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    apic/Conférence/Fribourg/divorcés remariés

    Pastorale des divorcés remariés: le Père Schenker ouvre une brèche

    Le bien spirituel des personne peut justifier une dérogation (191095)

    Fribourg, 19octobre(APIC) Le théologien Adrian Schenker, professeur

    d’exégèse à l’Université de Fribourg, ouvre une brèche en matière de pastorale des divorcés remariés, en admettant pour ceux-ci, à certaines conditions et dans des situations particulières, la possibilité de recevoir la

    communion.

    "La loi de l’Eglise veut protéger l’indissolubilité du mariage. Mais

    dans une situation particulière, le bien spirituel des personnes peut justifier une dérogation à celle loi", a notamment affirmé le dominicain, mercredi soir à Fribourg, au cours d’une conférence organisée par le mouvement

    "Etre homme et femme aujourd’hui.

    La question des divorcés remariés constitue un sujet brûlant dans

    l’Eglise catholique. En septembre 1993, trois évêques du Bade-Würtemberg

    admettaient dans une lettre pastorale l’accès des divorcés remariés à la

    communion à certaines conditions. Un an plus tard, le Vatican remettait les

    pendules à l’heure en rappelant avec insistance la position de l’Eglise en

    la matière: auncun accès possible à la communion pour ceux-ci.

    L’intérêt de la conférence donnée mercredi par le Père Schenker sur "La

    situation des divorcés dans l’Eglise" n’en était que plus grand. Par un

    discours exigeant et empreint de confiance, l’orateur a cherché à rendre

    plus compréhensible la position de l’Eglise. Il a également ouvert quelques

    pistes pastorales pour l’avenir et demandé aux prêtres d’autoriser dans

    certains cas l’accès au sacrements, au nom de l’Eglise.

    L’Eglise ne peut plus fermer les yeux

    "C’est un sujet difficile et qui nous touche de près. Chacun parmi nous

    a des proches qui se trouvent dans cette situation", a d’emblée constaté

    Adrian Schenker devant une centaine de participants de tous bords. Avant

    d’aborder le coeur de la question, le dominicain a situé le sens du mariage

    dans la tradition catholique, en réaffirmant notamment son indissolubilité,

    basée sur les paroles du Christ lui-même. Ce que Dieu a uni, l’homme n’a

    pas le droit de le séparer. Cette communauté de vie, a-t-il rappelé, est le

    lieu où les époux s’aiment et se respectent. "C’est un idéal élevé, mais

    aussi une grande valeur pour une société. Les familles heureuses contribuent au bonheur de toute la population d’un pays"

    Mais les conditions de la réussite d’un mariage heureux sont nombreuses

    et difficiles. Fort de son expérience d’accompagnement des couples, le dominicain cite, parmi les causes d’augmentation des divorces, l’effritement

    des grandes familles, la longue durée de la vie du couple en raison de

    l’augmentation de l’espérance de vie, les changements du rôle de l’homme et

    de la femme dans le foyer, ainsi qu’une mentalité ambiante qui fait douter

    du bien-fondé du mariage chrétien.

    "L’Eglise ne peut plus fermer les yeux devant ces difficultés. Il ne

    suffit pas de dire ce que le mariage devrait être, ou ce qu’il est dans la

    situation idéale. Il faut encore exprimer une parole utile et qui aide les

    croyants qui ont eu de la malchance avec leur mariage", a lancé le conférencier.

    Avant d’aborder la question des divorcés remariés, Adrian Schenker a

    rappelé que les divorcés qui n’ont pas recontracté de mariage accèdent sans

    restriction à tous les sacrements. L’orateur a admis qu’une séparation est

    parfois nécessaire pour clarifier certaines situations et pour obliger chacune des parties à accomplir ses devoirs à l’égard de son conjoint et de

    ses enfants.

    "Dans notre société, une personne divorcée, et notamment une femme qui

    ne se remarie pas tout de suite, est facilement objet de mépris et parfois

    de sourires entendus", constate-t-il, avant d’en appeler à la solidarité et

    à l’écoute. "C’est une épreuve terrible, qui engendre un sentiment de culpabilité, de regret et de l’amertume, même parfois des tracasseries liées

    au procès et au droit de garde des enfants, ainsi que la solitude et la

    distance que beaucoup d’amis mariés prennent après le divorce".

    En aucun cas excommuniés

    Quant à la situation des divorcés remariés, le Père Schenker a d’abord

    rappelé qu’ils n’étaient en aucun cas excommuniés. Ils continuent à faire

    partie de la communauté ecclésiale et peuvent participer à la vie de

    l’Eglise. La seule restriction concerne l’accès à la communion.

    Reprenant les conclusion du Synode 72, le conférencier a cité quatre attitudes qui permettent aux personnes concernées par un remariage de se rapprocher de l’Evangile: la demande de pardon face à la rupture du premier

    mariage; la volonté de bâtir le nouveau mariage sur des bases chrétiennes;

    le désir de recevoir les sacrements pour des motivations chrétiennes; le

    respect de la communauté dans laquelle le couple est inséré, notamment dans

    le cas où un acte public de réception de sacrement provoquerait un scandale.

    En conclusion, le dominicain a lancé quelques pistes pour la pastorale

    des divorés remariés. "Ces personnes ne doivent pas rester seules. Elles

    doivent s’adresser à un prêtre de bon conseil, qui pourra leur parler au

    niveau de la conscience et du pardon sacramentel". Quant à la participation

    à la vie de l’Eglise, elle ne se limite pas à l’eucharistie. Les divorcés

    remariés ont la possibilité d’exercer toute les autres formes de pratique

    et d’engagement. "A l’exception de certains ministères comme assistants

    pastoraux ou catéchistes". A propos de la possibilité d’accéder à la communion, le Père Schenker l’admet dans certaines situations. "La loi de

    l’Eglise, qui repose sur la parole de Dieu, veut protéger l’indissolubilité

    du mariage. Mais il y a des cas que cette loi générale ne peut pas prévoir", a-t-il conclu en souhaitant que l’Eglise et les divorcés cherchent à

    suivre avec fidélité le Christ qui enseigne que le mariage est indissoluble, mais qui accueille chacun sans exclusion. (apic/bb(pr)

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