jubilé de 1991, une priorité pastorale urgente.

    C’est également en référence à la situation économique difficile qu’on

    signalera la création par les évêques, en 1987, d’une commission Justice et

    Paix pour lutter contre les injustices sociales, une initiative qui aurait

    fortement déplu à plusieurs membres du parti au pouvoir. (apic/cip/mg)

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