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    apic/Colombie/Séminaire objecteurs de conscience

    Colombie: Le séminaire des mennonites

    pour les objecteurs de conscience est toujours fermé (160397)

    Sur ordre de l’armée irritée par l’ampleur de la résistance au recrutement

    Bogota, 16mars(APIC) Les autorités colombiennes refusent toujours d’autoriser la réouverture du séminaire mennonite de théologie "Hacedores de paz"

    (Artisans de paix), fondé en 1994 pour les jeunes objecteurs de conscience.

    Le séminaire est fermé depuis le mois de décembre, sur ordre des militaires, irrités par l’ampleur de la résistance au recrutement militaire.

    Le séminaire a été fondé par un groupe de mennonites pacifistes afin de

    donner aux jeunes en âge de faire leur service militaire - obligatoire en

    Colombie - une alternative pour éviter de porter les armes dans la guerre

    engagée par le gouvernement contre la guérilla. La loi ne reconnaît pas le

    droit à l’objection de conscience, mais les mennonites ont, en ouvrant ce

    séminaire, voulu tirer parti de la clause qui exempte du service militaire

    les séminaristes et les membres du clergé.

    Depuis sa fondation, le séminaire a accueilli plus de 160 étudiants,

    dont trois femmes, bien que ces dernières soient exemptes du service militaire. Le programme d’études comprend des cours sur la paix et le règlement

    des conflits, et des activités sur le terrain, comme la participation au

    nettoyage de fleuves pollués. Le séminaire est patronné par l’Eglise mennonite.

    Le 12 décembre de l’an dernier, la police a présenté un ordre du Ministère de l’éducation notifiant la fermeture du séminaire. Quelques jours

    auparavant, deux séminaristes avaient été recrutés de force puis libérés

    après avoir passé une nuit en caserne, grâce à l’intervention du directeur

    du séminaire, Ricardo Esquivia, et du bureau gouvernemental des droits de

    l’homme.

    Même si le séminaire a été officiellement fermé, "nous continuons notre

    travail, a souligné le directeur, Ricardo Esquivia, et invitons les jeunes

    à s’engager sur la voie de Jésus, et à ne pas suivre le chemin de la guerre. Nous savons que les services de renseignements de l’armée et la section

    antiterroriste de la police ont monté une opération pour enquêter sur nous

    et nous surveiller. Nous leur avons demandé un rapport mais à ce jour notre

    demande est restée sans réponse".

    Selon Ricardo Esquivia, les Colombiens sont de plus en plus critiques à

    l’égard du rôle joué par l’armée dans la vie du pays. (apic/eni/pr)

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