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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Jean Paul II en Afrique du 25 janvier au 1er février (090190)

    APIC - Dossier

    Bruxelles, 9janvier(APIC) Le 25 janvier prochain, Jean Paul II entamera

    sa sixième tournée apostolique en Afrique. Il visitera cinq pays : le CapVert, la Guinée-Bissau, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad, pays où la

    proportion de chrétiens est très variable : de 90% au Cap-Vert à 1% au Mali. Un seul de ces pays a déjà reçu la visite de Jean Paul II, le Burkina

    Faso, en 1980, et il s’appelait à l’époque la Haute-Volta.

    Avec cette visite pastorale, le pape aura ainsi visité une bonne

    vingtaine de pays du continent : ses précédentes visites pastorales en

    Afrique ont eu lieu du 2 au 12 mai 1980 (Zaïre, Kenya, Ghana, Haute-Volta,

    Côte d’Ivoire), du 12 au 19 février 1982 (Nigeria, Bénin, Gabon, Guinée

    équatoriale), du 8 au 19 août 1985 (Togo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Centrafrique, Kenya, Zaïre, Maroc), du 10 au 19 septembre 1988 (Zimbabwe, Botswana, Lesotho, Swaziland, Mozambique) et du 28 avril au 6 mai 1989 (Zambie,

    Malawi, sans compter Madagascar et la Réunion, dans l’Océan indien).

    Au cours de son voyage, Jean Paul II rencontrera certains des problèmes

    cruciaux auxquels est confrontée l’Afrique actuelle : les séquelles du colonialisme, le sous-développement, l’endettement, la désertification et la

    sécheresse, une démographie galopante, l’Islam et l’inculturation.

    La situation de l’Afrique devient de plus en plus préoccupante. Un haut

    fonctionnaire des Nations-Unies a parlé récemment d’un "risque d’effondrement économique, politique et social du continent". L’Afrique ne va-t-elle

    pas faire les frais de l’installation du Grand Marché de 1992, ainsi que de

    l’aide massive que l’Occident s’apprête à apporter à l’Europe de l’Est ?

    Le synode africain

    Annoncé il y a un peu plus d’un an, le futur synode africain devrait

    traiter des principaux problèmes de l’Eglise du continent. Jusqu’ici,

    l’opinion publique est fort peu informée de la préparation de cette assemblée, dont on prévoit la première session pour 1993 au plus tôt.

    Le Conseil du Secrétariat du Synode a mis au point, en décembre dernier,

    un document sur la base duquel vont être consultés les conférences épiscopales, les diocèses, les paroisses, les communautés religieuses et les

    communautés de base à travers toute l’Afrique. D’un autre côté, des réactions très diverses ont été enregistrées depuis l’annonce du synode. Les

    unes pour se réjouir de la perspective d’une concertation continentale, les

    autres pour regretter son caractère purement consultatif. Certains vont

    jusqu’à suspecter la curie romaine de manquer de confiance à l’égard des

    évêques africains.

    On a parlé de trois sessions, qui se tiendraient à Nairobi, Abidjan et

    Rome. Une décision aurait d’ores et déjà été prise quant à la composition

    de l’assemblée : les évêques ne seraient pas tous invités, mais le synode

    travaillerait par délégations. Si elle se confirme, cette information pourrait être lourde de conséquences. Certains observateurs font en effet remarquer que, dans le mode africain de fonctionnement, la participation de

    tous les anciens est nécessaire pour fonder la validité d’une décision.

    Le Cap-Vert

    Les grandes nations ne sont pas les seules à bénéficier de la sollicitude pastorale de Jean Paul II. L’archipel du Cap-Vert comprend dix îles,

    d’une superficie totale de 4033 km2, et compte 400’000 habitants. Praia, la

    capitale, se trouve sur l’île de Santiago.

    Le Cap-Vert était inhabité au moment de sa découverte par les Portugais,

    aux alentours de 1460. Il se situe sensiblement à mi-chemin entre le Portugal et le Brésil et est distant de 500 km des côtes du Sénégal. Le climat,

    très sec, peut être comparé à celui du Sahel. De plus, la sécheresse peut

    être interrompue par des pluies trop violentes pour êtres bénéfiques. Un

    dicton capverdien exprime bien les caprices de la nature : "S’il ne pleut

    pas, tu meurs de faim et, s’il pleut, tu meurs noyé".

