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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Vatican:Clôture du Synode des évêques pour l’Afrique (080594)

    APIC - Dossier

    Message final

    Rome, 8mai(APIC) Après quatre semaines de travaux, le Synode pour l’Afrique a été solennellement clôturé dimanche au cours d’une messe place SaintPierre présidée par le cardinal nigérian Francis Arinze, l’un des trois

    présidents délégués de l’assemblée. Président du Conseil pontifical pour le

    dialogue interreligieux, le cardinal Arinze représentait le pape Jean Paul

    II, toujours hospitalisé à la clinique Gemelli.

    Le Souverain pontife, qui a suivi les travaux du Synode depuis son lit

    d’hôpital, a reçu d’ailleurs vendredi les trois présidents du Synode, les

    cardinaux Francis Arinze, Paulos Tzadua, archevêque d’Addis Abeba, et

    Christian Wiyghan Tumi, archevêque de Douala, ainsi que le relateur général, le cardinal Hyacinthe Thiandoum, archevêque de Dakar.

    Vendredi après-midi a eu lieu la présentation du message final du

    Synode, à laquelle ont participé 236 cardinaux et évêques. En 16 pages et

    71 paragraphes, le document passe en revue les questions complexes abordée

    durant le Synode. De par sa nature, ce texte n’est pas normatif, mais est

    un bilan des discussions doublé d’un examen de la situation sur le

    continent africain et d’un appel pour le futur.

    Pour l’essentiel, le message suit les lignes maîtresses bien connues du

    document de travail du Synode, l’Instrumentum laboris, avec cinq approches

    (annonce, inculturation, dialogue, justice et paix, médias) d’une évangélisation qui reste essentielle quand seulement 95 millions d’Africains (14%

    du total) se disent catholiques. "La première annonce garde son urgence et

    sa nécessité, d’autant que d’autres forces spirituelles et religieuses conquièrent du terrain.", peut-on lire au paragraphe 12.

    Hommage à l’engagement des missionnaires

    C’est grâce au "lourd tribut" qui "mérite éloge et gratitude", payé par

    les missionnaires que cette évangélisation a commencé. "Très tôt", ils se

    sont associés "de très nombreux fils et filles de la terre d’Afrique" (10).

    Mais il ne s’agit pas d’une phase révolue : "Elle se poursuit au titre de

    la coopération entre Eglises." (11)

    "Jusqu’aux racines de nos cultures"

    Maintenant, à l’instar de ce qui s’est produit ailleurs dans le passé,

    l’évangélisation doit entraîner "une profonde transformation des personnes

    et des peuples qui est une création nouvelle". C’est pourquoi l’évangélisation est apparue au Synode sous "sa double articulation d’annonce de la Parole du salut et d’inculturation" : "La double exigence du témoignage qui

    en ressort pour chaque Eglise particulière et pour chaque baptisé est d’accueillir la Bonne Nouvelle jusqu’aux racines de nos cultures et de la porter à tous les peuples, jusqu’aux confins de la terre. Une évangélisation

    qui ne comporterait que la seule dimension de l’annonce se dénaturerait,

    car elle est un dialogue d’Amour dont l’inculturation du Message est le

    deuxième moment nécessaire" (13).

    Le Message admet que "la culture qui donnait son identité à notre peuple

    est en crise profonde", dès lors que "notre identité est comme broyée dans

    l’étau d’une histoire impitoyable" (15). Il souligne cette "exigence incontournable" qu’est la sainteté, sainteté prophétique dont le seul témoignage

    peut évangéliser "les racines culturelles de la personne comme de sa communauté" et relever "les défis socio- économiques et politiques" (17).

    En matière d’inculturation, le champ "est vaste", car il inclut toute la

    vie chrétienne, dans ses dimensions "théologique, liturgique, catéchétique,

    pastorale, juridique, politique, anthropologique, communicationnelle". "Une

    attention spéciale doit être portée à la liturgie et aux sacrements", ainsi

    qu’à la traduction de la Bible et à "la promotion d’une lecture personnelle

    et communautaire dans le contexte africain et dans l’esprit de la Tradition" (18).

    Parmi les domaines privilégiés de l’inculturation, le texte signale

    entre autres "la vénération des ancêtres, la santé, la maladie et la

    guérison avec nos moyens traditionnels, le mariage et le veuvage" (19).

