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    apic/Croatie/Réfugiés musulmans

    Croatie: Oubliés de tous, 25’000 musulmans réfugiés

    de Vojnic ne veulent pas retourner en Bosnie-Herzégovine (280995)

    Installés dans des camps provisoires, ils n’existent officiellement pas

    Vojnic, Croatie, 28septembre(APIC) Oubliés de beaucoup, quelque 25’000

    musulmans réfugiés en Croatie ne veulent pas retourner en Bosnie-Herzégovine. Entassés dans des camps de fortune près de Zagreb, ils craignent la répression, à la merci qu’ils sont de la première rumeur.

    Dragon est un petit garçon de six ans. Il est l’un des 25’000 réfugiés

    de l’ex-Yougoslavie qui, officiellement, n’existent pas. Oubliés des médias, ils ont trouvé refuge dans un camp provisoire de réfugiés près du

    village croate de Vojnic.

    Le père de Dragon était partisan du rebelle musulman Fikret Abdic - qui

    se fait appeler "président de la Bosnie occidentale" - opposé au président

    bosniaque Izetbegovic et au gouvernement de Bosnie-Herzégovine.

    A la fin 1993, Fikret Abdic avait fait sécession et proclamé un Etat indépendant dans la région de Velika Kladusa au nord de l’enclave de Bihac,

    zone qui a été reprise par le gouvernement bosniaque en août dans le cadre

    de l’offensive militaire bosniaque et croate.

    Les 25’000 hommes, femmes et enfants, ont fui au nord après la prise de

    la ville et depuis lors, ils vivent dans des abris de fortune sur une bande

    de terre longue de 6,5 kilomètres près de Vojnic, à environ 80 kilomètres

    au sud de la capitale croate Zagreb. "Quand il pleut, c’est l’enfer", se

    lamente l’oncle de l’enfant.

    Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) distribue

    du pain et de l’eau, et la Croix-Rouge internationale est active sur le

    terrain. Mais il n’existe aucun système de cartes de rationnement et les

    vivres n’arrivent que très irrégulièrement.

    A aucune catégorie

    Les enfants sont les plus touchés. Nombreux sont les réfugiés qui souffrent de bronchite et de diarrhée. La mère de Dragon est enceinte et

    devrait accoucher en novembre. Elle ne sait pas si elle sera encore à

    Vojnic pour l’accouchement. Même si elle le voulait, elle ne pourrait pas

    retourner à Velika Kladusa. Elle n’a pas de papiers d’identité. Le camp est

    surveillé par la police croate et personne ne peut sortir sans carte

    d’identité.

    La définition officielle de réfugiés ne s’applique pas aux partisans de

    Fikret Abdic. Ils ne figurent dans aucune catégorie, et c’est pourquoi

    l’aide humanitaire internationale est encore plus difficile à obtenir. Toutes sortes de rumeurs courent dans le camp. Certains disent que les EtatsUnis accepteront 3’000 partisans d’Abdic, d’autres pensent qu’une zone sera

    créée, dans la région de Velika Kladusa, sous supervision turque et croate.

    Chaque rumeur engendre des espoirs pour ensuite disparaître comme une bulle

    de savon.

    La Croatie, qui abrite déjà 400’000 réfugiés, ne veut pas que les musulmans restent. Mais ce que les partisans d’Abdic ne veulent pas, c’est retourner vivre sous le régime du président bosniaque Izetbegovic. Ils ont

    peur de représailles, et craignent que la Bosnie-Herzégovine ne devienne un

    Etat islamique fondamentaliste.

    Izetbegovic a promis une amnistie. Mais les réfugiés n’y croient pas.

    C’est pourquoi Dragon et sa famille, avec les autres réfugiés, restent à

    Vojnic, livrés à leur sort. Abandonnés. (apic/eni/pr)

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