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    apic/COE Vatican /Raiser

    Genève: le secrétaire général du COE (110495)

    dresse le bilan de sa visite au Vatican

    Genève, 11avril(APIC/ENI) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du

    Conseil oecuménique des Eglises, a été reçu en audience privée par le pape

    Jean-Paul II jeudi dernier 6 avril. Cette rencontre, qui a duré une demiheure et à laquelle assistait le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, s’est déroulée

    dans le cadre d’une visite officielle d’une délégation du COE au Vatican.

    C’était la première fois qu’une telle visite avait lieu depuis l’entrée en

    fonction du pasteur Raiser, en janvier 1993.

    Le programme de cette visite de quatre jours comportait des conversations avec des représentants des quatre conseils pontificaux, de la Secrétairerie d’Etat et des ordres religieux, ainsi qu’une rencontre informelle

    avec la communauté catholique romaine laïque de Sant’Egidio. Pendant leur

    séjour à Rome, le pasteur Raiser et ses collègues se sont également rendus

    auprès des Eglises italiennes membres du COE.

    Le pape et le secrétaire général du COE ont affirmé avec vigueur

    qu’oeuvrer ensemble pour la paix et la réconciliation est une priorité absolue pour toutes les Eglises et pour les hommes et les femmes de bonne volonté. En remettant en présent au pape une coupe, un plat et un pichet qui

    avaient servi lors d’une célébration eucharistique oecuménique à l’Assemblée du COE à Canberra (1991), le pasteur Raiser a parlé du don, confirmation de "notre engagement commun à la recherche de l’unité", et affirmation

    de "notre espoir de voir un jour notre ’koinonia’ (communion) s’exprimer

    par le partage de la pleine communion à la table du Seigneur".

    "Evangelium Vitae" soulève des difficultés sur le plan oecuménique

    Le profond souci de la vie, partagé par les membres de la délégation du

    COE et les représentants officiels du Vatican, s’est trouvé au centre de la

    plupart de leurs discussions. C’est ce qui est ressorti, en particulier,

    d’un "échange préliminaire"- comme on l’a appelé - avec le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens sur la récente encyclique

    Evangelium Vitae. Les représentants du COE ont accueilli avec satisfaction

    l’engagement exprimé au coeur de ce texte qui appelle à construire une société mondiale plus juste et plus humaine dans la perspective de l’Evangile.

    Cependant, tout en constatant que l’encyclique n’ajoute rien aux précédents textes pontificaux sur l’avortement, la contraception et l’euthanasie, la délégation a fait remarquer que les points de vue qui y sont formulés soulèvent des difficultés pour le débat oecuménique sur ces brûlants

    problèmes moraux, rendant presque impossibles l’expression d’un souci pastoral commun et l’élaboration de lignes directrices communes.

    La délégation du COE a déclaré que la responsabilité des Eglises les

    unes à l’égard des autres en ce qui concerne l’enseignement social et moral

    est un principe oecuménique fondamental, soulignant qu’en dépit de leur diversité de vues, les Eglises orthodoxes et protestantes discutent souvent

    ensemble de questions morales par l’intermédiaire du COE. Cela ne signifie

    pas que ces Eglises parviennent à des décisions communes sur ces points. En

    revanche, cela révèle de leur part un engagement vis-à-vis d’une méthode de

    travail fondamentalement différente de celle appliquée dans le cas de l’encyclique.

    La nouvelle encyclique, a dit la délégation du COE, a abordé des questions éthiques en se situant dans une certaine mesure hors de la réalité de

    ceux et celles qui ont à faire des choix moraux. Les pauvres, en particulier les femmes, sont très souvent aux prises avec des contraintes existentielles liées à la "culture de mort" de la société contemporaine, qui les

    placent devant des dilemmes en matière de foi, et ils ont besoin non pas de

    paroles de jugement mais de sollicitude pastorale.

