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    apic/Congrès de Stockholm/prostitution enfantine

    Stockholm: Congrès mondial contre l’exploitation

    sexuelle des enfants du 27 au 30 août (230896)

    Halte à la prostitution et à la pornographie enfantines!

    Bruxelles, 23août(APIC) Le premier congrès mondial contre l’exploitation

    d’enfants à des fins sexuelles aura lieu du 27 au 30 août prochain à

    Stockholm (Suède). Ce congrès organisé par l’UNICEF et ECPAT (End Child

    Prostitution in Asian Tourism) se propose de faire le point sur les ravages

    de la prostitution enfantine et d’interpeler les gouvernements et les

    touristes sur ce fléau. La délégation d’ECPAT-Belgique a présenté les

    enjeux de la rencontre avant son départ pour la capitale suédoise.

    Comment mettre fin à la prostitution des enfants, qui s’est

    considérablement développée à la faveur du tourisme à travers le monde? La

    question était déjà au centre d’une Conférence internationale tenue en mai

    1990 à Chiangmai, au nord de la Thaïlande. Depuis, le réseau international

    ECPAT s’est créé en Asie pour contribuer à l’information en la matière et

    pour appuyer des initiatives politiques et juridiques.

    ECPAT et l’UNICEF sont à l’origine de ce premier Congrès mondial contre

    l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales.

    En pleine campagne

    Le Congrès de Stockholm est, pour ECPAT, au coeur d’une campagne de six

    ans, lancée dans un triple but : faire connaître les ravages de la

    prostitution des enfants, (plus d’un million de victimes à travers le

    monde, notamment en Asie); interpeller les autorités nationales et

    internationales pour lutter contre ce fléau; interpeller les touristes et

    agences de voyages pour favoriser un tourisme plus respectueux.

    "Mais le problème est mondial et ne sera résolu que par des réponses

    concertées sur le plan mondial", souligne Katlijn Declercq, permanente

    d’ECPAT-Belgique. Les touristes qui se promènent sur les plages de Colombo

    ou sur les trottoirs de Bangkok viennent de partout, constate Sophie Wirtz,

    elle aussi déléguée d’ECPAT au Congrès de Stokcholm.

    Quatre champs à explorer

    A Stokholm, ce premier congrès mondial contre l’exploitation sexuelle

    des enfants réunira des autorités officielles et des ONG.

    Quatre aspects du problème seront abordés dans les séances de travail.

    Le premier mettra en rapport la prostitution enfantine avec la prostitution

    en général. Banaliser la prostitution, la légitimer par la pauvreté, c’est

    encourager la prostitution des enfants, souligne ECPAT. Or, cette

    exploitation des enfants à des fins sexuelles s’aggrave depuis quelques

    années à cause d’un "déferlement de touristes de pays développés dans les

    pays pauvres". Les effets sont dramatiques: les touristes qui "consomment

    du sexe" et abusent des enfants "préfèrent ignorer que ces enfants sont

    exploités par des réseaux qui les enlèvent ou les achètent", signale ECPAT,

    "et qu’ils subissent des lésions psychiques et physiques irréversibles, qui

    les mènent souvent à la mort".

    Un second aspect concerne la pornographie enfantine. Née dans les pays

    scandinaves dans les années 70, elle réussit désormais à franchir les

    barrières législatives. Le manque de précisions légales sur les abus visés,

    la clandestinité de la pornographie, la généralisation des caméras vidéo et

    l’extension d’un réseau informatique comme Internet ont compliqué la

    répression.

    La vente et le trafic d’enfants feront aussi l’objet de séances de

    travail à Stockholm. Ici encore, l’évolution est inquiétante: réseaux

    élargis, "approvisionnements" plus réguliers, sans parler de mainmise sur

    les victimes par toutes sortes de violences.

    Enfin, "l’abuseur" retiendra aussi l’attention. Non seulement l’amateur

    pervers d’enfants non pubères: le pédophile - à l’exemple de Marc Dutroux

    récemment en Belgique - passionne les médias mais ne représente que 1 % de

    la "clientèle" de la prostitution enfantine. La plupart des "clients" sont

    des "abuseurs" occasionnels.

    Des mesures concrètes

    Les représentants d’ECPAT espèrent une prise de conscience mondiale et

    des mesures concrètes.

    Actuellement, 187 pays ont ratifié la Convention des droits de l’enfant,

    et une série de traités spécifiques. La Belgique s’est ainsi dotée en avril

    1995 de plusieurs lois qui, pour accroître la protection des mineurs,

    renforcent la répression de l’exploitation des êtres humains à des fins

    sexuelles. La loi est une barrière indispensable, remarque Karl Wintgens,

    animateur d’ECPAT-Belgique, mais sur le terrain, "les réseaux de

    prostitution s’étendent et l’âge des victimes baisse". Un des objectifs

    visés est l’obtention de condamnations pour des délits sexuels commis à

    l’étranger, même dans les pays où il ne sont pas punissables, comme la

    Chine.

    Mais d’autres mesures que la répression seront encouragées à Stockholm:

    depuis la prévention et l’éducation jusqu’à la coopération avec les

    industriels du tourisme, en passant par différentes formes d’aide aux

    victimes et de traitement des abuseurs.

    La présence des ONG est un atout majeur du Congrès de Stockholm car,

    insiste ECPAT, les meilleures lois du monde ne remplaceront jamais la

    volonté de les appliquer, la vigilance sur le terrain, la concertation

    entre tous les acteurs concernés, et le financement des divers moyens.

    (apic/cip/bl)

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