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    Jean Paul II dans trois semaine en Corée du Sud (180989)

    APIC-Dossier

    A la rencontre d’une Eglise en pleine expansion

    Fribourg, 18septembre(APIC) C’est une Eglise en pleine croissance que le

    pape Jean Paul II rencontrera en Corée du Sud dans moins d’un mois. Dans le

    cadre de son voyage du 6 au 16 octobre prochain en Asie (Corée du Sud, Indonésie, Timor-Est et Ile Maurice), le pape sera en effet le 7 et le 8 à

    Séoul afin d’assister au Congrès Eucharistique International. Il y rencontrera pour la deuxième fois, après son voyage de 1984, une Eglise dynamique

    : avec seulement 2’200’000 catholiques sur 42 millions d’habitants en 1987,

    la Corée du Sud compte plus de 1’000 séminaristes, autant qu’en France!

    Il n’est pas rare, en effet, de voir 300 baptêmes célébrés le même dimanche à Séoul, rapporte Yvan Paradisi, des Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM) à Lyon. Une paroisse moyenne accueille 800 à 1’000 nouveaux

    baptisés par an, en ville. Les prêtres (1’000 pour toute la Corée du Sud)

    sont "écrasés" par le nombre de sacrements à administrer!

    Le réseau paroissial est solide en Corée du Sud, et il tient pour l’instant dans un monde qui se transforme très rapidement. En 30 ans, l’Eglise

    de Corée est passée de 200’000 à 2’200’000 catholiques et son expansion

    continue au même rythme que celle de l’économie coréenne.

    Fier d’appartenir à l’Eglise

    Le catholique coréen n’a pas peur d’afficher son appartenance à l’Eglise

    et souvent sur les portes d’entrée des maisons, une croix signifie son adhésion à la foi chrétienne. Cette visibilité est indispensable dans un monde en pleine mutation. Pour s’assurer un équilibre le Coréen découvre en

    paroisse : un prêtre qui fait autorité au plan spirituel, le rituel des sacrements qui fait l’unité du groupe, le groupe communautaire dans lequel il

    est reconnu en tant que personne humaine. Le catholique trouve ainsi un

    repère stable dans un monde mouvant, c’est "la paix du coeur".

    Les laïcs sont très dévoués et constituent le fer de lance de

    l’évangélisation en Corée parce qu’ils sont de plain-pied dans la vie. Mais

    "la paix du coeur" est-elle la paix du Christ ? En tout cas ce sera le

    thème du prochain Congrès eucharistique.

    Plus de 4’000 religieuses

    Les religieuses sont plus de 4’000 en Corée du Sud. Elles sont un témoignage de vie pour les femmes coréennes souvent méprisées au cours des

    siècles. Leur action est importante dans tous les secteurs : oeuvres sociales, sanitaires, éducatives et surtout paroissiales. Aujourd’hui les centres catéchétiques rassemblent principalement des religieuses et la formation biblique qu’elles dispensent en paroisse seconde efficacement le prêtre.

    Les soeurs de Caritas de Kwangju et les soeurs du Perpétuel Secours éditent respectivement "L’Ecriture et la Vie" et "Avec l’Ecriture". Ce sont,

    avec 3 autres revues des séminaires, les rares productions théologiques de

    Corée.

    Un pilier de l’Eglise d’aujourd’hui : le prêtre

    Pour le catholique coréen, le prêtre est l’homme de la bénédiction. Les

    catholiques vénérent et estiment leurs prêtres. Cette image du prêtre

    s’appuie sur un ensemble de facteurs favorables. Tout d’abord, la mentalité

    confucéenne d’ordre et de respect des choses donne au prêtre toute

    l’autorité nécessaire. Il y a également correspondance dans l’esprit coréen

    entre le développement de l’Eglise et le développement économique du pays.

    De là à penser qu’il y a bénédiction matérielle, il n’y a qu’un pas qu’ils

    franchissent aisément. C’est la raison pour laquelle les chrétiens sont

    très généreux avec leurs prêtres; et passer d’un confort pratique au luxe

    n’est pas difficile pour le prêtre.

    Les chrétiens coréens ont été persécutés tout au long de leur histoire.

    Aujourd’hui ils peuvent s’exprimer et vivre dignement. Cette bénédiction

    revient au prêtre qui symbolise l’arrivée en Terre promise, poursuit Yvan

    Paradisi.

    Enfin, l’Eglise n’a pas peur de parler haut et fort sur les injustices

    sociales. Le cardinal Kim donne une image médiatique très positive de

    l’Eglise surtout auprès des classes moyennes. De plus, avec la venue du

    pape Jean Paul II, la dimension internationale de l’Eglise se révèle

    progressivement aux chrétiens coréens.

    La question de la réunification divise l’Eglise

    Malgré son dynamisme réjouissant, l’Eglise sud-coréenne aujourd’hui se

    trouve toutefois divisée sur la question de la réunification avec la Corée

    du Nord communiste. Des groupements catholiques, comme l’Association des

    prêtres catholiques pour la justice (CPAJ), se trouvent en pointe pour critiquer le gouvernement autoritaire du général Roh Tae Woo et même faciliter

    des voyages en Corée du Nord sans la permission expresse du gouvernement,

    ce qui est strictement interdit par les dispositions de la loi sur la Sécurité nationale. Plusieurs prêtres catholiques ont été arrêtés ces derniers

    mois pour s’y être opposés.

    Le 7 juillet dernier, le cardinal Kim lui-même, qui s’était désolidarisé

    des initiatives "très imprudentes" des prêtres pour la justice, a été longuement interrogé par les services de sécurité en compagnie de cinq autres

    prêtres sous l’accusation de ne pas avoir révélé aux autorités un voyage en

    Corée du Nord entrepris l’an dernier par un député catholique membre de

    l’opposition.

    Ainsi, bien que de nombreux prêtres, étudiants et paysans catholiques

    sud-coréens soient très engagés dans la lutte pour la réunification de la

    Corée, leurs évêques et certains milieux catholiques restent très réticents

    face aux méthodes utilisées pour atteindre ce but, notamment en ce qui

    concerne les voyages en Corée du Nord, considérés par les autorités comme

    illégaux et portant atteinte à la sécurité nationale.

    De son côté, Francis Lee, membre du Groupe catholique d’Action sociale

    révèle que 16 organisations catholiques soutiennent les actions du CPAJ.

    "Quant à l’Eglise catholique, dit-il, elle est restée plutôt silencieuse

    ces cinq dernières années mais depuis les récents efforts des catholiques

    en vue de la réunification, elle se revitalise. La réunification n’est rien

    d’autre qu’une question de droits de l’homme." Mais beaucoup de prêtres

    n’aiment pas parler d’un problème aussi délicat. Le cardinal Stephen Kim

    ainsi que d’autres prêtres plus âgés ont une expérience très amère du communisme. En 1950-53, lors de la guerre de Corée, beaucoup de prêtres, leurs

    camarades, ont été tués. De ce fait, ils ont des sentiments anti-communistes très marqués, note-t-il en conclusion pour expliquer leurs réticences

    fondées face au voisin communiste du Nord. (apic/opm/ucan/be/bd)

    Des photos sont disponibles à Missio-OPM, Case postale 106, Grand’Rue 34,

    1700 Fribourg 2, Tél. 037/22.21.78

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