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    apic/Conclave commentaires

    Conclave: assurer plus de liberté

    et de responsabilité aux cardinaux électeurs, explique Mgr Mejia (250296)

    Rome, 25février(APIC) Les innovations très pratiques introduites par Jean-Paul II dans la constitution apostolique "Universi Dominici gregis" ont

    surtout pour objet d’assurer un maximum de liberté et de responsabilité

    personnelle aux cardinaux électeurs, a expliqué aux journalistes Mgr Jorge

    Maria Mejia, le secrétaire du collège des cardinaux.

    Jean-Paul II devait y penser depuis longtemps: n’avait-il pas été élu,

    avec les cardinaux Guerri et Thiandoum, membre de la commission chargée des

    aménagements qui ont rendu moins inconfortable le second conclave de 1978,

    celui-là même qui l’a porté sur le siège de Pierre ? Au lieu de l’aménagement précaire du Musée d’art moderne, entre autres, les cardinaux électeurs

    résideront donc dans la Maison Sainte-Marthe, où les appartements comportent tous, même les studios, une salle de bains ! Rendez-vous est pris pour

    une visite de la presse une fois les travaux achevés. Car il a fallu rénover et surélever les deux ailes de l’ancien hospice Sainte-Marthe et placer

    la chapelle au centre.

    Une authentique retraite

    La clôture est maintenue, afin de favoriser l’ambiance d’une authentique

    "retraite" à l’écoute de l’Esprit Saint, expliqué Mgr Mejia. Nouveauté: il

    n’y aura plus d’élection en dehors du Vatican. En cas d’épidémie ou autre

    empêchement, les décisions seront prises au cas par cas par les cardinaux,

    comme en 1800, quand ils se réfugièrent à Venise devant l’arrivée de Napoléon.

    Seule l’élection par scrutin est possible. Il n’y aura plus d’élection

    par "acclamation" (proclamation "libre et spontanée", à haute voix, par les

    électeurs unanimes sous l’"inspiration" du Saint-Esprit) ou par "compromis"

    (par quelques "délégués", lorsque l’élection s’éternisait).

    Là encore, l’accent est mis sur la responsabilité des électeurs. A 120,

    un moment de distraction est toujours possible. L’acclamation présente dès

    lors trop d’incertitudes, source de difficultés ultérieures, a relevé Mgr

    Mejia, évoquant l’"acclamation" d’Urbain VI, qui est à l’origine du Grand

    Schisme, avec l’installation de Clément VII à Avignon). "Déresponsabilisation" encore si on "délègue" l’élection à un petit nombre. Pour Mgr Mejia,

    l’option retenue par Jean-Paul II correspond mieux à notre époque "démocratique".

    Les plus de 80 ans

    Un autre interdit garantit l’indépendance des électeurs par rapport à

    des "conditionnements humains", selon les termes de Mgr Mejia: celle des

    "capitulations", c’est-à-dire d’"accord préalable" à l’élection devenant

    condition pour élire untel. Le candidat se trouverait par la suite "plus ou

    moins lié". Cela n’empêche pas une réflexion sur le "profil" souhaité du

    futur pape, a relevé Mgr Mejia.

    Le secrétaire du collège des cardinaux a encore justifié la norme selon

    laquelle seuls les cardinaux réunis en collège sont électeurs légitimes,

    afin de garantir à la fois la "romanité" et l’"universalité" du successeur

    de Pierre. Quant à la règle des 80 ans, "pour le moment, c’est ainsi", a-til commenté, sans exclure que cela puisse changer demain avec l’allongement

    de l’espérance de vie. Les 60 ans d’hier ne correspondaient-ils pas aux 80

    d’aujourd’hui ?

    Les cardinaux de plus de 80 ans, qui ne participent pas aux scrutins mais toujours aux Congrégations générales - sont invités à animer la prière

    du peuple de Dieu dans les basiliques romaines et dans les diocèses. Pour

    Mgr Mejia, c’est une autre façon de garantir la liberté des électeurs et

    d’associer "toute l’Eglise" à l’élection.

