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    apic/Communauté de travail/Oeuvres d’entraide/25 ans/Mondialisation

    Suisse:25 bougies pour le "lobby des sans-voix" (310596)

    La Communauté de travail des oeuvres d’entraide face à la mondialisation

    Berne, 31mai(APIC) La Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide, véritable "lobby des sans-voix" des pays du Sud, a soufflé vendredi ses

    25 bougies à la Maison du Peuple de Bienne en présence du Conseiller fédéral Kaspar Villiger, chef du Département fédéral des finances, de l’ancien

    président haïtien Jean-Bertrand Aristide, et de plusieurs autres personnalités du tiers monde.

    Dans son allocution, Villiger a salué le travail et la compétence de la

    Communauté de travail (CT), dont les organisations membres peuvent compter

    sur près d’un demi-million de donateurs, soit une large base sociale pour

    se faire en Suisse les avocats du tiers monde. Malgré l’état des finances

    fédérales, le grand argentier a assuré que la Confédération poursuivra ses

    efforts en matière de politique du développement durant cette législature.

    Le "syndrôme des caisses vides"

    A l’heure de la mondialisation et de la globalisation des marchés,

    l’existence de la CT, qui regroupe depuis 1971 des organisations de développement confessionnelles et non confessionnelles - Swissaid, Action de

    Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas (depuis 1992) - se justifie plus que jamais. Le fol espoir des années 60 de rendre un jour l’aide

    au développement superflue - une ambition justifiée - est devenu visiblement une utopie:en 1960, le cinquième le plus riche de l’humanité possédait 13 fois plus que les 20% les plus pauvres; cette proportion était 30

    ans plus tard de 18 à 1. "Le fossé n’a fait que de se creuser depuis!"

    A une époque du "syndrôme des caisses vides" et de la restriction des

    budgets publics, l’aide au développement est une victime toute désignée.

    L’an dernier, le Parlement suisse a approuvé pour la coopération au développement environ 1250 millions pour 1996, soit moins de 0,32% du PBN.

    Lancement d’une "Campagne Nord-Sud"

    "Nous sommes bien loin des 0,7% demandés depuis longtemps par les organisations internationales", a déploré Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse et président de la CT, au cours d’une conférence de presse vendredi à Berne. La CT a maintes fois plaidé en faveur d’une augmentation du

    montant de l’aide, mais n’a pu s’opposer à sa réduction. Pour contrer cette

    tendance, elle ne reste pas passive face à l’Etat, mais veut animer la société civile. Elle prépare d’ores et déjà une "Campagne Nord-Sud" qu’elle

    lancera officiellement en janvier 1997 et qui durera jusqu’à la fin 1998.

    L’un des éléments clés en sera le "Manifeste Nord-Sud" pour la Suisse au

    21e siècle, dont le projet sera élaboré dans le courant de cette année.

    Sur la base de ce Manifeste, précise Richard Gerster, directeur de la

    CT, des "dialogues Nord-Sud" seront proposés aux décideurs de la politique

    et de l’économie. Une "Conférence Nord-Sud" sera également tenue fin 1997

    pour débattre du futur rôle de la Suisse à l’égard de l’Afrique, de l’Asie

    et de l’Amérique latine. Pour conclure cette campagne, une "Manifestation

    Nord-Sud" se déroulera en 1998, dans la foulée des festivités officielles

    des 150 ans de l’Etat fédéral.

    Invité par la CT, Veena Siddarth, d’Oxfam International à Washington, a

    rappelé que l’environnement dans lequel travaillent les ONG, les communautés et les organisations de base, a subi de profonds changements ces dernières années: les définitions habituelles du "Nord" et de "Sud" ne sont

    plus appropriées, dans la mesure où nous trouvons des caractéristiques du

    Nord au Sud (technologies de pointe et expertise), tandis que des réalités

    du Sud (pauvreté, précarité) se retrouvent toujours davantage au Nord.

    Au-delà de l’aide financière, le partenariat entre le Nord et le Sud

    V. Siddarth a relevé l’importance de l’intervention des ONG du Nord dans

    leurs propres pays pour la promotion de politiques intérieures équitables

    qui n’engendrent pas la pauvreté et changent le système de consommation. A

    l’instar de la CT, qui attire l’attention sur les changements nécessaires

    au Nord pour arriver à un développement durable. Pour la militante d’Oxfam,

    il est clairement établi que ce sont les organisations du Sud qui doivent

    intervenir dans leur propre pays, et les réseaux d’ONG du Nord peuvent les

    aider à renforcer leurs capacités d’action. En résumé, a-t-elle lancé, les

    ONG du Sud veulent un véritable partenariat avec leurs homologues du Nord,

    et sortir de relations purement financières. (apic/be)

    Encadré

    Succès et échecs de la Communauté de travail

    Au cours de son quart de siècle d’existence, la CT peut se targuer de

    beaux succès:pétitions nationales pour augmenter l’aide publique au développement en 1983, pour un commerce équitable en 1986, aboutissant à la

    création de la Fondation Max Havelaar (son "café équitable" occupe une part

    de marché de plus de 5% dans le commerce de détail), pour le désendettement en 1989, qui a permis la mise sur pied d’un fonds de désendettement du

    tiers monde de 500 millions de francs lors des 700 ans de la Confédération.

    "Nous avons aussi connu des échecs", reconnaît Richard Gerster: depuis

    bientôt deux décennies, la CT veut une place dans la Commission de la GRE,

    la Garantie des risques à l’exportation - un instrument essentiel de la politique suisse en matière d’affaires économiques extérieures - mais les

    oeuvres d’entraide n’ont pas encore trouvé place aux côtés des représentants des organisations économiques et de l’administration.

    Les milieux de l’économie, le "Vorort", font obstacle à cette présence

    d’où un "manque de transparence" de la GRE. Echec plus cuisant encore avec

    la Loi fédérale sur le matériel de guerre (LMG). Il y a 25 ans, des canons

    de DCA suisses tiraient sur des avions de la Croix-Rouge au Biafra. Aujourd’hui, des avions Pilatus bombardent les populations civiles de Birmanie, pays où Swissaid est active. La Malaisie, pays partenaire d’Helvetas,

    obtient du matériel de guerre suisse. "Alors que les oeuvres d’entraide

    luttent depuis 25 ans pour rendre la LMG plus sévère, le Conseil national

    ne craint pas d’édulcorer les propositions du Conseil fédéral", déplore R.

    Gerster. Les espoirs de la CT reposent désormais sur le Conseil des Etats,

    dont la Commission pour la politique de sécurité planche depuis hier sur la

    révision de la LMG. (apic/be)

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