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    apic/Débat/Médias/Eglise

    Genève: L’Eglise au défi des médias (010595)

    Débat public sur la place de l’Eglise dans la presse

    Genève, 1ermai(APIC) Sous le thème "L’Eglise au défi des médias", François Dayer ("Le Nouvelliste"), Henri Tincq ("Le Monde"), et Mgr Pierre Mamie, réunis autour du Père Albert Longchamp ("L’Echo Illustré"), ont débattu dimanche soir à Genève au cours d’une table ronde publique organisée

    dans le cadre du Salon du livre et de la presse.

    A partir d’un constat: "La foi n’est pas médiatique, la religion oui!",

    les Editions Saint-Augustin et l’"Echo Illustré Magazine" se sont associés

    pour mettre sur pied ce débat animé par le Père Longchamp, rédacteur en

    chef de l’hebdomadaire catholique genevois. Avec, en toile de fond, la place qu’occupe aujourd’hui l’Eglise dans les médias.

    "Le message de Jésus-Christ ne passe pas dans les médias", a regretté

    l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. "L’Eglise a une richesse à transmettre, mais personne dans la presse ne le demande". Constat sévère sur

    une presse qui doit souvent sacrifier la complexité du message biblique au

    sensationnel.

    En évoquant la dernière encyclique du pape, "L’Evangile de la vie", et

    les polémiques qu’elle a soulevées, François Dayer, rédacteur en chef du

    "Nouvelliste et de la Feuille d’Avis du Valais", a pour sa part fait remarquer que "l’Eglise qui interdit passe mieux que celle qui comprend. Les médias sont accusés de ne pas transmettre les vraies nouvelles de l’Eglise,

    pire, de donner des fausses interprétations du message.

    L’Eglise, de son côté, admet une certaine incapacité de communiquer avec

    le public et de répondre aux attentes de ses fidèles. Henri Tincq, journaliste et directeur de la rubrique "Religion" au quotidien "Le Monde", abonde dans le sens de Mgr Mamie. "Mais les médias ne doivent pas devenir des

    boucs émissaires. Il faut, préconise-t-il, reposer la question de l’action

    des prêtres qui devraient susciter un débat au sein de l’Eglise".

    Les trois intervenants, pourtant, s’accordent sur un point. Il existe un

    mur d’incompréhension entre l’Eglise et les médias dû à leurs engagements

    respectifs. Le message complexe et nuancé de l’un ne s’intègre pas dans les

    contraintes de l’autre: la presse veut du rapide, du court et du spectaculaire. C’est d’autant plus paradoxal qu’elle n’a jamais autant parlé des

    évêques, des encycliques et des conflits au sein de l’Eglise. "L’avis des

    religieux importe de plus en plus au grand public, qui veut avoir des réponses sur les problèmes, par exemple bioéthiques, même si c’est pour les

    critiquer", a relevé H. Tincq.

    Rôle des médias

    Le rôle des médias, aujourd’hui, a des objectifs bien précis, qui se

    sont modifiés par rapport à ceux d’il y a 20 ans. Ils s’intéressent de plus

    près au monde religieux, mais surtout à son impact dans la société. "On ne

    peut plus limiter la rubrique religieuse à une chronique catholique. Aujourd’hui, le problème de l’incidence des religions dans l’espace public

    est important. Je dois parler du judaïsme, par exemple, et de la question

    des enfants qui n’iraient pas à l’école le jour du Sabbat, ou du problème

    du voile en classe porté par des jeunes islamistes, du bouddhisme qui s’implante sérieusement en France, ou encore de tous les nouveaux mouvements

    religieux qui fleurissent ces derniers temps". L’information devient pluriconfessionnelle, devait faire remarquer le journaliste français.

    La société a changé, la presse s’est adaptée, reste à l’Eglise à se moderniser dans le même sens... "Il faut s’adapter aux médias... certainement, les futurs évêques devront suivre des cours de communication, être

    télégéniques et avoir une voix radiophonique", a ajouté non sans humour Mgr

    Mamie, qui en a appelé à l’honnêteté de l’information, au sens critique du

    lecteur et du journaliste.

    La responsabilité du journaliste a été l’un des aspects essentiels abordé lors de ce débat. Elle se résume, a-t-on dit, dans le respect des croyants, mais aussi dans la fonction de désamorçage des tensions entre les

    religions. (apic/la/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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