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    apic/Décès de Mgr Congar/Réactions et hommages

    Hommages dans le monde à l’annonce du décès du cardinal Congar

    Un "inventeur", pour le doyen de la Faculté de Fribourg, (220695)

    un serviteur de l’Eglise, même dans l’épreuve, dit le pape

    Fribourg/Paris/Rome, 22juin(APIC) Les témoignages et les hommages n’ont

    pas tardé à se succéder à l’annonce du décès, jeudi matin à Paris, du cardinal français Yves Congar, l’un des grands théologiens catholiques de ce

    siècle. Pour le Père dominicain Guy Bedouelle, doyen de la Faculté de théologie de Fribourg, le cardinal Congar était un "inventeur", qui a "découvert" le laïcat dans l’Eglise, son rôle et son importance comme "peuple de

    Dieu". Pour le pape Jean Paul II, le Père Congar a été un serviteur de

    l’Eglise, même dans l’épreuve.

    A la fin du Concile Vatican II, en 1965, le Père Congar avait reçu le

    titre de docteur honoris causa de la Faculté de théologie de Fribourg, rappelle le Père Bedouelle, qui se souvient que le défunt est souvent venu à

    Fribourg. "Je déplore d’abord la mort d’un frère dominicain de ma province

    de France, et aussi un de mes éminents professeurs. Sa puissance de travail, son infatigable recherche et son ouverture en ont fait un maître pour

    les générations qui l’ont suivi".

    "Je peux décrire le cardinal Congar, ajoute le doyen de la Faculté, comme un "inventeur", quelqu’un qui a trouvé et surtout retrouvé un certain

    nombre de choses. Il a "découvert" le laïcat dans l’Eglise, son rôle et son

    importance comme "peuple de Dieu"; il a en son temps redonné un nouveau

    souffle à l’oecuménisme avec son ouvrage précurseur, "Chrétiens désunis".

    Pour le Père Bedouelle, ce théologien aujourd’hui disparu a en quelque sorte rendu "sympathique" l’histoire de l’Eglise dont il a surtout vu le dynamisme. Et avec cela il a pu être un des artisans du Concile de Vatican II.

    "C’est une vie bien remplie au service de l’Eglise, service dont je peux

    attester qu’il était plein d’amour".

    L’hommage de Jean Paul II

    Dans un message de condoléances adressé au cardinal Jean-Marie Lustiger,

    archevêque de Paris, Jean-Paul II exprime sa vive sympathie aux confrères

    dominicains et aux proches du Père Congar. Le pape rend grâce "pour la vie

    religieuse et le rayonnement spirituel de ce théologien dont l’oeuvre a remarquablement contribué à l’essor du mouvement oecuménique et beaucoup apporté aux travaux du Concile Vatican II". Et il recommande aussi à Dieu celui qui fut "un serviteur ardent de l’Eglise, même au cours de ses nombreuses années d’épreuves".

    Dans un second télégramme adressé au Père Timothy Radcliffe, maître général des dominicains, Jean-Paul II écrit: "Dans des sentiments de reconnaissance, j’évoque la personne du maître en théologie qui a mis tout son

    coeur et toute son intelligence à approfondir le mystère de l’Eglise et à

    servir la cause de l’unité. Par sa fidélité courageuse à la grande tradition qu’il connaissait admirablement, il demeurera un inspirateur pour ses

    frères et pour de nombreux chrétiens".

    "Je ressens la dette qui me lie à lui", déclare le cardinal Eyt

    Quelle tristesse!, s’est exclamé le cardinal Pierre Eyt, archevêque de

    Bordeaux, en apprenant le décès du cardinal Congar, à qui il avait rendu

    visite il y a quelques mois à l’Hôpital des Invalides. "J’ai lu la totalité

    de son oeuvre. Je ressens la dette qui me relie à lui".

    Pour Mgr Eyt, qui a été appelé en même temps que le défunt au Sacré Collège, le Père Congar est un exemple pour les intellectuels et les théologiens, mais aussi pour tous les fils de l’Eglise. "C’était un homme de

    grand courage, l’un des premiers, comme prisonnier de guerre, à faire de la

    résistance de l’esprit".

    Toute son oeuvre, poursuit l’archevêque de Bordeaux, de façon providentielle, étonnante en tout cas, prédisposait à Vatican II pour ce qui est de

    la place des laïcs dans l’Eglise, de leurs rapports avec les évêques, de

    l’étude et du dialogue avec les autres confessions chrétiennes... "Il a

    marqué profondément de l’intérieur l’Eglise catholique et mondiale.

    C’était, au plan spirituel, un fils de saint Dominique passionné de la Parole de Dieu, convaincu des ressources infinies de l’Evangile".

    Quand je l’ai rencontré pour la dernière fois, témoigne en conclusion

    Mgr Eyt, j’ai eu conscience qu’il avait abordé le dernier rivage de sa vie.

    Il était physiquement diminué, condamné à l’immobilité, mais conscient de

    ce qui lui arrivait. (apic/pr)

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