Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 233 lignes (max. 75 signes), 2695 mots et 17412 signes.

    apic/cip/Vatican/encyclique/ présentation longue

    Rome: "Evangelium vitae", 11e encyclique de Jean-Paul II (300395)

    Présentation globale: "La valeur et l’inviolabilité de la vie humaine"

    Rome, 30 mars 1995 (APIC/CIP) Jean-Paul II a publié, le 30 mars, sa 11e encyclique intitulée "Evangelium vitae" ("L’Evangile de la vie"). Ce document

    de 200 pages se veut, écrit le pape, "une réaffirmation précise et ferme de

    la valeur de la vie humaine et de son inviolabilité et, en même temps, un

    appel passionné adressé à tous et à chacun, au nom de Dieu : respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine".

    Quatre chapitres, de longueur équivalente, structurent le document. Le

    premier évoque les "les menaces actuelles contre la vie humaine". Le deuxième présente "le message chrétien sur la vie". Le don de la vie comporte

    un devoir, explicité dans le chapitre suivant sur "la loi sainte de Dieu".

    Le dernier chapitre plaide "pour une nouvelle culture de la vie humaine".

    Menaces sur la vie

    Le récit biblique du meurtre d’Abel par Caïn n’est pas, pour le pape,

    qúune histoire ancienne. Des menaces continuent de peser sur la vie humaine

    aujourd’hui, non seulement à cause de la nature, mais aussi par la faute

    des hommes. L’incurie ou la négligence suffisent déjà à mettre la vie humaine en péril; les situations de violence, la haine et les intérêts divergents peuvent aggraver ce péril jusqu’à l’homicide ou au massacre. Des millions d’êtres humains, spécialement des enfants, meurent, victimes "de la

    misère, de la malnutrition et de la famine, à cause d’une distribution injuste des richesses", mais aussi victimes de la "guerre" favorisée par "le

    commerce scandaleux des armes", ou encore victimes d’une "dégradation inconsidérée des équilibres écologiques", d’une "diffusion criminelle de la

    drogue", ou de "comportements sexuels" inacceptables et à hauts risques

    pour la vie. Sans oublier "un autre genre d’attentats, concernant la vie

    naissante et la vie à ses derniers instants".

    C’est comme si la valeur de la vie connaissait "une sorte d’éclipse",

    déplore le pape. Il dénonce une "guerre des puissants contre les faibles",

    une "conspiration contre la vie". Il discerne les signes d’une "culture de

    mort" jusque dans ces "menaces programmées" que sont l’avortement, la procréation artificielle qui expose à la mort les embryons produits en surnombre, ou encore l’euthanasie.

    Que ces "choix contre la vie" puissent trouver, dans les drames personnels, des circonstances atténuantes, le pape ne le nie pas. Mais il juge le

    problème plus profond, vu la tendance à interpréter les "crimes contre la

    vie" comme des "expressions légitimes de la liberté", voire comme "de véritables droits". Or, souligne l’encyclique, "le rejet du plus faible, du

    plus démuni, du vieillard, de celui qui vient d’être conçu" représente toujours "une menace directe envers toute la culture des droits de l’homme".

    Bref, "au lieu d’être des sociétés de vie en commun, nos cités risquent de

    devenis des sociétés d’exclus, de marginaux, de bannis et d’éliminés".

    Une "contradiction si paradoxale" s’enracine, selon le pape, dans une

    conception dénaturée de l’être humain et de sa liberté. Ne reconnaître comme sujet que l’être autonome ou capable d’une communication verbale explicite, c’est d’avance jouer la liberté des forts contre les faibles. A force

    de miser sur un accomplissement absolu de l’individu, on en arrive à nier

    l’autre. Et alors, la démocratie, où tout devient négociable, fût-ce le

    droit à la vie, "s’achemine vers un totalitarisme caractérisé".

    Derrière l’éclipse de la valeur de la vie, Jean-Paul II perçoit une

    "éclipse du sens de Dieu et du sens de l’homme". Car, dit-il, l’un ne va

    pas sans l’autre: l’homme, "enfermé dans l’horizon étroit de sa réalité

    physique, devient en quelque sorte une chose"; il perd son propre mystère,

    voit s’appauvrir ses relations interpersonnelles et perd son sens moral.

