APIC - Document (090189)
Sida : solidarité et responsabilité personnelle
Paris, 9janvier. Le sida représente pour la santé publique une grave
menace, en France comme en d’autres pays. Une telle épidémie suscite des
réactions de peur et de rejet. Nous invitons les catholiques à garder ou à
retrouver le sens de la solidarité et de la responsabilité personnelle.
Les malades
Que les malades soient avant tout assurés de notre amitié. Jésus-Christ
a accueilli tous les malades qu’il rencontrait, avec une attention particulière pour ceux qui étaient exclus de la vie sociale. A sa suite nous
voyons en ceux qui aujourd’hui sont atteints de sida des frères et des soeurs traversant une très lourde épreuve, et nous appelons à leur prodiguer
soins, soutien et accompagnement spirituel. Leur nombre augmentera, ainsi
que le coût total des traitements et la charge d’un travail éprouvant pour
ceux qui les soignent. Nous espérons que notre pays continuera à s’honorer
en soignant chaque malade selon ses besoins.
Les séropositifs
Sans être malades, les personnes séropositives peuvent transmettre par
des contacts sanguins ou sexuels le virus qui les a contaminées. Elles ont
le devoir impératif d’y prendre garde. Le respect de la santé et de la vie
d’autrui est une valeur morale capitale. Nous appelons chacun à comprendre
le fardeau qui pèse sur ceux qui apprennent qu’ils sont devenus séropositifs : ils se savent menacés dans leur existence même, ils ne peuvent plus
donner la vie sans risquer de transmettre le virus, lorsqu’ils en parlent à
autrui, ils se heurtent souvent à des réactions d’incompréhension et de rejet.
Rien n’est plus accablant qu’une détresse vécue dans l’isolement. Des
associations ont su créer des réseaux de solidarité. Des chrétiens se soucient d’ouvrir des lieux de rencontre. Cet effort est à développer. La
tâche est immense. Dans les années qui viennent, des dizaines de milliers
de personnes auront à porter le poids de leur séropositivité. Trouverontelles le soutien qui leur permettra de faire le chemin nécessaire pour
retrouver l’espérance ? Rencontreront-elles des témoins de la tendresse de
Dieu ?
La prévention
La gravité de la situation sanitaire exige un effort national de prévention. Celui-ci est placé sous la responsabilité des pouvoirs publics : la
collaboration de tous est nécessaire. Le virus est transmis par l’échange
de seringues. Plus que jamais un effort de prévention de la toxicomanie est
indispensable. L’usage de drogues est souvent un signe et une conséquence
d’une désinsertion sociale et d’un désarroi spirituel. L’ensemble de la société doit s’interroger sur les exclusions qu’elle crée et les raisons de
vivre qu’elle propose.
Le virus est également transmis par voie sexuelle. La population tout
entière et notamment les jeunes doivent être informés des risques que font
courir les rapports sexuels avec une personne contaminée. Des moyens
prophylactiques existent. Il est contestable de réduire la prévention à
leur seul emploi.
La réflexion
L’épidémie actuelle est l’occasion pour chacun de s’interroger sur ses
comportements. Notre société a trop facilement accepté et même encouragé
les rencontres éphémères et l’exercice de la sexualité dissocié de tout
véritable engagement conjugal et parental. Nous manquerions à notre mission
si nous restions muets devant l’extension de conduites sexuelles qui dénaturent le sens même de la sexualité et multiplient les risques de l’épidémie, si nous ne rappelions pas la dignité de l’amour humain vécu dans le
mariage et la fidélité et si nous n’invitions pas chacun à la chasteté, au
respect de son corps et du corps d’autrui, selon sa condition, célibat ou
mariage.
Les pouvoirs publics ont la charge de notre bien commun temporel. La
préoccupation légitime de la santé publique appelle un véritable souci
d’éducation de la conscience morale.
Il est devenu indispensable d’offrir aux plus jeunes la possibilité
d’échanges ou leurs aspirations puissent s’exprimer et recevoir le soutien
d’adultes dans le plein respect des consciences. Nous appelons parents et
éducateurs à participer activement à un effort de formation destiné à
renforcer chez tous le sens de la responsabilité personnelle. Une aide
devrait être apportée à tous les organismes qui s’emploient à une éducation
véritable de la personne à l’amour. Nous demandons particulièrement aux
institutions catholiques d’accroître leur contribution à cette oeuvre
éducative.
Le sida est une des plus cruelles épreuves de notre temps. D’autres pays
sont touchés encore plus gravement que le nôtre. Certains disposent de peu
de moyens pour veiller à la sécurité des transfusions sanguines et soigner
les malades. Avec les organisations internationales nous appelons à un effort de solidarité à la mesure de l’ampleur de l’épidémie.
En communion avec le pape et toute l’Eglise, nous prions pour les malades. Qu’ils recoivent de Dieu lumière, force et paix , qu’ils trouvent chez
leurs frères la présence et le témoignage de la charité divine. (apic/be)