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    apic/Conférence des évêques suisses/Constitution/Evêchés/Drogue/Koch

    Berne:Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses(070396)

    La CES souhaite la suppression de l’article d’exception sur les évêchés

    "Un article obsolète, discriminatoire, indigne de la Constitution"

    Berne, 7mars(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) souhaite la

    suppression pure et simple, dans le nouveau projet de Constitution suisse,

    de l’article d’exception maintenant l’obligation de l’approbation des autorités fédérales en cas de création de nouveaux évêchés en Suisse. "C’est un

    article obsolète, discriminatoire, indigne de la Constitution", a déclaré

    jeudi le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la CES.

    Lors de sa traditionnelle conférence de presse à Berne à l’issue de son

    assemblée ordinaire qui s’est tenue à Notre-Dame de la Route à Villars-surGlâne, près de Fribourg, Mgr Henri Salina, président de la CES, a estimé

    que cet article est en contradiction avec la liberté religieuse. L’Eglise

    catholique doit avoir, comme les autres confessions en Suisse, le droit de

    s’organiser elle-même, sans interférence.

    Avant tout une nécessité pastorale

    La réorganisation des diocèses a avant tout une dimension pastorale, répondant aux nécessités de la base; rien à voir avec un "ukase de la curie

    romaine qui nous tomberait sur la tête", a-t-il lancé. En cas d’abolition

    de l’"article sur les évêchés", il y aurait de toute façon des discussions

    avec les autorités compétentes.

    Saluant les efforts accomplis en vue de la réforme de la Constitution

    fédérale, les évêques suisses, dans le cadre de la procédure de consultation, ont adopté une prise de position d’une cinquantaine de pages, avec de

    nombreuses propositions d’amendements. Concernant le préambule de la Constitution, "Au nom de Dieu Tout Puissant.....", la CES se prononce résolument en faveur du maintien de l’invocation de Dieu, qui exprime que tout

    Etat trouve son fondement ailleurs qu’en lui-même. Une conception qui ne

    correspond pas qu’au christianisme, mais aussi au judaïsme et à l’islam.

    La CES souhaite également que l’on supprime l’article 121 sur la nonélégibilité des prêtres au plan fédéral, un article également "dépassé" qui

    ne correspond pas à la sensibilité juridique actuelle. Le P. Trauffer a

    souligné cependant que le droit canon de l’Eglise catholique interdit

    toujours aux clercs de revêtir des fonctions politiques.

    Concernant les objectifs sociaux, la CES en approuve l’introduction,

    mais souhaite que l’intégration des étrangers soit explicitement mentionnée. Au chapitre sur les droits fondamentaux, à l’article 9, qui stipule

    que "toute personne a droit à la vie" et que "la peine de mort est interdite", la CES demande que l’on précise qu’il s’agit ici de l’intégralité de

    la vie humaine: de son début et à sa fin naturelle. Sont notamment visés

    l’avortement et l’euthanasie. Pour la CES, il faut mentionner que la dignité de toute homme est inviolable.

    Politique de la drogue: non aux solutions radicales

    En matière de problèmes de drogue, assez prioritaires du point de vue

    pastoral, la CES aimerait plutôt parler de "dépendances" (ce qui concerne

    également l’alcool, la cigarette, mais aussi le jeu). Ici, les évêques

    suisses disent non aux solutions radicales et extrêmes. Ils cherchent ainsi

    une "troisième voie", médiane entre une interdiction absolue et une libéralisation totale.

    Pour Mgr Salina, ce que veut l’initiative "Jeunesse sans drogues" est

    irréaliste et utopique: "C’est se mettre la tête dans le sable!" Par contre, pas question de dépénalisation totale et que la drogue soit accessible

    librement. Mais l’on s’affirme en faveur du pluralisme des thérapies, laissant ainsi la porte ouverte aux essais contrôlés de distribution d’héroïne.