    On attendait du nouveau à propos de la navette entre la maison SainteMarthe et la Chapelle Sixtine: la décision, précise Mgr Mejia, ne nécessite

    aucun "motu proprio": les dispositions seront prises sur le moment même.

    Enfin, ce n’est pas la santé du Pape - en "parfaite condition", selon

    Mgr Mejia, qui motive la nouvelle constitution. Simplement, les canonistes

    ont terminé leurs travaux et le pape les a dûment revus et approuvés. Rien

    n’est dit sur la tradition des "fumées" du Vatican - "folklorique", a commenté Mgr Mejia. "Universi Dominici gregis" a force de loi constitutionnelle de l’Eglise. Elle remplace la constitution de Paul VI "Romano pontifice

    eligendo" du 1er octobre 1975, qui avait déjà remplacé celle de Pie XII

    "Vacantis Apostolicae Sedis" du 8 décembre 1945 et le Motu proprio "Summi

    Pontifici electio" de Jean XXIII du 5 septembre 1962. (apic/imed/pr)

    ENCADRE

    Qui est présent au conclave ? Pour faire face aux besoins personnels et

    de service liés au déroulement de l’élection seront disponibles le secrétaire du collège cardinalice (et de l’assemblée élective), le maître des

    cérémonies pontificales avec deux cérémoniaires et deux religieux chargés

    de la sacristie pontificale, un ecclésiastique choisi par le cardinal doyen

    (ou son remplaçant) pour l’assister dans sa charge, quelques religieux des

    diverses langues (pour les confessions), deux médecins (pour les urgences

    éventuelles) et les personnes chargées des repas et de l’entretien.

    ENCADRE

    Quand commence le conclave ? Après les funérailles du pontife défunt,

    les cardinaux électeurs se réuniront dans la matinée, normalement dans la

    basilique Saint-Pierre, le quinzième jour après la mort du pontife (en tout

    cas avant le 20e jour) pour prendre part à une célébration eucharistique

    solennelle de la messe votive pour l’élection du pape; l’après-midi, ils se

    rendront en habits de choeur en procession solennelle à la Chapelle Sixtine, qui restera isolée jusqúà ce que l’élection soit accomplie.

    ENCADRE

    La rigueur du secret

    La constitution réaffirme avec force le devoir d’observer le secret de

    manière rigoureuse. Toutefois, l’objet du secret est mieux précisé et délimité: il porte sur ce qui concerne directement ou indirectement les scrutins et les opérations de vote.

    Les électeurs prêteront serment. Sauf "nécessité urgente et prouvée",

    ils "s’abstiendront d’entretenir des correspondances épistolaires, téléphoniques ou par d’autres moyens de communication avec des personnes étrangères au cadre où se déroule cette élection". Des contrôles "sérieux et sévères" seront faits "avec l’aide de personnes de toute confiance et de capacités techniques éprouvées" pour que "des moyens audiovisuels de reproduction et de transmission vers l’extérieur ne soient pas subrepticement installés".

    Durant l’élection, il est particulièrement interdit aux cardinaux "de

    recevoir la presse quotidienne ou périodique, de quelque nature que ce

    soit, et d’écouter des émissions radiophoniques ou de regarder la télévision". De même, il leur est interdit "de révéler à toute autre personne des

    informations qui concernent directement ou indirectement les scrutins, de

    même que tout ce qui a été traité ou décidé au sujet de l’élection du pontife dans les réunions des cardinaux, aussi bien avant que pendant le temps

    de l’élection" (cela vaut du reste pour les cardinaux non électeurs). JeanPaul II "ordonne" en outre aux cardinaux électeurs de conserver le secret

    "même après l’élection".

    Le document confirme aussi l’usage de confier à deux ecclésiastiques de

    doctrine et d’autorité morale reconnues la mission d’adresser aux cardinaux

    électeurs, avant le commencement du conclave, deux exhortations ou méditations sur l’importance de l’acte qúils s’apprêtent à accomplir, ceci afin

    de favoriser le climat de spiritualité profonde qui doit entourer les différentes phases de l’élection. (apic/cip/pr)

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