    De ce tableau d’ombres, le pape fait toutefois ressortir quelques lumières: l’accueil fait à la vie dans de nombreuses familles, les soins médicaux, les initiatives pour mobiliser la société en faveur de la vie ou contre la guerre, et tant de gestes quotidiens d’accueil, de sacrifice, de

    soins désintéressés... Autant de signes "annonciateurs d’une victoire",

    pour l’Eglise qui les lit dans "la foi au Ressuscité qui a vaincu la mort".

    La vie en abondance

    Face aux menaces qui pèsent sur la vie, le deuxième chapitre de l’encyclique présente "l’Evangile de la vie", qui "consiste à annoncer la personne même de Jésus" : Jésus est venu parmi les hommes "pour qu’ils aient la

    vie et qu’ils l’aient en abondance" (Jn 10,10).

    Ce message chrétien était déjà préparé, dans l’Ancien Testament, par la

    conscience qui a mûri en Israël : la vie du peuple "ne se trouve pas à la

    merci d’un pharaon" ; "elle est l’objet d’un amour tendre et fort de la

    part de Dieu". Cette expérience s’est renouvelée en Jésus, en qui les hommes, à commencer par des foules de malades et de marginaux, ont trouvé "la

    révélation de la haute valeur de leur vie et de ce qui fonde leur attente

    de salut". L’Eglise poursuit aujourd’hui cette mission, avec la conviction

    que l’offrande que Jésus a fait de lui-même sur la croix est devenue "source de vie nouvelle pour tous les hommes".

    La vie est donc un bien à promouvoir, insiste le pape, car "l’homme est

    dans le monde une manifestation de Dieu, un signe de sa présence, une trace

    de sa gloire". Par la vie que Dieu offre à l’homme, "Dieu fait participer

    sa créature à quelque chose de lui-même". Le "souffle divin" qui anime

    l’homme donne à sa vie une dimension "éternelle". De même, écrit le pape,

    "éternelle est la vie promise et donnée par Jésus, parce qúelle est plénitude de participation à la vie de l’Eternel".

    Etant dans les mains de Dieu, la vie humaine est "inviolable" et Jésus a

    rappelé avec force le commandement "Tu ne tueras pas", le poussant jusqúà

    "l’exigence de vénération et d’amour pour toute personne et pour sa vie".

    C’est pourquoi l’homme a une responsabilité à l’égard du milieu de vie et

    de la vie proprement dite. C’est vrai des parents, mais au-delà de leur

    mission spécifique, "la tâche d’accueillir et de servir la vie concerne

    tout le monde et doit se manifester surtout à l’égard de la vie qui se

    trouve dans des conditions de plus grande faiblesse", dès les premiers et

    jusqu’aux derniers instants de la vie.

    La vie, que l’homme reçoit de Dieu, porte en elle "sa vérité" et il revient à l’homme, indique le pape, de s’engager à "maintenir la vie dans

    cette vérité". Cette vérité lui est révélée par la Loi de Dieu. Au-delà du

    commandement du respect de la vie, Jésus communique aux hommes une Loi nouvelle, celle de "l’Esprit qui donne la vie", dont l’expression fondamentale

    est "le don de soi dans l’amour pour les frères". En aimant jusqu’à donner

    sa propre vie vie, Jésus proclame que "la vie atteint son centre, son sens

    et sa plénitude quand elle est donnée".

    La loi de Dieu

    Don de Dieu, "l’Evangile de la vie" est "en même temps un devoir qui

    engage l’homme", montre le pape dans le troisième chapitre. L’interdit "Tu

    ne tueras pas" pousse, en définitive, à une attitude positive : "Tu aimeras

    ton prochain comme toi-même". L’amour de soi a toujours fondé le principe

    de la légitime défense. Le pape réclame une "attention aussi grande au

    respect de toute vie, même celle du coupable et de l’injuste agresseur". Il

    ajoute : "le commandement "Tu ne tueras pas" a une valeur absolue quand il

    se réfère à une personne innocente". C’est pourquoi, "avec l’autorité

    conférée par le Christ à Pierre", le pape "confirme que tuer directement et

    volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral".