    La population capverdienne résulte d’un métissage tant culturel que biologique entre colons portugais et esclaves africains : les îles du Cap-Vert

    ont en effet servi d’escales et d’entrepôts entre le Portugal, l’Afrique et

    le Brésil, en particulier pour la traite des Noirs. Ces derniers provenaient de la Guinée, du Sénégal et du Bénin. On a parfois comparé la population capverdienne à celle du Nordeste brésilien, encore que l’insularité

    ait provoqué une interpénétration et une symbiose qui ont quelque chose

    d’unique.

    D’abord possessions portugaises, les îles du Cap-Vert sont devenues territoires d’outre-mer en 1951, avant d’accéder à l’indépendance en juillet

    1975. Dans la lutte pour l’indépendance, Amilcar Cabral a joué un rôle de

    tout premier plan, ce qui lui vaut d ’être vénéré aujourd’hui encore comme

    le fondateur de la nation. Le passé commun du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau avait suscité la création d’un même parti pour les deux pays : le PAIGC

    (Parti Africain pour l’Indépencance de la Guinée et du Cap-Vert). En 1980,

    un coup d’Etat en Guinée-Bissau mit fin à cette situation particulière,

    ainsi qu’au projet d’union entre les deux pays.

    Malgré l’aridité et la pauvreté du pays, les Capverdiens sont réellement

    parvenus à progresser sur la voie du développement. Le chemin est cependant

    encore long. Partout, les conditions de vie se sont améliorées. Les besoins

    alimentaires et sanitaires de base sont assurés. L’alphabétisation et la

    scolarisation ont connu des progrès extraordinaires. Un programme ambitieux

    de "reforestation" est appliqué : tandis que le désert progresse au Sahel,

    il recule au Cap-Vert. Ces résultats sont dus à l’opiniâtreté de la

    population, à l’absence de corruption et au pragmatisme politique. Le pays

    dépend encore très largement de l’aide extérieure, mais les responsables

    ont pu éviter toute mentalité d’assisté.

    Reste le problème d’une croissance démographique importante. Il ne peut

    être résolu indéfiniment par l’émigration. Celle-ci a joué par le passé un

    rôle non négligeable : le nombre de Capverdiens établis à l’étranger dépasse très nettement le nombre de ceux qui habitent le pays.

    L’Eglise au Cap-Vert

    La religion catholique est très largement majoritaire dans l’archipel.

    La population serait catholique à 90%. Toutefois, ce chiffre ne rend pas

    parfaitement compte de la réalité.

    Le diocèse de Santiago a été érigé en 1533. Il est resté suffragant de

    Lisbonne jusqu’à l’indépendance en 1975. Au cours de cette période de quatre siècles et demi, on ne peut pas parler d’un dynamisme apostolique continu. Le premier évêque, nommé en 1533, ne mit jamais les pieds dans l’archipel et se contenta de toucher son bénéfice au Portugal. Par la suite, le

    diocèse du Cap-Vert est resté 150 ans sans évêque résident. L’ancien clergé

    (portugais et capverdien) ne brillait pas par sa vertu. Les enfants de prêtres, pudiquement appelés "filleuls", ont occupé et occupent encore des

    places en vue.

    Depuis 1941, on assiste à la renaissance d’un christianisme plus rigoureux sous la direction des Spiritains. Mgr Evora, lui-même spiritain, est

    le premier évêque indigène. Il occupe le siège de Praia depuis 1976. L’archipel ne compte que 47 prêtres, dont 11 autochtones (4 diocésains et 7 religieux). La réorganisation pastorale, entamée en 1941, a entraîné

    certaines tensions entre une piété populaire très enracinée dans les formes

    ancestrales de la religion et un christianisme plus épuré, porté par une

    théologie plus intellectuelle. Cette tension participe à la problématique

    délicate de l’inculturation. Des relations diplomatiques entre le Cap-Vert

    et le Saint-Siège existent depuis 1984.

    La Guinée-Bissau

    Située entre le Sénégal et la Guinée-Conakry, la Guinée-Bissau couvre

    une superficie de 36’000 km2 et compte trois régions naturelles : les îles

    Bijagos, la plaine marécageuse dont la côte est profondément échancrée et

    les plateaux de l’intérieur. La population est d’un peu moins d’un million

    d’habitants.

