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    apic/Debat/Religions/guerre

    Paris: "Religions, fauteurs de trouble ou facteurs de paix?" (310194)

    La Conférence mondiale des religions ouvre le débat

    Paris, 31janvier(APIC) Sous le thème "les religions: fauteurs de troubles

    ou facteurs de paix?", plusieurs personnalités du monde occidental et islamique se sont interrogées dimanche à Paris lors d’un débat organisé au Sénat par la section française de la Conférence mondiale des religions,

    Que l’assistance ait été nombreuse et interessée témoigne, s’il le fallait, de l’intérêt que suscite la question soumise à débat. Il s’en est dégagé une idée consensuelle: les religions sont, aujourd’hui comme hier, à

    la fois source de violence et de paix. Elles cristallisent le fanatisme,

    l’intolérance. En même temps, comme la culture, elles favorisent l’ouverture à l’autre, à ce qui est différent. Autre idée force, en filigrane: le

    choc entre le religieux et la modernité. Sans omettre le refus de créer une

    "ONU des religions", jugée inopportune.

    Mohammed Arkoun, professeur à la Sorbonne, représentant de l’islam, a

    ouvert la réflexion en constatant que si l’islam lance aujourd’hui des défis à l’Europe, c’est sur le mode politique uniquement. Après avoir rappelé

    l’opposition entre Eglise(s) et Etat, raison théologique et raison des "lumières", opposition distinctive qu’historiquement les musulmans n’ont fait

    qu’esquisser, il s’est livré à une dénonciation de "l’évacuation de l’aventure de la pensée religieuse qui s’est jouée exclusivement en langue arabe

    du 7e au 12e siècle".

    Autre rappel de l’intervenant: "La détérioration des valeurs du monde

    musulman par des fragments de modernité importés brutalement, et de surcroît plus négatifs que positifs". Détérioration à la source de la dérive

    idéologique de l’intégrisme musulman. Et de déplorer que l’analyse n’en

    soit faite ni sur le plan universitaire ni sur le plan politique.

    Pour Michel Bonnot, co-fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins du

    Monde, le rôle des religions dans de nombreux conflits est indéniable. Mais

    ambivalent: en Pologne l’Eglise fut un relais efficace qui a permis d’éviter le pire, entre les contestataires de Solinarnosc et le pouvoir communiste. De même aux Philippines et en Haïti, elle a précipité la chute de

    régimes dictatoriaux. Pourtant, dans l’ex-Yougoslavie la différence de confession joue contre la paix. Au Soudan le rétablissement de la sharia (loi

    islamique) a mis le feu aux poudres. Au Liban, lors de la guerre des chrétiens se sont battus contre d’autres. Sans parler de l’Irlande du Nord.

    Pour le second orateur, il faut généraliser la séparation entre Etat et religion tout en évitant l’affrontement laïc-religieux. Il dénonce notamment

    l’existence de partis politiques d’obédience religieuse et se dit offusqué

    des déclarations des évêques italiens en faveur de la défunte Démocratie

    chrétienne.

    Le Père Claude Geffré, dominicain de l’Institut catholique de Paris a

    souligné l’existence de connivences secrètes entre sacré et violence, vérité et intolérance. Les conflits actuels sont ethniques, économiques et

    politiques avant d’être religieux. La volonté de dialogue entre les grandes

    religions lui apparait comme une première historique, l’amorce d’un oecuménisme planétaire source d’espérance.

    Pour Jacques Martin, président de l’Union bouddhiste de France, la violence ne se limite pas seulement au fait guerrier. La distinction entre une

    vérité absolue et des vérités relatives est une des grandes lignes du

    bouddhisme. Elle implique de s’efforcer, par la pratique méditative,

    d’échapper aux conceptions duelles et de respecter les autres religions.

    Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France a rappelé que la modernité n’est pas un handicap pour les protestants, à la différence d’autres confessions ou religions. Il a déploré la discrétion des

    médias face aux très nombreuses actions pour la paix menées par des responsables religieux. L’insuffisance du dialogue interconfessionnel au niveau local est une autre difficulté. Evoquant la mise en place d’une "diaconie" interreligieuse de la paix et de la non-violence, il lui a semblé

    souhaitable que les Eglises renoncent à vouloir "contrôler" la paix. Illustration concrète de ce propos, une représentante de la ville de Marseille a

    relaté la politique menée pour contrecarrer la xénophobie. Entre autres une

    journée annuelle du pardon, un calendrier intercommunautaire qui avertit

    des fêtes des uns et des autres et la création d’un abbatoir kasher pour

    les musulmans. (apic/jcn/mp)

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