    Ce précepte peut apparaître "sous une forme paradoxale". C’est vrai pour

    la légitime défense, où "la valeur intrinsèque de la vie et le devoir de

    s’aimer soi-même autant que les autres fondent un véritable droit à se

    défendre soi-même", ou dans les cas, "désormais assez rares, sinon même

    pratiquement inexistants", de la peine de mort.

    Le pape vise le "crime abominable" de l’avortement, à un moment où la

    perception de sa gravité s’est obscurcie dans la conscience de beaucoup.

    Car, en dépit d’"une terminologie ambiguë, comme celle d’"interruption de

    grossesse", qui tend à en cacher la véritable nature et à en atténuer la

    gravité dans l’opinion publique", l’avortement provoqué est bel et bien "le

    meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué,

    d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la

    conception et la naissance".

    Le pape souligne l’unanimité de la tradition doctrinale et disciplinaire

    de l’Eglise, devant laquelle Paul VI a pu dire que cet enseignement est immuable. C’est pourquoi, "avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et

    à ses successeurs, en communion avec les évêques" (qui, consultés, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine), le pape "déclare que

    l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue

    toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d’un être

    humain innocent".

    L’évaluation morale de l’avortement est aussi à appliquer aux formes récentes d’interventions sur les embryons humains qui, bien que poursuivant

    des buts en soi légitimes, en comportent inévitablement le meurtre, comme

    dans "le procédé qui exploite les embryons et les foetus humains encore vivants - parfois "produits" précisément à cette fin par fécondation in vitro

    - soit comme "matériel biologique" à utiliser, soit comme donneurs d’organes ou de tissus à transplanter pour le traitement de certaines maladies".

    L’euthanasie, dans laquelle le pape voit un des symptômes les plus

    alarmants de la "culture de la mort" qui progresse dans les sociétés de

    bien-être caractérisées par une "mentalité utilitariste", est définie comme

    "une action ou une omission qui, de soi et dans l’intention, donne la mort

    afin de supprimer toute douleur", à distinguer du renoncement à

    l’acharnement thérapeutique. Le pape "confirme que l’euthanasie est une

    grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement

    inacceptable d’une personne humaine".

    Dans sa triple condamnation de la suppression d’un être humain innocent,

    de l’avortement et de l’euthanasie, Jean-Paul II entend énoncer des affirmations doctrinales d’une haute valeur magistérielle proposées avec une

    certaine solennité. Le pape engage son autorité magistérielle de successeur

    de Pierre en communion avec les évêques. Dans chacune des trois formulations, il faut référence à la Constitution dogmatique de Vatican II "Lumen

    gentium": les évêques, pris isolément, ne jouissent pas de la prérogative

    de l’infaillibilité; cependant, quand, "même dispersés à travers le monde,

    mais gardant le lien de la communion entre eux et avec le Successeur de

    Pierre", ils enseignent "authentiquement" les choses de la foi et des moeurs, et s’accordent pour enseigner une doctrine comme devant être tenue

    définitivement, ils proposent infailliblement la doctrine du Christ".

    En soulignant ce caractère fort et solennel, le pape entend interpeller

    un monde où le doute, voire la confusion entre le bien et le mal, semble

    gagner les mentalités. Surtout quand la promulgation de lois favorables à

    l’avortement ou à l’euthanasie contribue à une confusion entre le légal et

    le moral, rendant "normales" des pratiques condamnables. Le pape rappelle

    que la loi civile, dont le rôle "est certainement différent de celui de la

    loi morale et de portée plus limitée, ne peut se substituer à la conscience

    ou édicter des normes morales. Et si la loi doit parfois renoncer à réprimer ce qui provoquerait, si cela était interdit, un dommage plus grave, elle ne peut légitimer, comme droit des individus, l’offense causée à d’autres personnes par la méconnaissance d’un de leurs droits les plus fondamentaux.

    Le pape ajoute que la démocratie ne peut être définie seulement en référence au principe formel de la majorité, mais être caractérisée par le

    principe moral du respect de tous, spécialement des plus faibles.

    Les lois qui légitiment l’avortement et l’euthanasie étant "entièrement

    dépourvues d’une authentique validité juridique", on doit au moins reconnaître le droit à l’objection de conscience, qui est pour le chrétien "une

    grave obligation" s’il est invité à coopérer formellement au mal.