    "Notre religion traditionnelle"

    Le Synode reprend la notion d’Eglise-famille pour lancer un "appel

    pressant en faveur du dialogue à l’intérieur de l’Eglise et entre les

    religions" (21), en évoquant les trois volets du dialogue vers l’extérieur

    que sont la religion traditionnelle africaine (RTA), les frères chrétiens

    et les musulmans.

    Une "attention particulière" est demandée pour "nos coutumes et nos traditions religieuses en tant qu’héritages culturels" : "Ce sont des cultures

    en régime d’oralité et leur sort se joue essentiellement dans le dialogue

    des générations en vue de leur transmission. Les personnalités corporatives, sages penseurs qui en sont les garants, seront des interlocuteurs de

    premier ordre en cette phase de mutation profonde de nos cultures. Le dialogue structuré autour de l’héritage religieux et culturel est fortement

    recommandé dans nos Eglises locales avec les garants de nos valeurs culturelles et de notre religion traditionnelle." (21)

    Il faut aussi que "s’intensifie" le dialogue et les collaborations avec

    "nos frères des anciennes Eglises africaines d’Egypte et d’Ethiopie, ainsi

    qu’avec nos frères anglicans et protestants", avec lesquels "nous voulons

    rendre témoignage au Christ et proclamer l’Evangile" (22). Avec les musulmans, il s’agira de développer "les collaborations de la Paix et de la Justice, qui seules peuvent rendre gloire à Dieu", de travailler ensemble

    "pour la promotion humaine et le développement à tous les niveaux, au service du bien commun, en assurant le respect réciproque de la liberté religieuse des personnes et des communautés" (23).

    L’Eglise-famille

    Le Message développe ensuite la notion d’"Eglise-famille". Il constate

    que "l’envie, la jalousie et le mensonge du diable" ont poussé la famille

    humaine "au racisme, au particularisme ethnique et à la violence occulte",

    et donc "à la guerre, à la division du monde en premier, second, tiers et

    quart, à la préférence de l’argent à la vie du frère, aux provocations de

    conflits et de guerres interminables pour conquérir le pouvoir, pour s’y

    maintenir et pour s’enrichir par le meurtre du frère (25).

    Pour réaliser l’Eglise-famille, il faut des prêtres "qui vivent à fond

    leur sacerdoce comme vocation à la paternité spirituelle" et des familles

    chrétiennes qui soient "d’authentiques "Eglises domestiques" et des

    communautés ecclésiales vraiment vivantes". Le Synode, qui s’est "beaucoup

    penché sur les qualités de ces agents pastoraux de première importance et

    sur leur formation", lance "un premier appel en direction des prêtres

    diocésains, leurs premiers collaborateurs dans l’évangélisation" (25).

    Aux prêtres diocésains, le Message demande de "vivre à fond la charité

    pastorale, remplis de sollicitude pour tous", dans "la fidélité au célibat

    indissociable de la chasteté" (26) ; aux familles, d’être "d’authentiques

    Eglises domestiques" (27). Le Message encourage "la création de petites

    communautés à taille humaine, des communautés ecclésiales vivantes ou

    communautés ecclésiales de base" où l’on vit "concrètement et

    authentiquement l’expérience de la fraternité" (28).

    Inquiétude à propos de la Conférence du Caire sur la population

    La prochaine Conférence du Caire sur la population mondiale suscite des

    inquiétudes, notamment par "la volonté délibérée d’imposer à l’ensemble des

    pays du monde, et à grand renfort d’argent, la libéralisation de

    l’avortement, la promotion d’un style de vie sans référence morale, la

    destruction de la famille telle que voulue par Dieu" (30). Le Message

    condamne au passage "l’asservissement des hommes au nouveau dieu "argent"

    par lequel on a fait pression sur les nations pauvres pour les pousser à

    prendre au Caire des options contre la vie et contre la moralité" (30).

