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    apic/COE/Finance/Chute/Menace

    Genève: Gros problèmes financiers pour le COE

    Ses revenus ont chuté de 28 millions de francs en un an (150895)

    Avenir incertain mais pas menacé pour l’organisation internationale

    Genève, 15août(APIC) Les revenus du Conseil oecuménique des Eglises

    (COE), à Genève, ont chuté l’an dernier de 28 millions de francs suisses

    par rapport à 1993 (de 118 millions de francs en 1993 à 90 millions en

    1994). Il est néanmoins parvenu à se maintenir à flots grâce aux réserves

    constituées au cours des années précédentes, mais l’avenir demeure incertain, assure-t-il dans un communiqué publié mardi.

    Dans le rapport des finances du COE pour 1994, le pasteur Michael Davies, sous-secrétaire général chargé des finances et de l’administration,

    fait le commentaire suivant: "Pour reprendre les termes de la reine Elizabeth II, l’année 1994 a été pour les finances du Conseil une ’annus horribilis’".

    Selon M. Davies, après des rendements exceptionnels en 1993, le COE a

    enregistré en 1994 une perte de 12,5 % sur les investissements. Aucun revenu d’investissement n’a donc pu être porté au crédit des fonds l’année dernière. M. Davies ajoute que ces mauvais résultats n’étaient nullement imputables aux divers directeurs financiers mais bien à la situation sur les

    marchés mondiaux.

    Le rapport précise que le principal problème tient au fait que les marchés des changes ont connu l’une de leurs imprévisibles perturbations,

    aboutissant à un franc suisse exceptionnellement fort et, par conséquent, à

    des revenus en francs suisses sensiblement moindres puisque le COE reçoit

    une grande partie de ses revenus en devises étrangères.

    Une contribution de 100’000 dollars valait 150’000 francs suisses en

    1993, mais seulement 130’000 en 1994. Mais d’autres raisons sont avancées:

    sur 324 Eglises membres du COE, plus de 100, entre autres l’Eglise orthodoxe russe, la plus grande Eglise membre du COE, n’ont versé aucune contribution financière au COE en 1994. "Si les Eglises membres ne veulent plus

    maintenir les activités traditionnelles du COE, alors nous devons nous demander s’il faut continuer à les exercer", avertit M. Davies.

    Le fonds général du COE fait apparaître une baisse de 12,5 millions de

    francs en 1994, dont 3,4 millions imputables aux pertes sur les fonds

    d’exploitation générale (par rapport à un excédent de 4,3 millions de

    francs en 1993) et 9,1 millions de francs aux pertes de change et au manque

    à gagner sur les placements; toutes ces pertes ne sont cependant pas "réalisées". Les portefeuilles d’investissement donnent quelques signes de redressement bien que le dollar ait continué sa chute dans la première partie

    de 1995.

    M. Davies relève que le Conseil a eu recours aux réserves existantes

    pour honorer ses engagements de 1994 et espère pouvoir faire de même en

    1995 sans avoir à réduire trop sensiblement ses activités. Il met cependant

    en garde: "Le Conseil affrontera de graves problèmes à partir de 1996 si

    les revenus qu’il reçoit continuent d’être notablement inférieurs aux montants des budgets fixés pour ses activités, cela malgré les efforts faits

    par les donateurs pour maintenir leur soutien. La situation est particulièrement inquiétante en ce qui concerne les fonds non affectés (provenant

    pour la plupart des cotisations des Eglises membres)".

    Malgré ces résultats décevants, M. Davies souligne que le COE reste

    "confiant". Plusieurs changements importants ont été apportés à la forme et

    à la présentation du rapport des finances.

    Dans le passé, on pouvait penser, à la lecture du rapport, que les principales activités du Conseil et de ses unités étaient financées par les

    fonds d’exploitation, qui représentent environ 40 millions de francs suisses par an, et que les fonds destinés aux projets et les fonds d’affectation spéciale étaient constitués de sommes qui ne faisaient que transiter

    par le Conseil avant d’aboutir à des "projets" mis en oeuvre à travers le

    monde.

    Le rapport des finances pour 1994 a été envoyé à toutes les Eglises membres et aux organisations qui leur sont rattachées ainsi qu’aux membres du

    Comité central du COE. (apic/com/pr)

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