    Nouvelle culture de la vie

    Dans le dernier chapitre, Jean-Paul II invite l’Eglise à se reconsidérer

    avec gratitude comme "peuple de la vie", dont la mission est "d’annoncer

    l’Evangile de la vie, de le célébrer dans la liturgie et dans toute l’existence, de le servir par diverses initiatives et structures".

    L’annonce de "l’Evangile de la vie" doit parvenir "dans les replis les

    plus intimes de la société tout entière". Le pape résume en ces termes "le

    coeur de cet Evangile": "C’est l’annonce d’un Dieu vivant et proche, qui

    nous appelle à une communion avec lui et nous ouvre à la ferme espérance de

    la vie éternelle; c’est l’affirmation du lien inséparable qui existe entre

    la personne, sa vie et sa corporéité; c’est la présentation de la vie

    humaine comme vie de relation, don de Dieu, fruit et signe de son amour:

    c’est la proclamation du rapport extraordinaire de Jésus avec chaque homme,

    qui permet de reconnaître en tout visage humain le visage du Christ ; c’est

    la manifestation du don total de soi comme devoir et comme lieu de la

    réalisation plénière de la liberté.". A l’Eglise de faire percevoir cette

    nouveauté dès la première annonce, puis de la faire comprendre davantage,

    "en refusant tout compromis et toute ambiguïté", dans la catéchèse, la

    prédication, le dialogue, les diverses démarches éducatives.

    Le Dieu qui donne la vie mérite aussi d’être célébré. De ce point de

    vue, le pape insiste le "regard contemplatif" à développer pour que "le

    peuple de la vie" laisse éclater sa reconnaissance dans la prière, la

    liturgie, les sacrements. Le pape recommande aussi la mise en valeur des

    gestes et symboles appropriés propres à différentes cultures. Il propose

    aux évêques d’organiser, chaque année et dans chaque pays, une "Journée

    pour la Vie", qui attire spécialement l’attention sur la gravité de

    l’avortement et de l’euthanasie, sans négliger pour autant d’autres aspects

    de la vie. Célébrer "l’Evangile de la vie", engage surtout à mener une

    "existence quotidienne vécue dans l’amour d’autrui et dans le don de soi",

    indique le pape, qui relève la valeur "héroïque" de gestes comme le don

    d’organes, ou le "témoignage silencieux mais combien fécond" des "mères

    courageuses".

    Assurer "le service de la charité à l’égard de la vie", dernier aspect

    de la mission ecclésiale, réclame, selon Jean-Paul II, "un état d’esprit"

    qui devrait distinguer les chrétiens : "une préférence marquée pour qui est

    le plus pauvre, le plus seul et le plus dans le besoin". Il s’agit de

    "prendre soin de toute la vie et de la vie de tous", "d’aller jusqu’aux racines même de la vie et de l’amour". Parmi les moyens à mettre en oeuvre,

    en plus d’une vaste "action éducative", le pape cite "les centres pour les

    méthodes naturelles de régulation de la fertilité", l’action des "conseillers conjugaux et familiaux", "les centres d’aide à la vie", "les maisons

    d’accueil de la vie", mais aussi les communautés ou centres pour la réhabilitation des toxicomanes, l’hébergement de mineurs, de malades mentaux, de

    sidéens, les associations de solidarité pour personnes handicapées, les

    services de soins palliatifs. Au-delà du bénévolat, "le réalisme tenace de

    la charité" exige "des types d’animation sociale et d’engagement politique", note encore le pape. Mais il confie à la famille la première des responsabilités en tant que "sanctuaire de la vie", et réclame pour elle de

    l’Etat "tout le soutien nécessaire, y compris sur le plan économique".

    Avant de confier à Marie "la cause de la vie", Jean-Paul II lance pour

    conclure un appel "à une mobilisation générale des consciences et à un effort commun d’ordre éthique, pour mettre en oeuvre une grande stratégie

    pour le service de la vie. Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de la vie: nouvelle, parce qu’elle sera en mesure d’aborder et

    de résoudre les problèmes inédits posés aujourd’hui au sujet de la vie de

    l’homme; nouvelle, parce qu’elle sera adoptée avec une conviction forte et

    active par tous les chrétiens; nouvelle, parce qu’elle sera capable de susciter un débat culturel sérieux et courageux avec tous." (apic/cip/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus