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    apic/divorcés remariés/ réaction Mgr Le Bourgeois

    France: Mgr Le Bourgeois réfute la lettre du cardinal Ratzinger (251094)

    sur la question de l’accès à la communion des divorcés remariés

    L’Eglise catholique se veut-elle une marâtre ou une mère?

    Autun (France), 25octobre(APIC) Mgr Armand Le Bourgeois, ancien évêque

    d’Autun, n’a pas apprécié la récente lettre du cardinal Ratzinger, approuvée par le pape, sur la question de l’accès à la communion eucharistique

    des divorcés remariés. Dans une interview au quotidien catholique "La

    Croix", l’évêque français, qui depuis lontemps dialogue avec des divorcés

    remariés, s’inquiète sérieusement des répercussions négatives de cette confirmation intransigeante de la position du magistère de l’Eglise catholique. Beaucoup de divorcés remariés préféreront quitter l’Eglise qui leur

    apparaît davantage comme une "marâtre" que comme une "mère", relève-t-il.

    Pour Mgr le Bourgeois qui a publié en 1990, sous le titre "Chrétiens divorcés remariés", un ouvrage regroupant une quarantaine de lettres de divorcés remariés, le texte romain "laisse l’impression que l’Eglise-société

    veut, en quelque sorte, récupérer la conscience de ses fidèles, s’y introduire, pour juger à sa place. Elle ne leur fait pas confiance, même s’ils

    éclairent leur conscience auprès d’elle. L’exclusion de l’eucharistie est

    de moins en moins comprise de la part de tous les chrétiens même si certains divorcés, renoncent parfois d’une manière héroïque à une nouvelle

    union pour continuer à recevoir le Corps du Christ". Il poursuit: "Pour les

    divorcés remariés, rares sont ceux qui respectent ce refus. Certains s’approchent de l’eucharistie parfois par ignorance ou légèreté, parfois par

    une réflexion aidée par certains critères qu’on leur a proposés. Mais beaucoup d’autres préfèrent quitter l’Eglise qui paraît davantage marâtre que

    mère".

    Que veut dire "communion ecclésiale"?

    L’ancien évêque d’Autun dénonce aussi une contradiction apparente, "qui

    a peut-être échappé au rédacteur, quand il déclare au numéro 6: ’Ces fidèles ne sont en rien exclus de la communion ecclésiale’. Alors que de fait

    on les exclut, au nom de la communion ecclésiale, rompue, aux yeux de Rome,

    par le non-respect de la loi de l’Eglise. Le numéro 8 du texte romain déclare pourtant, cette fois à juste titre: "Vivre la communion ecclésiale,

    c’est vivre dans le corps du Christ et se nourrir du Corps du Christ".

    Au surplus, interroge Mgr Le Bourgois, l’Eglise catholique n’a-t-elle

    aucun pouvoir sur cette communion ecclésiale? La pratique des Eglises

    d’Orient est bien de "réintroduire" dans la communion ecclésiale "le pécheur" qui se reconnaît comme tel et qui pour des raisons diverses, ne peut

    changer sa vie matrimoniale. Il ajoute: "Au cours des siècles - et même au

    Concile de Trente - l’Eglise de Rome n’a pas condamné cette pratique. Osera-t-elle dire que nos frères d’Orient ne respectent pas le droit divin?".

    L’évêque français essaye pourtant de comprendre pourquoi l’Eglise de Rome est si rigide en ce domaine. Il a le sentiment que l’on craint, en haut

    lieu, de voir "faciliter" le divorce et le remariage si on ne se montre pas

    rigoureux sur cette question. Mais objecte-t-il aussitôt: "Les divorcés remariés eux-mêmes reconnaissent bien que le mariage est de soi indissoluble;

    ils demandent que leur "échec" soit reconnu et partiellement "réparé".

    Y a-t-il un seul péché impardonnable?

    Mgr Armand Le Bourgeois se fait, en conclusion, l’écho des questions des

    divorcés remariés catholiques: Y-a-t-il un seul péché impardonnable?

    L’Eglise ne peut elle pas gérer un échec que nous reconnaissons humblement?

    Et l’évêque français d’invoquer son expérience pastorale: "J’ai personnellement entendu des centaines de divorcés, la plupart remariés. J’ai senti

    leur désarroi qui va parfois jusqu’au désespoir et leur sentiment très vif

    d’être des ’exclus’, car ils sentent d’instinct que ’l’eucharistie fait

    l’Eglise’, même si on leur propose d’autres voies de vie chrétienne. Il serait souhaitable qu’ils soient entendus dans les lieux de décision où l’on

    semble n’avoir pas eu l’occasion de les rencontrer en vérité". (apic/crx/

    cip/ba)

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