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    apic/CLAR(Vatican/Malaise

    Amérique Latine: Nouvelle crise évitée de juste entre la CLAR et Rome

    Malaise autour d’une accusation anonyme (250696)

    Madrid/Bogota, 25juin(APIC) Un nouveau différend entre la Confédération

    latino-américaine des religieux (CLAR) et le dicastère compétent du SaintSiège a pu être aplani à l’occasion d’une session de trois jours qui a réuni à Rome des représentants des deux parties, rapporte l’hebdomadaire espagnol "Vida Nueva". Grâce à "la bonne volonté de quelques participants" et

    aux "démarches patientes et résolues" de quelques amis romains de la CLAR,

    affirme le journal. Des accusations anonymes, prises en compte à Rome, sont

    à l’origine du malaise.

    Le différend a son origine dans un projet que le comité directeur de la

    CLAR a approuvé à Quito (Equateur) en novembre 1995, intitulé "Récupération

    de la mémoire historique de la vie religieuse féminine en Amérique Latine".

    Le projet a été immédiatement mis en chantier. En mars dernier, suite à

    l’envoi d’un questionnaire aux communautés religieuses d’Amérique Latine,

    paraissait une lettre adressée à différents cardinaux et supérieur(e)s religieux.

    La signataire, une certaine Consuela Fernandez, qui se présentait comme

    une religieuse, y disait son "indignation" devant les thèmes abordés dans

    l’enquête. Elle avait alerté notamment le cardinal Martinez Somalo, préfet

    de la Congrégation romaine pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, pour, disait-elle, "décharger ma conscience de

    toute responsabilité ou faute dans la ruine de la vie religieuse féminine

    en Amérique Latine". La lettre suppliait ses destinataires "de ne pas se

    laisser abuser par les religieux et les prêtres qui nous séduisent par des

    discours féministes".

    Consuela Fernandez disait appartenir à la congrégation colombienne des

    Filles du Sacré-Coeur. En communiquant sa lettre à la présidente de la

    CLAR, Soeur Ana Teresa Higuera, supérieure générale de cette congrégation,

    disait pourtant ne pas connaître la signataire. L’en-tête de la lettre accusatrice ne correspondait pas non plus à celui de son institut. De plus,

    la plupart des lettres avaient été postées aux Etats-Unis, et jamais en Colombie, où Consuela Fernandez disait résider.

    "Horizontalisme", "manipulation", "pression morale"

    En attendant, la Congrégation romaine pour les religieux était alertée.

    Son secrétaire, Mgr Francisco Javier Errazuriz, demandait à la CLAR de ne

    pas lancer son enquête "avant de réfléchir sur les observations que nous

    vous envoyons et avant que vous nous donniez une information plus complète

    sur les projets que vous désirez promouvoir dans ce domaine, sur le travail

    qui a eu lieu en Colombie (25-28 septembre 1995) et récemment au Guatemala

    (1-6 mars 1996), et avant que nous ayons eu l’occasion d’avoir un échange".

    Le projet a donc été interrompu dans l’attente de la venue à Rome de la

    présidence de la CLAR. La Congrégation pour les religieux n’a pas attendu

    cette concertation pour émettre ses critiques: la méthode utilisée était

    "inadéquate" et l’enquête risquait de mener à des résultats "totalement

    unilatéraux et partiaux". Pire: la Congrégation parlait d’"horizontalisme",

    de "manipulation" et même de "pression morale", et mettait en doute l’aptitude de la CLAR de mener à bien une telle initiative.

    Ces critiques ont immédiatement suscité une vive réaction de la CLAR à

    la veille de sa visite à Rome, fin mai. Sa présidente, Soeur Elza Ribeiro,

    a écrit à Mgr Errazuriz pour manifester sa "surprise" devant le gel du projet et les critiques adressées à la CLAR. Au nom des religieuses et religieux latino-américains, elle s’étonnait que des accusations anonymes soient une fois encore prises en compte et réclamait "un espace de dialogue,

    de la transparence et de la confiance" dans les relations entre la CLAR et

    Rome.

    L’enquête se poursuivra

    La rencontre de Rome s’est déroulée malgré tout dans un climat de dialogue. Ses participants ont convenu que le projet pouvait être poursuivi,

    moyennant quelques corrections "opportunes", touchant notamment la méthode

    de travail, qui était au centre de la polémique.

    Dans une lettre adressée début juin aux présidents des Conférences nationales de religieux et de religieuses d’Amérique Latine, la CLAR fait

    état d’"apports intéressants" et annonce qu’une réunion avec un groupe de

    supérieurs généraux a de même débouché sur des conclusions "intéressantes".

    Néanmoins, la prise en compte de tous ces apports dans l’enquête demandera

    du temps, et c’est pourquoi tout le matériel sera remis à la réunion des

    secrétaires des Conférences nationales qui aura lieu en août à Bogota, afin

    de poursuivre le projet.

    Au lendemain de la rencontre de Rome, la Congrégation pour les religieux

    a adressé une nouvelle lettre à la CLAR. "Vida Nueva" en relève le "ton positif", tout en relevant que, ni du côté du Saint-Siège, ni du côté de la

    CLAR, on ne dispose encore des propositions concrètes de la rencontre de

    fin mai.

    Selon les observateurs présents à Rome, la crise est terminée, mais,

    "une fois de plus, elle a consommé beaucoup d’énergies". Elle a mis aussi

    en évidence que "des systèmes d’information, de communication et de dialogue continuent de faire défaut". Elle a surtout montré, note "Vida Nueva",

    que face à certains thèmes "délicats" - comme la femme, les indigènes, les

    pauvres, la théologie de la libération, les laïcs...- , "le Vatican devient

    facilement nerveux". (apic/cip/pr)

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