APIC-Document (150289)
Conférence des Evêques de France, et de Mgr Gaillot, évêque d’Evreux
Nous nous sommes rencontrés ce 15 février 1989. Notre échange nous a
permis de constater l’identité de notre foi d’évêque catholique dans la
fidélité à la mission que l’Eglise nous a confiée. Nous avons tenu, dans
les circonstances actuelles, à rappeler que notre fidélité s’exprime
notamment, comme pour tout évêque catholique, sur les points suivants :
1Confession de la foi de l’Eglise catholique romaine, telle qu’elle est
professée dans la Déclaration solennelle de Paul VI, le 30 juin 1968.
2Accord et docilité à l’égard du magistère du Saint-Père. Enseignement, avec l’Eglise, de ce que le pape Jean-Paul II enseigne dans ses
encycliques et ses exhortations apostoliques. Adhésion en particulier à la
doctrine de l’Eglise concernant la justice sociale et la paix dans le
monde, la vie familiale et la moralité sexuelle.
3Fidélité à la discipline canonique dont les évêques sont, par mission,
les garants. Reconnaissance de l’importance spirituelle de la pratique latine de n’appeler au ministère sacerdotal que des hommes ayant choisi le
célibat pour le royaume. Réaffirmation du bien-fondé de cette loi dans le
sens donné par Vatican II, Paul VI (Sacerdotalis coelibatus) et Jean-Paul
II (dans sa Lettre aux prêtres du Jeudi Saint 1979), surtout lorsque certaines circonstances ou certains mouvements d’opinion ravivent ce débat.
4Sollicitude pastorale pour les marginaux et les exclus : le Christ
enseigne que les retrouvailles des brebis égarées donnent plus de joie au
ciel que les quatre-vingt-dix-neuf autres restées dans le bercail (Luc 15).
Appel à tous les fidèles, laïcs et prêtres, à partager cet amour
préférentiel des pauvres rappelé par Jean-Paul II comme un des gages de la
nouvelle évangélisation.
5Reconnaissance de la diversité des dons, des charismes et des gestes
que l’Esprit Saint suscite pour l’édification du Corps du Christ. A cette
lumière, accueil de la diversité des sensibilités et des témoignages
nécessaires à l’évangélisation de notre société dans l’esprit de l’adage
classique de Saint Augustin énoncé en des circonstances également
difficiles : In necessariis veritas, in dubiis libertas, in omnibus
caritas.
C’est par la charité que se concilient les exigences qui parfois
paraissent divergentes de la vérité et de la liberté.
6Attention critique à ce que certaines déclarations ont pu avoir d’ambigu, d’intempestif, d’acerbe, peut-être même d’erroné. Etant avant tout au
service du Peuple de Dieu, les évêques doivent unir leurs forces pour apporter, à chacun des fidèles, accueil et lumière et, à tous, concorde et
paix.
7Nécessité d’une concertation pour éviter que la diversité des options
pastorales n’entraîne des dissonnances ou des oppositions préjudiciables à
la charité. Vigilance particulière pour que les déclarations publiques ne
mobilisent pas l’opinion en des conflits contraires au bien commun de la
société et à la force du témoignage chrétien.
8Reconnaissance de la responsabilité personnelle de chaque pasteur en
son diocèse. Solidarité de chaque évêque, chacun selon sa mission propre,
avec tout le Collège épiscopal, en vue du bien commun de l’Eglise : les
responsabilités spécifiques de la Conférence épiscopale et de ses instances
autorisées ne doivent pas être mises en cause.
Ayant constaté cette communion essentielle entre nous et avec le Collège
épiscopal nous avons tenu à en faire part publiquement. Le carême et la
préparation à la fête de Pâques nous ont paru un temps particulièrement
favorable pour donner ensemble ce témoignage.
Mgr Jacques GaillotLe cardinal Albert Decourtray
Evêque d’EvreuxPrésident de la Conférence
des évêques de France
Archevêque de Lyon