    Préparation du Jubilé de l’an 2000

    La préparation des célébrations de l’an 2000 a également été discutée

    avec le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

    Après la publication de la Lettre apostolique "Tertio Millenio Adveniente",

    le pape a nommé un comité de cinq cardinaux, présidé par le cardinal Roger

    Etchegaray, auquel il a confié le soin de planifier la célébration de l’année jubilaire 2000. Une commission oecuménique a également été nommée, dont

    le secrétaire est Mgr Eleuterio Fortino, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

    La délégation du COE et le Conseil pontifical pour la promotion de

    l’unité des chrétiens ont convenu que le Groupe mixte de travail de l’Eglise catholique romaine et du COE devrait nommer un petit groupe chargé de

    plusieurs questions: examiner dans quelle mesure les responsables de la Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens pourraient prévoir

    des célébrations oecuméniques tout au long de l’an 2000; étudier la possibilité d’une reconnaissance mutuelle du baptême et approfondir l’ecclésiologie baptismale; et enfin faire en sorte qu’au début de ce nouveau siècle

    et de ce nouveau millénaire, toutes les Eglises puissent célébrer Pâques

    ensemble, en signe d’espérance et d’unité. Il a également été proposé que

    le Groupe mixte de travail encourage les conseils nationaux d’Eglises à

    marquer l’an 2000 en donnant aux Eglises de leurs pays respectifs la possibilité de s’exprimer sur la manière dont elles vivent leur ’koinonia’ et la

    célèbrent.

    Le pasteur Raiser avait noté, lors d’un exposé au Centre "Pro Unione",

    que le COE considérait le jubilé comme un commencement, un moment propice à

    la réaffirmation de l’engagement oecuménique et à la formulation d’une vision du mouvement oecuménique pour l’avenir. En 1998, peu avant la fin du

    millénaire, le COE tiendra sa huitième Assemblée, cinquante ans après celle

    qui a vu sa fondation en 1948 à Amsterdam. "Le défi que nous lance un avenir chargé de menaces - la division et la violence croissantes, un véritable "apartheid" entre riches et pauvres et une détérioration progressive de

    toute l’écosphère - est tel que nous devrions revoir notre ordre du jour

    oecuménique de toute urgence," a dit Konrad Raiser. "Les valeurs du jubilé

    que sont la réconciliation et le pardon, la repentance, la restitution et

    la reconstruction devraient nous inciter à dépasser les luttes d’hier pour

    consacrer toute notre énergie à nous attaquer aux questions de vie et de

    survie qui se posent aujourd’hui et se poseront demain, à la lumière de

    l’Evangile du Christ. C’est cet esprit qui devrait caractériser et animer

    tous les efforts du mouvement oecuménique d’ici la fin de notre siècle."

    Collaboration pour la défense de la paix

    Dans ses discussions avec l’archevêque Jean-Louis Tauran, secrétaire

    chargé des relations avec les Etats au sein de la Secrétairerie d’Etat du

    Vatican, la délégation du COE a exprimé ses préoccupations concernant le

    dialogue et la coopération en matière de liberté religieuse. Ce faisant,

    elle a souligné l’urgence toute particulière de cette question en Amérique

    latine et en Europe centrale et orientale, en raison des changements constitutionnels qui limitent les activités de certaines Eglises et leur refusent une existence officielle. Des inquiétudes ont aussi été formulées concernant un certain nombre de conflits dont la religion et les problèmes

    ethniques semblent être les principaux facteurs, en particulier les conflits en ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Burundi et en Angola.

    La délégation du COE a aussi rencontré des représentants du Conseil pontifical "Justice et Paix" et du Conseil pontifical "Cor Unum". Des projets

    ont été ébauchés avec le vice-président du Conseil "Justice et Paix",

    l’évêque Nguyen van Thuan, qui prévoient de travailler plus assidûment au

    dialogue, notamment en faisant cause commune sur un certain nombre de sujets auprès des instances des Nations Unies, en échangeant des points de

    vue sur la pensée sociale et en adoptant des positions communes sur le règlement des conflits dans certaines parties du monde. Dans les discussions

    avec le secrétaire de "Cor Unum", Mgr Ivan Marin, les interlocuteurs, de

    part et d’autre, ont fait observer qu’ils rencontraient les mêmes difficultés en matière d’aide au développement. On examinera les moyens d’améliorer

    l’échange d’informations ainsi que la possibilité d’élaborer un document

    d’étude commun sur la diaconie.

    Durant sa visite au Vatican, le pasteur Raiser était accompagné de la

    secrétaire générale adjointe Mme Mary Ann Lundy, du coordinateur de la Commission des Eglises pour les affaires internationales, le pasteur Dwain

    Epps, du directeur de Foi et constitution, le pasteur Alan Falconer, et de

    M. Georges Lemopoulos, secrétaire exécutif chargé des relations avec les

    Eglises et la communauté oecuménique. (apic/eni/mp)

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