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    apic/Convention de bioéthique/Conseil de l’Europe/CCEE/Evêques européens

    Genève: La Convention de bioéthique du Conseil de l’Europe (280295)

    passée au crible par les évêques catholiques européens

    Le projet de Convention présente encore de graves lacunes

    Genève/St-Gall, 28février(APIC) Le présidium du Conseil des Conférences

    épiscopales d’Europe (CCEE), réuni dimanche 26 février à Genève, a passé au

    crible la Convention de bioéthique du Conseil de l’Europe, qui est en cours

    de préparation. Un projet de Convention louable, mais qui comporte encore

    de "graves lacunes" aux yeux des évêques européens.

    Dans un communiqué publié ce mardi à St-Gall par le secrétariat du CCEE,

    les évêques saluent certes les efforts du Conseil de l’Europe pour parvenir

    à des directives éthiques communes destinées à protéger la vie humaine dans

    le domaine de la biolgoie et de la médecine, mais ils constatent cependant

    que le projet de Convention présente encore de graves lacunes.

    Protéger intégralement la dignité humaine et les droits de l’homme

    La présidence du CCEE, composée du cardinal Miloslav Vlk, archevêque de

    Prague, président, et des vice-présidents Istvan Seregély, évêque d’Eger,

    en Hongrie, et Karl Lehmann, évêque de Mayence, considère que des réglementations protectrices s’imposent d’urgence pour combler le semi-vide juridique dans ce domaine. Néanmoins, précisent les responsables du CCEE, "en sa

    présente version, le texte actuellement en projet ne peut parvenir au but

    qu’il s’est lui-même fixé, à savoir protéger globalement et intégralement

    la dignité humaine et les droits de l’homme dans le domaine de la biomédecine".

    La recherche sur les embryons désormais fondamentalement licite?

    Le CCEE regrette que les députés au sein de l’Assemblée parlementaire du

    Conseil de l’Europe ne soient pas parvenus à un consensus garantissant la

    protection de l’embryon humain. Seule la conception d’embryons à des fins

    de recherche est interdite. Maintenant que les projets de texte ne prévoient plus d’autorisation de recherche sur l’embryon limitée dans le

    temps, la Convention ne contient plus aucune restriction à ladite recherche. Ainsi, aux termes du nouveau projet, la recherche sur les embryons est

    fondamentalement licite. "Il s’agit là d’une atteinte grave à la dignité de

    la vie humaine, qui à aucun stade de son développement ne saurait être utilisée comme une chose".

    "Ce serait un aveu d’incapacité que, sur ce thème central de l’éthique

    humaine, puisqu’il concerne l’intangibilité de la vie humaine, le consensus

    ne puisse s’établir au niveau européen", déplorent les évêques, pour qui la

    vie humaine est un don du Créateur, et n’a pas été créée par l’homme. Par

    conséquent, "jamais la vie humaine ne devra être utilisée et traitée comme

    une matière".

    Les réglementations protégeant les handicapés mentaux et autres personnes incapables d’exercer leurs droits ont été considérablement améliorées

    par rapport aux projets de texte plus anciens. Les interventions ne peuvent

    plus être effectuées que dans l’intérêt immédiat de la personne concernée

    et la protection de la personne a été considérablement renforcée. Les évêques européens remercient l’Assemblée parlementaire pour ces améliorations.

    Ils soulignent que les interventions sur le génome humain ne seront possibles qu’à des fins préventives, thérapeutiques ou de diagnostic, et

    qu’elles doivent dans tous les cas exclure une intervention dans le conduit

    germinatif humain. Et les responsables du CCEE de demander que l’on exclue

    avec tout autant de clarté, en anticipation des tests génétiques, tous les

    abus pratiqués à des fins eugénistes. En outre, le clonage humain devrait

    être strictement interdit.

    Le droit à l’objection de conscience du personnel médical?

    Les évêques européens demandent aussi que la Convention de bioéthique

    ancre le droit du professionnel de la santé à décider librement en son âme

    et conscience. Sans mentionner explicitement par exemple le droit à l’objection de conscience en matière d’avortement, ils demandent que la Convention énonce clairement que les professionnels de la santé, lors de l’exercice de leur art, ne sauraient être contraints à agir contrairement à leurs

    convictions morales et religieuses. En conclusion, la présidence du CCEE

    estime qu’il est dans l’intérêt de l’union de l’Europe que la discussion

    sur les fondements spirituels d’un texte d’une telle importance se déroule

    sur la base la plus large possible. "Ce n’est que sur ce chemin que se fortifiera la confiance en l’unification de l’Europe". (apic/com/be)

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