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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    10e voyage africain de Jean Paul II (280193)

    APIC - DOSSIER

    Du Bénin à Khartoum en passant par l’Ouganda

    Un voile de levé sur le futur Synode des évêques africains?

    Rome/Fribourg, 28janvier(APIC) Dans quelques jours, le pape Jean Paul II

    entamera son dixième voyage en Afrique. Une visite qui le conduira du 3 au

    10 février au Bénin, puis en Ouganda, et enfin à Khartoum, capitale du Soudan, où le pape s’arrêtera pour une journée seulement. Un voyage qui pourrait permettre d’en apprendre davantage sur le futur Synode des évêques

    africains.

    Le 6 février 1989, Jean Paul II annonçait son intention de convoquer une

    "Assemblée spéciale" pour l’Afrique. A l’heure actuelle, on ignore encore

    la date et le lieu de ce futur Synode des évêques africains. Mais il est

    possible que le pape lève le voile à Kampala, en Ouganda, le 8 février prochain. Ce jour-là, en effet, il présidera la troisième réunion africaine du

    Conseil du Secrétariat du Synode.

    D’autres interrogations concernant ce futur rendez-vous seront-elles levées par la même occasion? Où aura-t-il lieu? La grande majorité des Africains souhaitent qu’il se tienne sur leur continent plutôt qu’à Rome. Mais

    les difficultés pratiques d’une telle entreprise, qui devrait réunir entre

    quatre et cinq cents participants, sont bien réelles... les divisions politiques, les guerres et les agitations ainsi que les communications entre

    pays d’Afrique, pas des plus faciles, pour n’en citer que quelques-unes.

    Deux villes africaines sont néanmoins régulièrement évoquées: Yamoussoukro,

    la nouvelle capitale de Côte d’Ivoire, où a été érigée l’immense basilique

    offerte au pape par le président Houphouët-Boigny. Mais la seule évocation

    de cette basilique, "gouffre à millions dans un continent qui pleure chaque

    jour la famine", reste un sujet très controversé en Afrique; Dakar enfin,

    capitale du Sénégal. Problème (?): l’Assemblée aurait alors lieu dans un

    pays à très forte majorité musulmane. Les divisions autour de la question

    du pays appelé à recevoir ce Synode sont réelles. Y compris entre épiscopats africains.

    1993, année du Synode?

    Quand à la date, l’année 1993 reste la plus probable. Des pasteurs africains avaient suggéré de commencer les travaux par des rencontres régionales, les participants pouvant se répartir selon les neuf régions couvertes

    par le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar

    (SCEAM). Selon certains sources, ce souhait n’a pas été retenu. Pas plus

    d’ailleurs que les propositions d’un étalement des travaux en plusieurs

    sessions, entrecoupées de réunions intermédiaires par pays et par région.

    Il semble bien que le futur Synode africain pourrait se tenir en une seule

    session de deux ou trois semaines.

    Si le contenu des thèmes qu’aborderont les évêques africains est d’ores

    et déjà connu, on sait que de nombreuses suggestions pour élargir le champ

    des travaux ont été faites. Elles touchent notamment aux questions de la

    place de la femme africaine dans l’Eglise, du respect des valeurs traditionnelles et de la création d’un rituel et d’un droit canonique pour

    l’Eglise africaine. Ce dixième voyage africain du pape pourrait lever un

    certain nombre d’interrogations. Lors d’une des trois étapes de cette visite qui commencera au Bénin.

    Le prestige certain de l’Eglise catholique au Bénin

    Ancienne colonie française, coincé entre le Togo et le Nigéria, surmonté

    au nord par le Burkina Faso et le Niger, le Bénin, d’une superficie de

    112’000 km2, compte 5 millions d’habitants et de nombreuses ethnies parfois

    coupées par les frontières actuelles. Le pays, devenu indépendant en 1960,

    a porté le nom de Dahomey jusqu’en 1975. Et si Porto Novo, ancien comptoir

    portugais, est la capitale administrative, Cotonou demeure le plus important centre du pays.

    Plus de 60% des Béninois restent fidèles à la religion traditionnelle.