    Colonisée par les Portugais dès le XVe siècle, la Guinée-Bissau a une

    histoire partiellement commune avec les îles du Cap-Vert. Pourtant, des

    différences notables distinguent les deux pays, particulièrement en ce qui

    concerne l’eau : la Guinée-Bissau, en effet, reçoit deux mètres de

    précipitations annuelles.

    Fortement endettée, en queue du peloton des PMA (Pays les Moins Avancés), la Guinée-Bissau a dû se plier à la politique de libéralisation préconisée par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale.

    Les dépenses sociales se sont fortement aggravées. Par ailleurs, si la production alimentaire a augmenté, la situation économique générale reste très

    précaire.

    C’est dans ce contexte qu’a éclaté en 1988 l’affaire du stockage des déchets toxiques. Un contrat entre la Guinée-Bissau et deux sociétés de droit

    britannique devait permettre l’enfouissement de 15 millions de tonnes de

    déchets toxiques contre le paiement de 600 millions de dollars. Une affaire

    tentante pour un pays pauvre et endetté, mais l’exploitation de la misère

    se doublait d’un risque écologique réel, car le sol du site retenu était

    poreux et acide. Sous la pression de l’opinion africaine et de l’opinion

    mondiale, la transaction fut abandonnée.

    C’est d’un projet radicalement différent qu’il est question avec l’Ile

    de Paix de Bolama, qui constitue un pôle de développement respectueux de

    l’homme. Il s’agit d’un projet de l’association des Iles de la Paix fondée

    en 1962 à l’initiative du Père Pire, un dominicain belge, Prix Nobel de la

    Paix en 1958. Des cinq Iles de Paix existant actuellement, trois sont situées en Afrique, dans les pays que le pape s’apprête à visiter : à Bolama,

    à Tombouctou (Mali) et à Yalogo (Burkina Faso). Chaque Ile de Paix est une

    région bien définie où tout est mis en oeuvre pour améliorer de façon durable les modes de vie de la population. C’est à Bolama qu’a démarré en 1986

    la cinquième Ile de Paix, dans une île réelle de l’archipel de Bijagos. Elle y a stimulé divers métiers : couture, artisanat du bâtiment, menuiserie,

    fabrication de bateaux de transport et de pêche. Cet effort permet aujourd’hui à l’archipel de briser son isolement et de commercer avec le

    reste du pays.

    La situation de l’Eglise

    Bien qu’ancienne colonie portugaise, la Guinée-Bissau ne compte qu’un

    faible pourcentage de catholiques : 6,5% de la population, tandis que 55%

    est animiste et 35% musulman.

    Malgré les recommandations du Saint-Siège, qui avait réparti les terres

    à conquérir entre colonisateurs, le Portugal montra peu d’empressement à

    évangéliser le pays. Les prêtres portugais se consacraient principalement

    aux centres européanisés. La traite des Noirs et le fait que le christianisme était la religion de l’occupant ne favorisaient aucunement l’attrait

    pour l’Evangile dans les populations autochtones.

    Ce n’est qu’en 1946 que commença l’évangélisation de l’intérieur, sous

    l’impulsion des prêtres italiens des Missions étrangères de Milan. Des

    relations diplomatiques entre la Guinée-Bissau et le Saint-Siège se sont

    établies en 1986.

    L’Eglise catholique ne rassemble que 50’000 fidèles. L’unique diocèse ,

    celui de Bissau, la capitale, est dirigé par un évêque italien, Mgr Arturo

    Settimio Ferrazzetta. Il est secondé dans son ministère par 50 prêtres,

    dont 3 seulement sont autochtones. Le développement d’un clergé local

    préoccupe le pape qui, au cours de son voyage, inaugurera le nouveau

    séminaire.

    Le séjour du pape en Guinée-Bissau se terminera le 28 janvier par une

    visite à la léproserie de Cumara, le jour même de la célébration de la

    Journée mondiale des Lépreux. A cette léproserie moderne de 92 lits,

    dirigée par des franciscains italiens, est annexé un centre important de

    soins médicaux. Cumara accueille des malades de plusieurs pays voisins.

