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    apic/Croatie/Baptêmes forcés/Réfutation catholique

    Serbie: Le ministre des Affaires étrangères (040195)

    accuse les Croates de prosélytisme religieux

    Des conversions forcées, comme aux temps du fascisme; Démenti catholique

    Zagreb, 4janvier(APIC) "Comme aux temps du régime fasciste d’Anté Pavelic", le gouvernement croate serait responsable de conversions forcées au

    catholicisme de membres de la minorité serbe de Croatie. Belgrade a saisi

    l’ONU, provoquant mercredi un démenti indigné de la Conférence épiscopale

    catholique de Croatie à Zagreb.

    C’est le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale de

    Yougoslavie à Belgrade, Vladislav Jovanovic, qui a accusé la Croatie de

    violer gravement les droits civils et politiques de la minorité orthodoxe

    serbe de Croatie et de son clergé. Dans une lettre adressée au secrétaire

    général de l’ONU, Boutros Gahli, le ministre reproche au gouvernement croate actuel de poursuivre les pratiques du régime fasciste d’Ante Pavelic,

    d’expulser les Serbes de Croatie et de faire du prosélytisme catholique,

    rapporte l’agence de presse Tanjug à Belgrade.

    Le ministre serbe condamne en particulier la pratique dans les écoles et

    les jardins d’enfants. Selon lui les enfants orthodoxes qui ne fréquentent

    pas le catéchisme catholique sont maltraités. Les parents orthodoxes, écrit

    Tanjug, pour protéger leurs enfants, demandent à l’Eglise orthodoxe des

    certificats de baptême pour leurs enfants. Ils les donnent aux prêtres catholiques qui rebaptisent tout de même les enfants serbes et les font participer au cours de catéchisme à l’école.

    Jovanovic affirme que des informations faisant état du baptême de 10’000

    enfants serbes ont été présentées au parlement croate à Zagreb. Un député,

    qui a présenté ces données, aurait été attaqué physiquement par un représentant du HDZ, le parti au pouvoir.

    Aux affirmations catholiques selon lesquelles l’Eglise serbe est incapable d’organiser sa catéchèse, le ministre serbe oppose le fait que les

    églises orthodoxes ont été détruites que les prêtres ont été arrêtés et

    torturés dans les prisons. Jovanovic ajoute qu’un grand nombre de prêtres

    ainsi que cinq évêques ont été expulsés de Croatie et que tout retour leur

    est interdit. Ils ne peuvent de toute façon pas rentrer parce que leurs

    églises sont détruites.

    Mgr Marko Culej, responsable des médias au sein de la Conférence des

    évêques catholiques de Croatie, a dit mercredi sa suprise face aux accusations du ministre yougoslave. L’Eglise catholique se précoccupe sérieusement de la présence d’enfants orthodoxes dans les classes de catéchisme

    catholique, affirme-t-il. Ce nombre est de toute façon relativement réduit

    et les enseignants ont reçu des consignes claires pour éviter tout prosélytisme et mettre au premier plan les valeurs communes aux deux confessions.

    Les prêtres catholiques ne pratiquent pas le rebaptême des enfants, d’autant plus que l’Eglise catholique reconnaît la validité du baptême orthodoxe, tient-on à préciser du côté de l’Eglise catholique à Zagreb.

    Des prêtres qui pratiqueraient le rebaptême seraient en rupture avec

    l’Eglise et passibles de condamnations canoniques, souligne-t-on. Le chiffre de 10’000 baptêmes lancé au parlement croate par des députés serbes ne

    repose sur aucune base solide. De même affirmer que les prêtres et les évêques serbes ont été expulsés de Croatie et ne peuvent y revenir est faux,

    ajoute-t-il.

    Ainsi, note Mgr Culej, le métropolite Jovan Popovic, qui n’hésite pas à

    attaquer publiquement le gouvernement croate, dispose de papiers en règle

    et a notamment célébré la messe lors de la fête de St-Nicolas dans une

    église de Zagreb. S’il est vrai que des églises orthodoxes, catholiques et

    des mosqués ont été détruites pendant la guerre, c’est le cas aussi de nombreux autres monuments culturels. Si les prêtres orthodoxes veulent revenir, ils devront comme les catholiques, de contenter de constructions provisoires. Concernant le catéchisme, les écoles croates sont ouvertes à tous

    sans condition. (apic/ika/mp/be)

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