    On estime que les catholiques forment 18% de la population, les musulmans

    15% et les protestants 4%. Ces chiffres doivent cependant être articulés

    avec prudence: même pour les chrétiens, la religion africaine traditionnelle garde un grand attrait. Prudence aussi en raison du développement des

    communauté afro-chrétiennes. Bien que minoritaire, l’Eglise catholique du

    Bénin jouit d’un prestige certain. Le premier prêtre local a été ordonné en

    1928. Aujourd’hui, le nombre de prêtres béninois dépasse largement celui

    des missionnaires. Depuis une vingtaine d’années, une recherche théologique

    et spirituelle est menée au Bénin, pays dont est originaire le cardinal

    Gantin, une des personnalités les plus importantes de la Curie romaine, par

    le "Sillon noir", qui se définit comme un "mouvement d’inculturation de la

    foi chrétienne.

    Politiquement, le pays a connu une période de marxisme-léninisme sous la

    direction du général Matthieu Kérékou qui avait pris le pouvoir en 1972.

    Rôle qu’il assumera jusqu’en 1990. Le pouvoir législatif fut alors exercé

    par le Haut Conseil de la République, placé sous la présidence de Mgr Isidore de Souza, le futur archevêque de Cotonou. Après une transition d’un

    an, des élections ont porté au pouvoir, le 24 mars 1991, Nicéphore Sogio.

    Depuis, les choses ne se déroulent pas aussi bien que prévu. Les six évêques du pays ont même interpellé le nouveau régime dans une lettre pastorale datée de mars 92.

    Des militaires... pour demeurer dans la ligne du peu reluisant Amin Dada

    Seconde étape au programme du pape, l’Ouganda, dont la capitale n’est

    autre que Kampala, couvre une superficie de 241’000 km2. Traversé par

    l’équateur, entouré de la Tanzanie et du Rwanda au sud, du Zaïre à l’Ouest,

    du Soudan au nord et du Kenya à l’est, le pays ne dispose d’aucun accès direct à la mer. Si l’Ouganda ne manque pas d’atouts pour son développement,

    il ne manque pas non plus de problèmes hérités de la période pré-coloniale,

    avec ses quatre royaumes d’alors, des Européens ensuite. Aggravant encore

    les tensions entre ethnies.

    Les problèmes nés de la colonisation ne diminueront pas après la proclamation d’indépendance du pays en 1962. La seule évocation du triste Idi

    Amin Dada suffit à elle seule à cerner les difficultés. Le chef actuel de

    l’Etat, Yoweri Museveni, arrivé au pouvoir en 1986 par les armes, a promis

    que la transition s’achèverait en 1994 par des élections, après l’adoption

    d’une nouvelle Constitution. Mais l’élaboration de cette dernière se heurte

    à bien des difficultés. L’armée continue d’être impliquée dans de graves

    violations des droits de l’homme (meurtres, tortures, arrestations arbitraires...). Pour demeurer dans la ligne du peu reluisant Amin Dada. Violations encore dénoncées il y a quelques mois dans un rapport d’Amnesty International. Quant à la situation économique, elle n’est pas meilleure. Le

    prix de vente du café, principal produit d’exportation, est en chute libre.

    La dette extérieure est plus que très lourde: en 1990-91, elle a absorbé

    60% des apports en devises.

    Sur le plan religieux, le pays compte 40% de catholiques, 38% de chrétiens membres d’Eglises issues de la Réforme et 6 à 7% de musulmans. L’influence des religions africaines traditionnelles reste elle aussi marquante, même chez les chrétiens. L’Ouganda a fait l’objet d’une des rares visites de Paul VI à l’étranger.

    Au Soudan, mais pas pour y féliciter son président

    Troisième et dernière étape de ce nouveau périple africain: le Soudan,

    où le pape ne séjournera que quelques heures, à Khartoum uniquement, la capitale du pays. Jean Paul II a souhaité s’y rendre, et ce n’est certainement pas pour y féliciter le président. Un vieux conflit oppose le nord du

    pays arabo-musulman au sud négro-africain, chrétien et animiste. L’Etat

    pratique, à l’égard du sud, une politique d’islamisation forcée sous le

    slogan "Une seule langue (l’arabe), une seule religion (l’islam), un seul

    pays". La junte au pouvoir est parainée par le Front National Islamique

    (FNI), dirigé par Hassan el-Tourabi. On estime au moins à 600’000 le nombre

    de personnes victimes de déportations massives, de pillages et de massacres

    au Soudan. L’Organisation Médecins sans frontières n’hésitant pas, pour sa

    part, à qualifier de "quasi génocide" les actes du pouvoir à l’encontre des

    populations du sud du pays. (apic/cip/pr)

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