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    apic/Colombie/Objection de conscience/Lutte

    Colombie: La lutte pour que soit reconnue

    l’objection de conscience s’organise (020495)

    Comdamné pour désertion, un jeune homme passe dans la clandestinité

    Bogota, 2avril(APIC) Dans une Colombie secouée par une violence endémique

    et des violations multiples des droits de l’homme - torture, assassinats,

    arrestations arbitraires et "disparitions" -, des chrétiens luttent aujourd’hui pour que soit reconnu le droit à l’objection de conscience. Le

    problème est d’autant plus grand que l’armée colombienne est fortement impliquée - sinon à l’origine - dans les actes de violence et les multiples

    violations.

    Le service militaire est obligatoire pour les Colombiens âgés de 16 ans

    et plus, à l’exception des fils uniques et des jeunes déjà mariés, généralement. Obligatoire? Pour les fils de familles pauvres en tout cas... Pas

    pour les autres.

    Aujourd’hui, le Colombien Luis Gabriel Caldas se cache quelque part dans

    la ville de Bogota pour ne pas aller en prison parce qu’il a refusé de servir... Lorsqu’on sait que servir, en Colombie, signifie trop souvent tuer.

    En janvier 1994, le jeune homme, alors âgé de 19 ans, avait reçu l’ordre

    de se présenter pour le service militaire. Répondant à la convocation, il a

    déclaré qu’il ne voulait pas faire son service militaire pour des motifs

    philosophiques et moraux, mais qu’il était prêt à effectuer un service civil non violent.

    L’armée a reporté sa décision jusqu’au mois de juillet. Entre-temps, des

    associations chrétiennes ont demandé à l’armée de reconnaître au jeune homme le droit à l’objection de conscience. Le Bureau des droits de l’homme du

    gouvernement a porté le cas devant les tribunaux qui ont déclaré que le

    jeune Colombien n’avait pas le droit de refuser d’accomplir le service militaire obligatoire. Aujourd’hui, G. Caldas a été condamné pour désertion.

    Un juge a ordonné son arrestation.

    Depuis lors, Gabriel Caldas vit dans la clandestinité à Bogota. Des associations internationales de défense des droits de l’homme se sont penchées sur son cas et, en janvier 1995, la Commission interaméricaine des

    droits de l’homme a accepté de considérer cette affaire.

    La Constitution voulait... pas l’armée

    L’objection de conscience n’est pas admise en Colombie, même si la Constitution reconnaît le droit fondamental de tout citoyen à ne pas être obligé d’agir contrairement à sa conscience. En mars 1987, le gouvernement

    colombien avait appuyé, lors de la réunion de la Commission des droits de

    l’homme des Nations Unies, une résolution demandant à tous les Etats de reconnaître l’objection de conscience. Mais depuis, le gouvernement colombien

    s’est montré beaucoup plus hésitant. Durant l’élaboration de la nouvelle

    Constitution colombienne en 1991, six propositions sur l’objection ont été

    présentées à la commission de rédaction. L’opposition de l’armée a fini par

    l’emporter. On ne fait plus aujourd’hui mention de l’objection de conscience.

    L’Eglise catholique romaine s’est montrée elle aussi favorable à l’objection. En demandant à la commission de rédaction de reconnaître "le droit

    légitime de certains citoyens à refuser le service militaire". En vain.

    (apic/eni/pr)

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