Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 97 lignes (max. 75 signes), 1023 mots et 6844 signes.

    apic/cip/Burundi/ appel des évêques

    Burundi: Appel angoissé des évêques (280795)

    "Nous n’acceptons pas le suicide de notre pays"

    Bruxelles/Bujumbura, 28juillet(APIC/CIP) Le Burundi "traverse l’époque la

    plus triste de son histoire", écrivent les évêques catholiques du pays dans

    une déclaration publiée le 26 juillet à Bujumbura. Sous le titre "la situation de guerre civile" les évêques déplorent les innombrables pertes en vie

    humaines et ne craignent pas d’attibuer la tragédie à la "mauvaise foi" de

    leurs "concitoyens aveuglés par la recherche du pouvoir, l’esprit de vengeance et l’accoutumance à la violence".

    "Chacun voudrait parvenir à ce pouvoir en excluant l’autre, voire même

    après l’avoir tué", affirment les sept évêques signataires de la déclaration. "Dans toutes les tranches d’âge, dans plusieurs catégories sociales,

    l’on s’entraîne à tuer", notent les évêques. Une personne d’un point de vue

    différent devient "un ennemi à abattre": "la vie humaine est ainsi sacrifiée sur l’autel de l’ethnie ou du parti politique".

    La violence érigée en système idéologique

    La Conférence épiscopale du Burundi relève qu’il y a des milices dans

    chaque groupe ethnique, chez les Hutus et les Tutsis. Mais l’explication du

    mal vient d’ailleurs : "La violence s’est érigée en système idéologique,

    dès le début de l’Indépendance (...) Le pouvoir a été convoité et senti

    comme le pôle et la source des richesses. Des massacres cycliques ont été

    perçus comme moyen d’y accéder. On a cru qu’en éliminant physiquement l’autre, on s’assurait la chance de jouir de ce pouvoir plus longtemps et sans

    partage."

    "Malgré l’expérience des échecs que des tentatives précédentes ont pu

    mettre en évidence, poursuivent les évêques, aujourd’hui beaucoup de nos

    concitoyens prétendent encore résoudre le problème de l’accession au pouvoir par la violence. Voilà pourquoi des "seigneurs de la guerre", de faux

    sauveurs, attirent les jeunes de leur groupe ethnique pour les entraîner

    dans leurs projets criminels en en faisant des acteurs de l’absurde. Car

    ils savent bien que le chemin de la guerre n’aboutit que dans la mort. Nous

    en voyons déjà les conséquences: les appels répétés à la vengeance, la mobilisation des jeunes à la haine ont abouti à la sauvage et primitive purification ethniques des collines, des zones, des quartiers ou des villes entières. Avec cette spirale de violence, où en arriverons-nous?"

    La folie des "gangs terroristes"

    "Les groupes qui se constituent autour de l’ethnie ou autour d’autres

    intérêts sectaires inavoués se comportent comme des gangs terroristes",

    constatent les évêques. Ces "gangs" précipitent le "règne de l’arbitraire

    et de l’anarchie", parce qu’ils veulent supprimer tant les "références

    morales" que les "personnes-ressources" qui représentent des "obstacles à

    leur funeste destin".

    La démocratie a donc "chaviré dès le départ" au Burundi. Les évêques

    constatent avec amertume que leur "patrie" n’est plus une "république", une

    "chose commune et partagée à tous": "Le bien commun a été écarté au profit

    d’intérêts individuels ou ethniques".

    "Nous n’acceptons pas le suicide de notre pays"

    "Nous n’acceptons pas le suicide de notre pays", poursuivent les évêques, qui citent l’avant-dernière encyclique du pape sur "l’Evangile de la

    Vie" pour lancer un appel à "servir la vie" et affirmer clairement: "Toute

    violence est absolument injustifiable et même l’autodéfense légitime ne

    peut jamais planifier consciemment l’anéantissement de l’autre."

    Dénonçant "les entraînement et les organisations de qui visent l’élimination des personnes", ils demandent à tous les responsables nationaux et

    internationaux de "décourager tout recours à la violence pour résoudre le

    conflit burundais, qu’il s’agisse de la violence des armes, de celle de la

    presse, de la violence des tracts ou des radios qui prêchent la division et

    la haine ethnique".

    Au contraire de ceux qui nient la dignité humaine de l’autre ethnie, la

    déclaration épiscopale souligne avec force: "l’autre est mon partenaire; il

    est mon égal, car il veut vivre comme je veux vivre". Et les évêques de recommander cette piste concrète pour sortir de la spirale de la violence:

    "Si tu veux ta sécurité, cherche et protège la sécurité de ton voisin."

    L’autorité et le peuple

    Les évêques burundais estiment que le rétablissement de "l’ordre social"

    passe par une "réhabilitation de l’autorité", trop souvent mise en cause

    ces dernières années, de la famille jusqu’à l’Etat. Mais, ajoute aussitôt

    la déclaration, "aucun pouvoir, même monarchique, ne peut plus s’exercer en

    dehors du peuple". Le respect du peuple et de la dignité de toute personne

    implique que chaque citoyen puisse "participer à la gestion de son pays à

    tous les niveaux et jouir de ses richesses". Les évêques le soulignent à

    l’aide d’une double image: "Il est scandaleux de vouloir manger tout seul

    la pâte qui a été préparée ensemble. Il est tout autant scandaleux de vouloir manger la pâte ensemble quand on n’a pas obéi à la solidarité de la

    préparer communautairement."

    La Conférence épiscopale s’élève aussi contre "l’impunité" dont semblent

    bénéficier "de grands meurtriers", "des pillards connus", "des destructeurs

    de maisons" ou des militaires coupables d’exactions.

    Feu éteint pour le dialogue

    La déclaration se conclut par un appel adressé à tous pour "conjuguer

    les efforts de paix" et "se rallier à la protection de la vie". Au nom de

    leurs concitoyens, les évêques supplient les belligérants de "déposer immédiatement les armes". Car "il faut d’abord que le feu allumé soit éteint"

    pour envisager "un dialogue constructif", qui "refait les ponts même entre

    les ennemis d’hier".

    A cette recherche du dialogue, les évêques associent la mémoire commune

    des défunts: "faire le deuil ensemble". "La rancoeur et la revanche ne peuvent être surmontées que par une réelle prise de conscience des forfaits

    commis, qui est suivie d’un effort de pardon mutuel et d’un refus radical

    de toute violence."

    Sans nier que "beaucoup de chrétiens ont trahi leur baptême en se livrant à "l’innommable"", les évêques recommandent à ceux qui continuent de

    croire en Dieu de se tourner vers lui dans la prière.

    Mais rien ne se fera sans "conversion à la fraternité", concluent les

    évêques, qui recommandent en finale cette piste concrète : "Le renoncement

    au coeur mauvais doit conduire chacun à accueillir de nouveau celui qui ne

    venait plus le voir, de façon que le partage d’une bière ou d’un autre bien

    entre ces personnes produise la guérison des coeurs et des relations."

    (apic/cip/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus