Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Suisse: Mère Marie-Thérèse Scherer sera béatifiée ce 29 octobre à Rome

    APIC - DOSSIER

    Une vie au service de Dieu et des pauvres (140895)

    Par Soeur Spès Ciza, pour l’Agence APIC

    Ingenbohl, 14août(APIC) Le monde catholique suisse vivra à l’heure de Rome le 29 octobre prochain, avec les béatifications de trois Suissesses,

    deux religieuses et une laïque. Un événement que présidera le pape Jean

    Paul II, devant une foule de fidèles venus de Suisse.

    En compagnie de l’humble couturière de Siviriez, Marguerite Bays, morte

    en 1879, et de l’argovienne Maria Bernarda Bütler, décédée en 1824, fondatrice des Missionnaires franciscaines de Marie auxiliatrice, Mère MarieThérèse Scherer (1825-1888), sera béatifiée le 29 octobre à Rome. La nouvelle bienheureuses fut la co-fondatrice et la première Supérieure générale

    des Soeurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl.

    Née à Meggen (Canton de Lucerne) le 31 octobre 1825, Anne-Marie Catherine Scherer perd son père le 15 février 1833. Circonstances de la vie et

    précarité familiale obligent, la jeune Anne-Marie Catherine sera accueillie

    par des parents qui lui assureront une vie chrétienne.

    A l’école primaire de Meggen, Anne-Marie Catherine Scherer passe pour

    une élève extrêmement gaie et vive, douée d’une intelligence claire. Si elle est prête à imaginer des farces contre l’instituteur, la jeune élève ne

    profite pas moins et à fond de l’enseignement qui lui est prodigué. Il faut

    l’énergie de la servante des deux oncles célibataires chez qui elle vit depuis le décès de son père pour discipliner et orienter le riche tempéramment de l’adolescente sans étouffer son dynamisme.

    Une vie non programmée

    La nouvelle bienheureuse n’a pas programmé sa vie. Selon le témoignage

    de ceux qui l’ont vu vivre, les circonstances ont souvent été contraires à

    sa volonté, mais l’ont toujours trouvée disponible. "Plus elle s’intériorisait en Dieu, plus elle sortait d’elle-même pour rejoindre le monde en profondeur et y porter la vie divine."

    Tout au long de sa vie, elle a fait sien l’axiome du Père Théodose: "Les

    besoins du temps sont l’expression de la volonté de Dieu". Voilà pourquoi

    Mère Marie-Thérèse Scherer est reconnue comme une femme pratique,

    serviable, populaire et solidement ancrée en Dieu. En réalité, Mère MarieThérèse a mis en pratique des paroles-clefs de Jésus, tel ce fameux: "ce

    que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le

    faites."

    Déjà à seize ans, elle est affectée aux soins des pauvres et des malades

    à l’Hôpital des Bourgeois de Lucerne. Les premiers contacts avec la souffrance, la maladie, la mort, l’éprouvent jusqu’à la nausée. Elle tient bon,

    elle prie. Viendra le jour où elle sera liée par toutes ses fibres à la misère humaine. Finalement, cette Lucernoise a été partout la femme forte au

    service de toute pauvreté.

    Du pèlerinage d’Einsiedeln à la vie religieuse

    A dix-sept ans, elle entre dans le Tiers-Ordre franciscain et dans la

    Congrégation mariale. Au cours d’un pèlerinage à Einsiedeln, elle reconnaît

    sa vocation religieuse. Tout s’enchaîne dès lors pour elle.

    Le 1er mars 1845, elle entre dans l’Institut des Soeurs enseignantes

    nouvellement fondé par le Père capucin Théodose Florentini. La Maison-Mère

    est à Menzingen. En automne de la même année, elle fait ses premiers voeux.

    En 1850, à la demande du Père Théodose, Soeur Marie-Thérèse Scherer

    prend la direction de l’Hospice des pauvres de Näfels, dans le canton de

    Glaris. L’entourage l’appelle "Mère des pauvres". Deux ans plus tard, elle

    accepte de s’occuper de l’Hôpital de Coire. La transition est dure pour la

    jeune religieuse.

    En 1856, la fondation se scinde en deux Congrégations. Les Soeurs enseignantes se séparent du fondateur pour continuer leur apostolat en milieu

    scolaire. Après avoir bien discerné, Soeur Marie-Thérèse Scherer choisit de

    rester au service des oeuvres de charité dans la nouvelle fondation du Père

    Théodose.

    L’année suivante (1857), Soeur Marie-Thérèse est élue Supérieure générale de la nouvelle Congrégation des Soeurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl,

    du nom du lieu de la Maison-Mère. Par réélections successives, elle le restera jusqu’à sa mort. Aux côtés du Père Théodose, et tout en s’efforçant

    d’être une mère pour tous, elle dirige l’Institut des Soeurs de charité de

    la Sainte-Croix.

    Elle ouvre des hôpitaux, des écoles spécialisées pour les handicapés.

    L’Institut se développe très rapidement, car les Soeurs servent là où sont

    les besoins du temps.

    Le 15 février 1865, le Père fondateur décède brusquement à Heiden (AR).

    Mère Marie-Thérèse assure la succession. Elle veut aussi sauver l’honneur

    de ce "Grand Apôtre du social Suisse". Elle prend en charge la responsabilité et le remboursement des dettes de l’Institut. Ses projets se réalisent

    grâce à la collaboration de ses Soeurs et au prix de longues années de privations et de quêtes.

    Mère Marie-Thérèse a tout fait pour rester fidèle à l’essentiel de la

    spiritualité du Père fondateur. Elle assume tout avec courage et confiance

    en Dieu. "Avoir la main au travail et le coeur près de Dieu. Gardez-vous de

    la routine, habituez-vous à agir pour et avec Dieu. Efforcez-vous d’être

    confiante", écrivait-elle.

    Pour ses Soeurs, elle est une "Sainte Règle vivante". Malgré de grandes

    souffrances physiques, elle continue d’entreprendre de nombreux voyages, en

    Suisse et dans d’autres pays européens pour s’assurer du bien des Soeurs et

    pour les instruire de l’esprit du fondateur.

    En 1888, sa maladie entre dans sa dernière phase. Après de pénibles

    souffrances, elle meurt le 16 juin 1888. La vénération pour cette religieuse lucernoise a commencé dès après sa mort. Aujourd’hui, plus de 70’000 pèlerins viennent chaque année de toute la Suisse et de l’étranger, pour se

    recueillir sur sa tombe, à Ingenbohl. Le 29 octobre prochain, Mère Scherer

    sera béatifiée, pour la joie de ceux qui l’invoquent déjà depuis des années, celle de toute l’Eglise et celle des peuples qu’elle a aimés et servis

    avec générosité et dévouement. (apic/sp)

    Encadré

    Mère Marie-Thérèse Scherer (1825-1888)

    Née à Meggen en 1825, Anne-Marie Catherine Scherer est la quatrième de

    sept enfants de la famille Scherer-Sigrist.

    Durant sa vie de Supérieure, Mère Marie-Thérèse Scherer créera en tout

    422 communautés réparties en cinq provinces: deux en Autriche, une en Allemagne, une dans ce qui est la Tchéquie actuelle et une en Croatie. Elle

    connaîtra ses 1689 Soeurs par leurs noms.

    Aujourd’hui, les Soeurs d’Ingenbohl sont environ 5500 à honorer avec

    fierté la mémoire de leur co-fondatrice. La Congrégation n’est pas seulement active en Europe. Les 21 provinces de l’ordre s’étendent en Europe, en

    Afrique, en Asie, et dans les deux Amériques. En Europe on les trouve: en

    Suisse (2 provinces), en Allemagne (2 provinces), en Autriche (4 provinces), en Italie, en Tchéquie, en Slovaquie, en Slovénie, en Croatie, en

    Hongrie. Dans les autres continents: Aux Etats-Unis, en Inde (3 provinces),

    à Taïwan, au Brésil, au Burundi et en Ouganda. Dans les milieux où elles

    vivent, les Soeurs cherchent à ajuster leur action aux besoins qu’elles

    rencontrent aujourd’hui. Elles sont moins nombreuses dans le domaine scolaire, mais plus présentes dans le domaine social.

    Après d’intenses douleurs, Mère Marie-Thérèse Scherer meurt le 16 juin

    1888, ces paroles sur les lèvres: "Ciel, ciel". Sa tombe est installée dans

    la crypte moderne du couvent schwytzois d’Ingenbohl, près de Brunnen. Solidement ancrée en Dieu et vivant en sa présence, posant constamment des actes dans la foi et la confiance, recourant souvent à lui dans la prière,

    une prière-lutte, Mère Marie-Thérèse a dit Dieu par toute sa vie. (apic/sp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus