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    apic/cip/inde/église syro-malabar/traite des soeurs/

    Inde: un évêque dénonce "la traite des religieuses" (040495)

    L’attrait de l’étranger plus fort que la vocation religieuse

    Changanacherry, 4 avril 1995 (APIC/CIP) Selon Mgr Joseph Powathil, archevêque syro-malabar de Changanacherry, le danger des vocations forcées dans

    l’Etat indien du Kerala va grandissant. Dans une lettre pastorale, Mgr Powathil met en garde contre les agences qui recrutent des jeunes filles pour

    les congrégations religieuses étrangères. "De telles agences sèment des

    pièges dangereux pour nos filles et celles qui y tombent sont parfois perdues pour toujours", explique-t-il.

    L’archevêque de Changanacherry met en doute l’authenticité de certaines

    vocations. Il craint que les jeunes filles ne choisissent la vie religieuse

    que pour satisfaire leur désir de se rendre à l’étranger. "Beaucoup croient

    que la vie à l’étranger est agréable et sans difficultés. Quelques-unes

    sont motivées par des raisons économiques, mais toutes sont déçues", observe-t-il.

    L’archevêque propose que les candidates, avant même d’envisager d’émigrer, passent au moins deux ans de formation en Inde pour se préparer du

    point de vue religieux et culturel à vivre à l’étranger; si elles persistent à vouloir s’engager dans une congrégation étrangère, elles devraient

    demander l’avis des autorités ecclésiastiques.

    Selon Sajan Tharayil, secrétaire du bureau des vocations de l’archidiocèse, une disposition du Code de droit canon oriental de 1990 n’autorise

    pas un catholique de rite syro-malabar à entrer dans une congrégation d’un

    autre rite; mais cette disposition n’est pas appliquée de manière stricte,

    dit-il: uniquement dans le diocèse de Changanacherry, 150 jeunes filles

    partent chaque année dans des congrégations étrangères.

    L’Eglise syro-malabare rassemble 22% des catholiques indiens. Comme

    l’autre Eglise indienne de rite oriental, l’Eglise syro-malankare, plus petite, elle a sa base dans le Kerala et le Tamil Nadu. Elle peut se prévaloir d’une tradition missionnaire plus forte que l’Eglise de rite latin.

    Les vocations féminines y sont nombreuses et, en 1962, les premières jeunes

    filles de la région ont été envoyées à l’extérieur.

    Dès 1963, les évêques allemands avaient signalé leur préoccupation devant la diffusion de cette pratique. Dans les années 70, le "Sunday Times"

    de Londres parlait d’un véritable "trafic de soeurs", accusant un prêtre

    catholique de "vendre" des jeunes filles à des congrégations religieuses

    étrangères. Récemment, à Bombay, la police a arrêté quelques jeunes filles

    qui voulaient se rendre à l’étranger sans les documents requis. (apic/cipmp)

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