    De saints hommes et femmes politiques

    Sur le thème de la justice et de la paix, le Synode commence par réclamer plus de justice entre le Nord et le Sud : "Qu’on cesse de nous rendre

    ridicules et insignifiants sur l’échiquier du monde après avoir provoqué et

    entretenu une inégalité structurelle, en maintenant injustes les termes de

    l’échange! L’injustice des prix a pour conséquence l’accumulation de la

    dette extérieure qui humilie nos nations et leur donne une conscience malheureuse d’incapables et d’assistés. Nous rejetons au nom de nos peuples ce

    sentiment de culpabilité qúon veut nous donner." En même temps, le Synode

    rappelle "à tous nos frères africains qui ont détourné des fonds publics

    qu’ils sont tenus en justice de réparer le tort fait à nos peuples" (32).

    Les évêques africains ne nient pas leurs responsabilités : "nous n’avons

    pas fait tout ce que nous pouvions pour former les laïcs à la vie de la cité, au sens chrétien de la politique et de l’économie". Ils encouragent les

    chrétiens qui ont la capacité de s’engager dans la politique, les invitant

    tous sans exception à se "former à la démocratie": "Si nous voulons la

    paix, nous devons tous travailler pour la justice, promouvoir l’Etat de

    droit.

    En plusieurs endroits, le peuple s’est tourné vers l’Eglise pour qu’elle

    l’accompagne dans la mise en route du processus démocratique. Par conséquent, la démocratie doit devenir l’une des routes principales sur lesquelles l’Eglise chemine avec le peuple. L’éducation au Bien commun ainsi qu’au

    respect du pluralisme sera l’une des tâches pastorales prioritaires en notre temps. Le laïc chrétien engagé dans les luttes démocratiques selon

    l’esprit de l’Evangile est le signe d’une Eglise qui se veut présente à la

    construction d’un Etat de droit, partout en Afrique" (33-34).

    Rappelant avec Pie XI que la politique est "la plus haute forme de

    charité", le Synode prie pour que surgissent en Afrique "de saints hommes

    et femmes politiques et de saints chefs d’Etat", qui mettront en échec "les

    volontés d’hégémonie politique" qui cultivent des "germes de division et de

    haine d’où naissent les guerres". Ils remercient les militaires pour le

    service qu’ils assument, mais leur rappellent qu’ils répondront devant Dieu

    "de tout acte de violence contre des vies innocentes" (35).

    Un motif de joie : la nouvelle situation en Afrique du Sud, qui toutefois ne peut pas faire oublier "la honte d’être le continent où se trouve

    le plus grand nombre de réfugiés et de déplacés" (36). Le Message demande

    aux Nations-Unies d’intervenir pour rétablir la paix au Rwanda, au Soudan,

    en Angola, au Liberia, au Sierra Leone, en Somalie et dans la partie centrale de l’Afrique (37).

    Le Message exprime sa compassion à ceux qui souffrent, notamment à ceux

    qui sont atteints par le sida (38), et remercie ceux qui sont engagés à

    leur service, notamment les religieuses (39). Aux chrétiens du Nord, il est

    fait appel pour "obtenir l’arrêt des ventes d’armes aux groupes adverses

    qui s’affrontent en Afrique", mais aussi "une solution juste au problème de

    la dette". Le Message réclame "la remise, sinon totale, du moins

    substantielle, de la dette", et "l’avènement d’un ordre économique

    international plus juste, pour qu’enfin nos nations puissent se poser en

    partenaires dignes" (40-41).

    Finances : une question de dignité

    Les Eglises africaines sont aussi appelées à faire leur examen de

    conscience et à respecter la justice à l’égard de ceux et celles qui sont à

    leur service: "Si l’Eglise doit témoigner de la justice, elle reconnaît que

    quiconque ose parler aux hommes de justice doit aussi s’efforcer d’être

    juste, à leurs yeux. Il faut donc examiner avec soin les procédures, la

    possession et le style de vie de l’Eglise." (43).

    Par ailleurs, le Synode a fait "un examen de conscience au sujet de la

    prise en main financière de nos Eglises par elles-mêmes" et invite chaque

    fidèle catholique à faire sien cet examen de conscience. "Notre dignité

    exige que nous mettions tout en oeuvre dès maintenant pour notre

    autosuffisance financière. Le premier pas dans cette direction est une

    gestion transparente et une vie simple qui ne jure pas avec la pauvreté,

    voire la misère de nos populations."