    Toujours dans le domaine de la drogue, la CES va poursuivre son engagement

    en renforçant la coordination à l’intérieur de l’Eglise, si possible en

    collaboration oecuménique et avec l’aide d’oeuvres d’entraide. Elle va mettre sur pied un organisme d’Eglise permanent travaillant dans ce secteur.

    Notons encore que Mgr Salina a salué au nom des évêques suisses l’important travail de l’Action de Carême en ce qui concerne l’éducation et la

    sensibilisation aux questions de justice et de solidarité au niveau mondial. Commentant les tendances actuelles au Parlement - législation sur les

    exportations d’armes (affaire des avions Pilatus) et loi sur le travail

    (menaces sur le dimanche, travail de nuit des femmes, etc.), le président

    de la CES a déploré une "dérive dangereuse", à savoir que de plus en plus

    les hommes sont soumis aux seuls impératifs de l’économie. (apic/be)

    Encadré

    "Une relique du Kulturkampf"

    La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, après avoir consulté

    ses 22 Eglises membres - s’est déclarée le 1er mars dernier favorable au

    maintien dans la Constitution de l’al.4 de l’ancien art. 50, (al.4,

    art.12, dans le nouveau projet) soumettant à autorisation fédérale la

    création de nouveaux évêchés en Suisse. Le Conseil de la FEPS ne voit pourtant en principe aucune raison constitutionnelle, ecclésiastique ou oecuménique de maintenir cet article, mais se plie à l’avis de la majorité de ses

    Eglises membres. Une seule des 22 Eglises membres de la FEPS, celle de StGall, en souhaite l’abolition. Pour la FEPS, la problématique ne se situe

    pas tant au plan juridique qu’"au plan politique et symbolique".

    La Conférence des évêques suisses qualifie cet article de législation

    d’exception, de "relique du Kulturkampf" discriminatoire et qui ne vise

    dans la pratique que les catholiques-romains. "La position des Eglises protestantes nous laisse quelque peu pantois; bien qu’elles nous déçoivent un

    peu, nous n’allons pas pour tout autant mettre en cause la collaboration

    oecuménique", a précisé à l’APIC Mgr Henri Salina, président de la CES.

    D’autant plus que certains milieux catholiques, comme la Conférence centrale catholique romaine (RKZ), qui regroupe les organisations ecclésiastiques cantonales, ne sont pas pour l’abolition pure et simple de cet

    article. La RKZ conteste d’ailleurs que cet article soit discriminatoire.

    Il s’agit pour elle d’une "norme spéciale" justifiée par le fait que les

    questions diocésaines et de désignation d’évêques ne sont pas des affaires

    exclusivement internes à l’Eglise catholique.

    La RKZ considère que le problème des évêchés est une question "mixte"

    dont la portée est à la fois confessionnelle et politique. De plus, la norme spéciale est justifiée par le fait que le Siège apostolique, compétent

    pour la création des diocèses, est un sujet de droit international et agit

    en cette qualité. (apic/be)

    Encadré

    Mgr Koch, cible des milieux catholiques ultra-conservateurs

    Le P. Trauffer a confirmé que le nouvel évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, a

    été la cible des milieux catholiques conservateurs d’extrême-droite qui

    l’ont dénoncé à Rome, mais, à l’instar de Mgr Koch, il s’est refusé à nommer ces milieux traditionalistes, pour ne pas accentuer encore la polarisation dans l’Eglise. Le nonce et le secrétariat de la CES avaient d’ailleurs

    souligné en son temps que le retard pris dans la confirmation de l’élection

    du nouvel évêque de Bâle l’an dernier n’était pas dû à Rome, mais que les

    causes en étaient en Suisse. "A l’époque, nous savions déjà que des dénonciations avaient été envoyées à Rome pour empêcher cette élection, et Rome

    devait en vérifier la véracité et la provenance", a précisé le P. Trauffer.

    (apic/be)

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