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    apic/Débat/Morale/Italie

    Italie: Réflexion sur la morale ouvert par les évêques

    Umberto Eco se lance dans le débat (010296)

    Rome, 1erfévrier(APIC) A leur grande surprise, les évêques italiens constatent qu’ils ont ouvert un débat éthique extrêmement dense sur les fondements de la morale. Leur intention de revoir la traduction du "Notre Père",

    pour changer la demande "ne nous soumets pas à la tentation" en "ne nous

    laisse pas succomber à la tentation", a en effet suscité une réaction aussi

    inattendue que remarquée d’Eugenio Scalfari, le directeur du très laïque et

    très influent quotidien "La Reppublica".

    L’éditorialiste remarque que cette modification du "Notre Père" pose la

    question de l’origine du bien et du mal et donc celle des fondements de

    l’éthique, qui sont "ou de source humaine, ou de source divine". La réponse

    à cette question est cruciale, écrivait-il, surtout dans la période agitée

    que connaissent actuellement les sociétés. Son intervention a suscité une

    réaction en chaîne dans la presse, lieu de débats aussi divers qu’inégaux.

    Le dernier en date met en scène l’archevêque de Milan, le cardinal Carlo

    Maria Martini, et le célèbre professeur et écrivain Umberto Eco, dans le

    quodidien catholique "Avvenire" du 31 janvier.

    Le cardinal Martini: un terrain commun

    L’homme d’Eglise voit dans les défaillances humaines la preuve de "l’insuffisance d’un fondement purement humain" de la morale. Il reconnaît la

    validité d’une telle morale, en génèral "fondée sur le devoir de proximité

    et de solidarité", mais il doute de la solidité de ses principes dans des

    "cas limites" ou en cas de "confrontation avec la mort".

    Le cardinal, qui attache beaucoup de prix au dialogue avec le monde laïque, propose une double piste de travail: prendre modèle sur le dialogue

    éthique entre les diverses religions dans la recherche "de principes admis

    par tous", et avancer sur "un terrain commun" avec le monde laïque, qui serait la notion de "dignité humaine", pour en rechercher les fondements.

    En réponse, Umberto Eco commence par confesser sa difficulté à raisonner

    en termes purement laïques compte tenu de sa formation religieuse et catholique. Il avoue à ce propos qu’il a "frémi" devant "le sacrilège horrible"

    de collègues, professeurs d’une université catholique "non italienne", qui,

    lors d’une messe officielle, communiaient "pour la forme", "sans croire à

    la présence réelle et sans s’être confessés".

    C’est donc dans le cadre d’une "religiosité laïque" qu’il répond, pour

    renvoyer dos à dos éthique humaine et éthique chrétienne, dont les défaillances réciproques prouvent justement que "la force d’une éthique doit se

    juger au comportement de ses saints et non à celui des faibles". Umberto

    Eco se refuse à "établir une opposition sèche" entre croyants et non croyants, car il estime incontournable la question de "la vie après la mort".

    C’est pourquoi, quelles que soient les "hypothèses religieuses", l’écrivain

    estime que "l’éthique naturelle" et "l’éthique fondée sur la foi en la

    transcendance" doivent "se rencontrer sur les points fondamentaux". (apicime)

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