    Le Message précise que cette prise en main n’est pas à confondre avec un

    quelconque moratoire. Le Synode saisit au contraire l’occasion pour

    remercier les Oeuvres Pontificales Missionnaires, les Eglises-soeurs, les

    instituts religieux et les organisations non-gouvernementales et les

    inviter à poursuivre leur aide, car "l’Eglise-famille est celle de la libre

    et généreuse circulation des biens et des personnes".

    L’importance des médias

    Les médias sont "une culture nouvelle" à laquelle doivent être initiés

    tous les agents de l’évangélisation. Le Synode "recommande que les Eglises

    mettent tout en oeuvre pour la formation à leur usage au service de la proclamation". Elles doivent initier les fidèles à la critique; au niveau des

    stations régionales et nationales, les Eglises doivent "exploiter judicieusement les heures dont elles disposent" (45-48).

    Sanctifier l’intelligence

    La formation doit "orienter résolument sur le chemin de la sainteté". Il

    s’agit de "former des hommes pleinement hommes, bien insérés dans leur milieu de vie et qui y portent le témoignage du Royaume à venir", à travers

    l’évangélisation et l’inculturation, le dialogue et l’engagement pour la

    justice et la paix, la présence dans les médias (49). Cela vaut en particulier pour les vocations qui "se multiplient partout en Afrique", ce qui requiert le sens des responsabilités, "en veillant à la qualité du discernement vocationnel, à l’établissement de critères d’accueil et d’accompagnement". C’est pourquoi le Synode demande "avec insistance aux conférences

    épiscopales et aux confrères qui auraient de tels formateurs de les mettre

    généreusement au service de cette oeuvre essentielle" (51).

    Il met aussi en garde les formateurs: "Si votre compétence intellectuelle n’est pas au service d’une vie sainte, vous démultiplierez pour l’Eglise

    des prêtres-fonctionnaires qui ne donneront pas au monde la seule réalité

    qu’il attend d’eux: Dieu." (52). Le Message reconnaît l’importance des instances culturelles - à commencer par l’école - pour "définir avec rigueur

    et transmettre efficacement nos cultures en ce qu’elles ont de viable et de

    transmissible", attentives à la rencontre "avec les autres cultures", pour

    viser "la sanctification de l’intelligence" et l’affinement "des critères

    rationnels pour une inculturation de longue portée" (53-55).

    Hommage aux théologiens

    Le Synode compte aussi sur les théologiens africains, auxquels il rend

    hommage: "Votre mission est grande et noble au service de l’inculturation

    qui est le grand chantier où s’élabore la théologie africaine. Vous avez

    déjà commencé à proposer des lectures africaines du mystère du Christ. Les

    concepts d’Eglise-Famille et d’Eglise-Fraternité sont aussi les fruits de

    votre labeur au contact de l’expérience chrétienne du peuple de Dieu en

    Afrique. Le Synode sait que sans l’exercice consciencieux et dévoué de votre fonction, quelque chose d’essentiel lui aurait manqué. Il vous dit sa

    reconnaissance et son encouragement à travailler dans la distinction des

    rôles certes, mais dans la communion avec vos pasteurs, pour que les richesses doctrinales qui sortiront de cette Assemblée soient approfondies au

    bénéfice de nos Eglises particulières et de l’Eglise universelle". (56)

    Le Message donne aussi ses encouragements aux laïcs - en reconnaissant

    qu’"une certaine conception de l’Eglise a eu pour résultat un type de laïc

    trop passif" - (57), aux religieux (58), aux catéchistes, "collaborateurs

    de tout premier rang des prêtres dans leur ministère d’évangélisation"

    (59), aux séminaristes et aux candidats à la vie consacrée (60), aux jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population du continent (62),

    aux femmes (65). Face aux aliénations qui pèsent sur la femme, le Synode

    réclame "une formation soignée qui puisse avant tout la préparer à ses responsabilités d’épouse et de mère, mais aussi lui ouvrir toutes les carrières sociales, dont la société traditionnelle et moderne tend à l’exclure

    sans raison", car "tant vaudra la femme, consacrée ou mère de famille, tant

    vaudra l’Eglise-famille" (68).

    Le Message se clôt sur une action de grâce "pour le don de la foi reçue", dans l’espérance, à l’aube de l’an 2000, de "partager la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ avec tout homme". (70) Il la traduit dans

    une prière à "Marie, Mère de Dieu, Mère de l’Eglise" (71). (apic/cip/sv/be)

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