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    Fribourg: les relations Eglise-Etat en Pologne (300594)

    apic/concordat/Pologne

    Le cardinal Glemp craint un refus du concordat

    Fribourg, 30mai(APIC) Pour Mgr Jozef Glemp, primat de Pologne, le risque

    que le parlement polonais refuse de ratifier le concordat signé le 28 juillet 1993 avec le Saint-Siège est bien réel. Un échec serait très dommageable, non seulement pour l’Eglise, mais aussi pour l’image de la Pologne sur

    le plan international. Le concordat est en fait un texte tout à fait moderne, garantissant parfaitement à ses yeux l’autonomie et l’indépendance réciproques de l’Eglise et de l’Etat dans le respect de la démocratie et de

    la liberté religieuse.

    Retraçant lundi, lors d’une conférence à l’Université de Fribourg, le

    contexte socio-historique de l’élaboration du concordat, le cardinal a

    insisté sur le fait qu’il n’est pas question de séparation de l’Eglise et

    de l’Etat, terme négatif et trop marqué par l’histoire des Etats

    totalitaires, mais de juste respect de l’autonomie des deux instances.

    Le concordat signé en 1993 par le gouvernement polonais et le Vatican ne

    fait que consacrer l’état de fait existant en Pologne depuis la chute du

    communisme. Ce texte remplace le précédent concordat dénoncé unilatéralement par le gouvernement en 1945 ainsi que le fameux "accommodement" signé

    en 1950 entre les communistes et trois évêques. Ce texte de 1950 était conforme aux intérêts de l’Eglise et lui fut très profitable puisqu’il permit

    aux évêques de lutter contre la destruction programmée de l’administration

    ecclésiastique.

    Le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat sous les divers

    régimes communistes d’Europe de l’Est connu bien des avatars, souligne Mgr

    Glemp. On inventa alors la formule pratique selon laquelle l’Eglise était

    séparée de l’Etat, mais pas l’Etat de l’Eglise. D’où la création des Bureaux des Affaires religieuses intervenant dans toutes les questions confessionnelles.

    Deux dispositions du concordat polonais sont particulièrement en cause,

    celle sur l’enseignement religieux dans les écoles publiques et celle sur

    les effets civils du mariage religieux. Pour l’enseignement religieux, le

    principe est celui de la tolérance, remarque Mgr Glemp puisque les petits

    polonais peuvent choisir un enseignement éthique comme alternative à la religion. C’est l’Eglise qui décide du programme et nomme les catéchistes qui

    sont placés sur un pied d’égalité avec les enseignants. Les partisans d’un

    Etat laïc souhaitent que l’enseignement religieux se fasse exclusivement

    hors de l’école. Mais ce n’est pas la volonté de la majorité, explique le

    cardinal.

    Quant au mariage religieux, sa reconnaissance n’affaiblit en rien l’autorité de l’Etat en matière de mariage et de divorce. Pour Mgr Glemp cette

    solution - qui existe par ailleurs dans de nombreux Etats - respecte les

    règles constitutionnelles laïques. Enfin l’objection selon laquelle la signature du concordat avant l’adoption de la nouvelle constitution détermine

    en quelque sorte cette dernière n’est pas valable non plus, estime Mgr

    Glemp. Le concordat admet sans réserve le système démocratique mais prend

    en compte aussi la réalité religieuse des citoyens en Pologne. (apic/mp)

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