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    APIC - DOSSIER

    L’Opus Dei de Belgique réfute les " déclarations polémiques" (080192)

    concernant la béatification de Mgr Escriva de Balaguer

    Une réponse aux assertions critiques du professeur Velasco

    Bruxelles, 7janvier(APIC) La béatification, en mai prochain, de Mgr Escriva de Balaguer, fondateur de l’Opus Dei, continue de provoquer des polémiques dans l’Eglise catholique. L’Opus Dei de Belgique a répondu, dans un

    communiqué publié lundi, à Juan Martin Velasco, actuellement professeur de

    théologie à Salamanque et à Madrid. Ce dernier avait émis, à la fin de

    l’année passée, de sérieuses critiques sur le fondateur de l’Opus Dei et

    sur l’opportunité de sa prochaine béatification

    Après les théologiens espagnols de l’Association Jean XXIII en août dernier et plus récemment, la "Conférence des professeurs de théologie pastorale de langue allemande", qui y voient un soutien apporté "à un pouvoir

    douteux et opaque au sein de l’Eglise", c’était au tour du professeur Juan

    Martin Veloso, ancien recteur du séminaire et de l’Institut de pastorale de

    Madrid, de s’insurger contre cette béatification. Ce dernier n’hésitait pas

    à employer le mot de "scandale" qui risque de porter atteinte à la crédibilité de l’Eglise.

    Face aux détracteurs de la béatification controversée, le bureau d’information de la prélature de l’Opus Dei vient de réagir publiquement par un

    long communiqué et estime que le relief donné aux affirmations du professeur Martin donne "une vision déformée de la réalité".

    L’Opus Dei de Belgique dénonce la publicité donnée par la presse "aux

    déclarations polémiques" du professeur Velasco. Elle estime qu’en prétendant que "la décision de béatifier Mgr Escriva a pour but de sanctionner un

    privilège accordé à certains secteurs de l’Eglise", le texte publié par la

    presse "porte atteinte à la personne même du pape".

    Une procédure "rigoureuse"

    L’Opus Dei rappelle d’abord que la cause a été sollicitée "par quelque

    1’300 évêques de tous les continents (plus d’un tiers de l’épiscopat

    mondial) parmi lesquels Mgr Oscaro Romero, qui a connu personnellement Mgr

    Escriva, ainsi que l’apostolat de l’Oeuvre au Salvador, "parmi des gens de

    toutes les conditions sociales".

    Le communiqué affirme que, dans la cause de Mgr Escriva, "toutes les

    étapes prévues dans la législation canonique en vigueur ont été scrupuleusement respectées". Il rappelle que la procédure a été simplifiée, sans

    perdre pour autant la rigueur requise, "pour favoriser les causes de personnes plus proches aux hommes de chaque époque, par leur manière de vivre

    le christianisme et par leur message". Ce faisant, le Saint-Siège n’a fait

    que mettre en pratique une proposition faite au pape par les pères conciliaires pendant les travaux de Vatican II.

    Les accusations lancées contre Mgr Escriva par Juan Martin Velasco n’ont

    pas été méconnues par les différentes instances qui sont intervenues dans

    la cause de béatification, observe encore la prélature: dûment examinées,

    elles ont été considérées comme "dénuées de tout fondement". Et de citer

    des chiffres qui témoignent de la rigueur de la procédure. 92 témoins,

    "tous de visu, dont 47 étrangers à l’oeuvre et 11 ex-membres", 265 questions posées à chacun de ces témoins, 11’000 pages dactylographées "à simple espace" de dépositions , 11 volumes de documents provenant de 390 archives consultées.

    A propos de deux prétendues anomalies

    Le communiqué en vient alors à "deux anomalies" du procès de béatification évoquées par Juan Martin Velasco.

    Affirmer que le témoignage de certaines personnes qui avaient bien connu

    le fondateur pour avoir été membres de l’oeuvre a été délibérément ignoré

    lors de la phase diocésaine de Madrid est "contraire à la vérité". Le communiqué précise: "Tous ceux qui le voulaient ont fait parvenir au tribunal

    leurs communications écrites; les juges, au vu de la documentation présentée par ces personnes, ont déterminé qui devait être entendu, pour avoir

    connu suffisamment Mgr Escriva, et qui il n’était pas nécessaire d’entendre, parce s’agissait de ne pas répéter des informations de seconde main,

    qui n’ajoutaient rien à l’audition des témoins directs: cette procédure fut

    évidemment appliquée tant aux personnes favorables qu’aux personnes opposées à la cause".

    Que des avis discordants ont été recueillis et qu’aucun élément de jugement n’a été négligé, l’Opus Dei en voit la preuve dans cette déclaration

    d’un des théologiens consulteurs qui a participé à l’étude de la cause. Et

    de citer encore: "La documentation rigoureuse avec chaque petit détail ne

    laisse aucune zone d’ombre et le fait d’avoir recuilli certaines voix discordantes confère solidité et crédibilité à l’ensemble de l’exposition" (cf

    Studi Cattolici, XX 1991, p. 678, Milan)

    Pour Juan Martin Velasco, la seconde "anomalie" a trait au miracle: la

    famille de la religieuse guérie est liée à l’Opus Dei. L’Opus Dei s’étonne

    de cette observation, "comme si une telle circonstance pouvait avoir influencé un processus physiologique et anatomique confirmé par examens radiologiques et par biopsie".

