APIC-DOCUMENT: Troisième partie
La question uniate
Moscou/Chevotogne, 19aout(APIC) L’eglise orthodoxe russe est engagée depuis longtemps dans le dialogue oecuménique avec les autres eglises et familles confessionnelles chrétiennes. En 1961, le Patriarche de Moscou est
entré dans le Conseil oecuménique des Eglises (COE). La célébration du
Millénaire du bapteme de Saint Vladimir de Kiev en 1988, ainsi que l’éventualité d’un voyage du pape en URSS, mettent en vedette le problème du statut des Eglises orientales catholiques et de ce qu’on appelle "l’uniatisme". Pour les Eglises orthodoxes, l’institution d’Eglises catholiques de
rite oriental constitue non seulement une agression contre l’intégrité
institutionnelle de l’orthodoxie, mais un péché contre l’unité de l’Eglise
chétienne locale. Dom Michel van Parys et le Père Thaddée Barnas du Monastère belge de la sainte-Croix à Chevetogne ont rédigé un dossier explicatif sur la question uniate. Cette dernière est traité dans une brochure
intitulée: "URSS: le millénaire du bapteme de Saint Vladimir 1988. Les
faits - les points de vue - l’engagement oecuménique".
Le terme "uniatisme" peut signifier une tentative de détacher une partie
d’une Eglise pour la rattacher à une autre, ou bien la politique d’utiliser
les coutumes liturgiques d’une Eglise pour pratiquer le prosélytisme à ses
dépens. Dans les deux cas, cet "uniatisme" serait condamné sans équivoque
par la grande majorité des catholiques.
Les catholiques orientaux entre deux feux
L’existence d’Eglises catholiques de rite oriental, cependant, pose un
problème d’un autre ordre. Il s’agit, pour les catholiques, non d’une attitude de proselytisme envers les membres d’une autre Eglise, mais d’une solidarité avec les membres de leur propre Eglise. Le role de foyer de
l’unité attribué par l’Eglise catholique au siège romain explique amplement
le désir des catholiques orientaux de rester en pleine communion avec lui.
Le respect pour la liberté religieuse de ceux qui expriment ce désir est,
pour eux, justification suffisante du maintien des cadres ecclésiaux ou ils
puissent le réaliser.
La question n’a pas été résolue. Une trève intervenue aux années 1960 a
permis qu’un dialogue international s’engage entre l’Eglise catholique romaine et les Eglises orthodoxes. Trève fragile, car la question est régulièrement remise à l’ordre du jour, soit par les orthodoxes qui craignent
une relance d’un "uniatisme" agressif, soit par les catholiques orientaux
qui se considèrent les victimes d’une Ostpolitik et d’un oecuménisme
irréfléchis. Tant que la pleine communion ne sera pas rétablie entre
l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, des passages de groupes
ecclésiaux d’une Eglise à l’autre - qu’il s’agisse d’un nouvel "uniatisme"
ou d’un retour involontaire à l’orthodoxie - poseront de graves problèmes
de chaque coté. Dans une interview récente, Olivier clément propose que
l’on cherche l’apaisement par des solutions de transition que les Eglises
catholiques orientales, dans le respect des consciences telles qu’elles
sont aujourd’hui. Il faut que de part et d’autre on sache pardonner et demander pardon.
Le Millénaire et les chrétiens d’occident
Les chrétiens d’occident verront dans le bapteme de Saint Vladimir
l’occcasion de féliciter les chrétiens de Russie, d’Ukraine et de biélorussie pour leur fidélité au Christ. Dans la plupart des célébrations, la vedette sera tenue par l’Eglise orthodoxe russe, Eglise la plus importante et
prestigieuse d’URSS. Mais on aura largement le temps de se pencher sur le
témoignage commun de tous les héritiers de Vladimir, et sur le témoignage
commun de tous les héritiers de Valdimir, et sur le témoignage particulier
de chaque nation, et meme de chaque confession. On y associera très volontier le témoignage riche et courageux des protestants soviétiques. Bien
qu’eux même ne se considèrent pas directement comme les détenteurs de
l’héritage valdimirien. (apic/cr)