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    apic/COE/Programme de lutte contre le racisme/Dons en baisse/Appel

    Genève:Le racisme n’a pas pris (151296)

    fin avec l’abolition de l’apartheid

    Fonds de lutte contre le racisme du COE: les contributions se raréfient

    Genève, 15décembre (APIC) Le racisme n’a pas pris fin avec l’abolition de

    l’apartheid; pourtant les dons au Fonds spécial de lutte contre le racisme

    du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève se raréfient. Cette baisse des contributions a poussé le secrétaire général du COE à rappeler aux

    Eglises membres de l’organisation l’engagement du COE à combattre le racisme et la nécessité de soutenir le Fonds spécial.

    La liste des dons au Programme de lutte contre le racisme (PLR) montre

    en effet que les contributions au Fonds spécial ont atteint leur niveau le

    plus bas depuis sa création il y a 25 ans. Au début, les Eglises contribuaient pour un montant d’environ 200’000 dollars par an au Fonds spécial,

    destiné à soutenir des organisations luttant contre le racisme sur tous les

    continents.

    Vives attaques contre le PLR pour son soutien à la lutte armée

    Dans les années 70, le Fonds a fait l’objet de vives attaques dans de

    nombreux milieux pour sa politique d’aide aux mouvements de libération engagés dans la lutte armée contre le régime de l’apartheid en Afrique australe, rapporte l’agence de presse oecuménique ENI. Cependant, de nombreuses Eglises ont continué d’apporter leur soutien au Fonds et à ses objectifs, et les contributions versées en 1980 ont atteint le chiffre record de

    quelque 800’000 dollars.

    Depuis 1980, les dons ont baissé, en particulier ces dernières années,

    et la liste des dons pour 1996, qui vient d’être publiée, indique un montant total de 96’500 dollars. Dans une lettre adressée aux 330 Eglises membres, le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, demande aux responsables des Eglises de verser une contribution en 1997 au Fonds spécial.

    Il nous appartient de "réaffirmer" l’engagement du COE à lutter contre le

    racisme, où qu’il se manifeste, écrit Konrad Raiser.

    Deborah Robinson, secrétaire exécutive au Programme de lutte contre le

    racisme, déplore que certaines personnes pensent que le racisme a pris fin

    avec l’abolition de l’apartheid. "Après les changements survenus en Afrique

    du Sud, certaines personnes ont pensé ’c’est bon, c’est fini’, a déclaré

    Deborah Robinson à l’agence ENI. C’était comme si le PLR n’existait plus.

    Les gens avaient assimilé le racisme à l’apartheid, et à court terme, au

    moins, cela a été utile au PLR. Mais à long terme, ce n’est plus le cas."

    Deborah Robinson relève que le PLR et le Fonds ne se sont jamais concentrés uniquement sur l’Afrique australe. Un grand nombre de groupes victimes

    du racisme ont reçu leur soutien, allant des minorités raciales aux EtatsUnis aux Aborigènes d’Australie.

    Selon les chiffres officiels du PLR, dans les dernières 25 années, plus

    d’un millier de dons ont été versés à des communautés et organisations de

    victimes de l’oppression raciale dans 50 pays. Le montant total des dons

    durant 25 ans s’élève à plus de 10 millions de dollars, versés par des

    Eglises membres du COE, des particuliers et des organisations. (apic/enibe)

    Encadré

    Principal bénéficiaire en 96: le peuple Ogoni de Ken Saro-Wiwa, au Nigéria

    Le bénéficiaire du plus important des 17 dons versés cette année par le

    Fonds spécial est le Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP). Le

    peuple Ogoni constitue une minorité ethnique distincte d’un demi-million de

    personnes qui vivent sur les rives nord du delta du Niger. Le MOSOP continue de faire campagne pour la reconnaissance des droits du peuple Ogoni par

    des actions non violentes et ce, en dépit de la répression exercée par le

    gouvernement du Nigéria.

    L’exécution, le 10 novembre 1995, du président du MOSOP, Ken Saro-Wiwa,

    et de huit autres militants, malgré les multiples appels à la clémence lancés au gouvernement du Nigéria, a provoqué l’indignation de la communauté

    internationale. Malgré cela, la répression s’est intensifiée, et le MOSOP a

    été contraint d’entrer dans la clandestinité. Le MOSOP reçoit 13’000 dollars du Fonds spécial. Le MOSOP était représenté lors d’une "réunion de

    stratégie sur le Nigéria" le mois dernier dans la localité vaudoise de Morges. (apic/eni/be)

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