    La prélature s’insurge contre l’insinuation selon laquelle l’équipe médicale chargée d’authentifier le miracle "appartiendrait à l’Université de

    Navarre, laquelle appartient à l’Opus Dei". Faux, répond le communiqué:

    "Aucun médecin de l’Université de Navarre n’est intervenu dans la tâche

    d’authentifier la guérison comme miraculeuse, qui revient aux experts de la

    Congrégation pour les causes des saints. Seuls deux spécialistes de cette

    Université sont intervenus dans le dossier, mais leur travail s’est limité

    à des aspects purement techniques et absolument étrangers au jugement sur

    le caractère inexplicable de la guérison.

    Un grand thaumaturge

    Le communiqué conclut en signalant que "en plus de l’extraordinaire renommée" dont jouit le fondateur auprès de nombreuses personnalités du monde

    entier, la Postulation de l’Opus Dei "reçoit continuellement de nombreuses

    preuves que sa dévotion privée s’est étendue dans le monde entier, parmi

    des personnes de toutes conditions, même dans les pays où l’Opus Dei n’est

    pas encore présente".

    Concrètement, la Postulation conclut son communiqué par une dernière citation, également tirée de "Studi Cattolici": "Si l’on prend en considération la renommée de sainteté, confirmée par d’innombrables signes dans toutes les parties du monde, l’Eglise n’est pas seulement en train de s’intéresser à une grande figure de saint, mais à un grand thaumaturge comme ceux

    des périodes les plus lumineuses de son histoire".

    Pour rappel:

    Devant les nombreuses critiques qui commencent à pleuvoir de toutes

    parts sur l’opportunité de béatifier le fondateur de l’Opus Dei, les responsables de ce mouvement catholique envoient des communiqués qui réfutent

    en bloc tous les témoignages de ceux qui contestent certaines attitudes de

    Mgr Escriva de Balaguer et de l’oeuvre qu’il a fondée. C’est ainsi que Mgr

    Alvaro del Portillo, prélat de l’Opus Dei s’est déclaré lundi "étonné et

    affligé" que l’hebdomadaire américain "Newsweek", reprenant le témoignage

    du Père Vladimir Fletzmann, membre de l’Oeuvre 22 ans durant, accuse Mgr

    Escriva de "sympathies pro-nazies".

    Pour mieux comprendre la réaction de l’Opus Dei de Belgique, il faut se

    rappeler que pour le professeur Juan Martin Velasco, qui enseigne aujourd’hui à Salamanque et à Madrid, la décision de béatifier Mgr Escriva a

    pour but "de sanctionner un privilège accordé à certains secteurs de

    l’Eglise". Et de s’étonner: "Et pourquoi ne pas privilégier ceux qui sont

    du côté des pauvres? ou encore: comment justifier la rapidité de procédure

    quand on constate que cela va bien plus lentement dans le cas de Jean

    XXIII, figure "charismatique et providentielle", qui a pourtant joué un rôle décisif dans l’évolution récente de l’Eglise ? Et les martyrs laïcs de

    l’Eglise latino-américaine, ou des évêques et des prêtres comme Mgr Oscaro

    Romero, voire même les Jésuites asassinés au Salvador?"

    Dans une interview publiée dans la dernière édition du mensuel catholique italien "Il Regno", le professeur Velasco précise ce qu’il entend par

    "scandale". Il met en cause la personnalité de Mgr Escriva et s’étonne

    qu’une figure aussi contestée puisse être proposée comme un modèle de vie

    chrétienne: "Nous ne croyons pas que puisse être proposé comme modèle de

    vie chrétienne quelqu’un qui s’est servi du pouvoir pour mettre sur pied et

    développer l’Oeuvre qu’il a dirigée avec des critères obscurs - la mafia

    blanche - contestant le magistère du pape et des évêques quand il ne correspondait pas avec sa vision des choses, bien qu’à présent ses disciples se

    posent en paladins de la papauté. Il n’en allait pas de même du temps de

    Paul VI et du Concile."

    Béatifier "le père" revient à sanctionner son oeuvre, poursuit le théologien, et avec elle bien des côtés négatifs: que l’on pense aux méthodes

    utilisées, aux prises de position, à la façon de recruter et de rendre présent le christianisme dans les milieux du pouvoir politico-économique."

    Des anomalies

    Juan Martin Velasco s’insurge également devant "de réelles anomalies"

    dans la procédure de béatification. Lors de la phase diocésaine à Madrid,

    dit-il, on a ignoré délibérément le témoignage de certaine personnes qui

    avaient bien connu Mgr Escriva pour avoir été membres de l’Oeuvre.

    Le théologien met même en doute le miracle attribué à Mgr Escriva - la

    guérison subite, parfaite et permanente - d’une carmélite madrilène, Soeur

    Conception Boullon Rubio. "La famille Rubio est liée à l’Opus Dei, explique-t-il, et il parait, si mes informations sont exactes, que l’équiupe médicale, chargée d’authentifier appartiendrait à l’Université de Navarre,

    laquelle appartient à l’Opus Dei".

    Bref, pour Juan Martin Velasco, toute l’affaire a été orchestrée par

    l’Opus Dei, qui a su "profiter du vent favorable soufflant à Rome." (apiccip/ba)

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