    Le Mali

    Le Mali a un passé médiéval prodigieux : du VIIe au XVIe siècle, le pays

    fit partie de plusieurs empires successifs dont la richesse était due à

    leur situation de carrefour culturel et commercial entre la Méditerranée et

    l’intérieur du continent africain. Ce passé opulent a laissé des témoins

    architecturaux remarquables, comme la célèbre mosquée de Tombouctou, datant

    du XIIIe siècle.

    Le Mali fut colonisé par les Français à partir de 1880 : il s’appelait

    alors Soudan français. Après l’échec d’une tentative de fédération avec le

    Sénégal, en mars 1959-août 1960, le pays proclama son indépendance le 22

    septembre 1960.

    Le Mali compte actuellement 9 millions d’habitants. La poussée démographique est très forte, avec pour corollaire un âge moyen particulièrement

    bas. Le pays couvre 1’265’000 km2, mais la plus grande partie de la population se concentre dans le sud-ouest, le nord étant désertique.

    Le fleuve Niger joue un rôle important dans l’économie du pays pour le

    transport, la pêche et l’irrigation. L’irrégularité des précipitations engendre toutefois de gros problèmes, la navigation n’étant possible que de

    juillet à septembre.D’une manière générale, la sécheresse constitue un obstacle sérieux tant pour l’élevage que pour l’agriculture. D’autres facteurs

    internes et externes empêchent la vie économique d’être saine : au plan interne, la fraude et la corruption; au plan externe, la fluctuation des

    cours mondiaux (en particulier du coton) et le poids insupportable de la

    dette. Les exigences du FMI ont bien dû être acceptées, malgré leur coût

    social énorme. Pour un citoyen ordinaire, la subsistance quotidienne requiert beaucoup d’ingéniosité.

    La situation de l’Eglise

    Les catholiques maliens ne représentent numériquement que très peu de

    chose : 1% de la population (80’000 baptisés et 10’000 catéchumènes). En

    raison de son étendue, le pays est subdivisé en six diocèses. Tous les évêques sont autochtones. Le clergé diocésain local compte une quarantaine de

    prêtres. Ils sont cependant deux fois moins nombreux que les prêtres

    missionnaires.

    L’estimation du nombre de musulmans varie fortement selon les sources :

    les catholiques parlent de 60%, les musulmans eux-mêmes de 90%. Ils sont de

    toute façon nettement majoritaires. L’appartenance religieuse varie selon

    les ethnies et les régions, mais l’influence des religions traditionnelles

    africaines reste très marquée, même chez ceux qui adhèrent à l’Islam ou au

    christianisme.

    La convivialité entre chrétiens et musulmans ne pose en général pas de

    problèmes. En particulier, les mouvements d’Action Catholique permettent

    une rencontre entre croyants. Dans les sigles JAC, JOC ou CEC (communauté

    étudiante), le "C" ne signifie ni catholique ni chrétien, mais "croyant" :

    la religion diffère, mais c’est bien du même Dieu qu’il s’agit. P. Faillie

    rapporte ce témoignage d’un musulman : "J’ai reçu une formation grâce à la

    JOC, qui m’a donné une ouverture pour comprendre les autres, pour comprendre ma religion". Et le père de ce musulman d’ajouter : "Pour nous, ce qui

    est important, ce n’est pas la question de la religion, mais la question de

    la foi. Nous savons que les chrétiens ont pitié des pauvres, ils aiment les

    paysans, ils font des forages... Ces gens-là, il faut apprendre à les connaître et à travailler avec eux".

    C’est dans cet esprit de tolérance et de collaboration que le centenaire

    de l’Eglise au Mali a été célébré voici un peu plus d’un an, en novembre

    1988. A cette occasion, le président malien Moussa Traoré confiait : "Je

    suis moi-même musulman, mais ici nous sommes maliens avant d’être catholiques, musulmans, féticheurs ou libres penseurs... Ici, l’Eglise catholique

    est minoritaire. Dans d’autres pays d’Afrique, elle est majoritaire. Ce,

    que nous voulons, c’est bâtir une Afrique unie, solidaire dans la diversité. L’intégrisme, vous le connaissez vous aussi avec Mgr Lefebvre. Pour mon

    pays, je ne crains absolument pas une révolution à l’iranienne. Le Mali n’a

    pas peur de se laisser gagner par l’intégrisme musulman, car notre culture

    ancestrale est une culture de tolérance". (apic/cip/cor)

    (Fin de la présentation dans APIC de mercredi : Tchad et Burkina Faso)

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