APIC: Ces relations humaines étaient-elles aussi présentes dans vos con-
Genève et Fribourg et de Sion?
P. V.: Certainement. La grande difficulté surgit quand il faut à nouveau
quitter une responsabilité, car très rapidement se tissent des relations
personnelles très profondes, des relations amicales. C’est le fondement de
tout rapport humain. Chrétien à plus forte raison. Avant d’aider quelqu’un
à grandir dans sa foi, il faut l’aider à mûrir dans sa personnalité humaine.
APIC: Et où se situe Dieu dans cette relation?
P. V.: Dieu est celui qui est au fond de chaque homme. Je crois que le
respect des autres a comme fondement cette conviction profonde: Dieu est
présent dans chacun, dans l’enfant, dans le jeune et l’adulte. Ce respect
est primordial dans une relation humaine et chrétienne.
APIC: Votre fonction d’évêque auxiliaire de Coire sera-t-elle, en premier lieu, basée sur la relation humaine?
P. V.: Oui. Dans les interviews, on m’a posé la question: "Pourquoi vous
a-t-on choisi?" La Radio suisse romande m’a même qualifié d’homme du centre. On peut comprendre beaucoup de choses en cela. Ce qui est certain, je
le crois, c’est que je n’ai pas d’ennemis. Je cherche à respecter chacun,
ses convictions profondes, sa conscience... Je ne pourrais pas dire que je
suis d’un côté, ni de droite ou de gauche, ni conservateur. Je cherche à
accepter chacun avec ses qualités, ses limites: je respecte chacun, ce
qu’il est dans sa dignité humaine. Il faut savoir dialoguer. Et le dialogue
suppose d’abord qu’on accepte l’autre comme un être qu’on respecte, comme
un être digne d’être rencontré...
APIC: Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre vie de marianiste?
P. V.: Ma nomination comme provincial. Je ne m’y attendais pas. Lorsque
le Supérieur général, le Père José Maria Salaverri, m’a téléphoné, je songeais à refuser. Je lui ai donc répondu par la négative. Il m’a alors conseillé: "Allez à la chapelle et vous me donnerez votre réponse plus tard".
Je l’ai fait. J’ai su après que c’est Dieu qui le voulait et qu’il serait
avec moi. Ce fut une expérience de foi très forte qui a marqué ma vie.
APIC: Pourquoi avoir songé à refuser cette charge de provincial?
P. V.: Je n’ai jamais pensé quitter l’enseignement. Un provincial-enseignant était envisageable. Mais l’administration..., non! Je ne serai jamais un administrateur qui reste dans son bureau. Je n’aime même pas téléphoner. Je veux rencontrer les gens, leur parler de vive voix. Ce motif m’a
poussé à d’abord dire non. Je préfère rester à un poste qui me donne la
possibilité d’avoir toujours des relations humaines réelles, authentiques.
(apic/jpf/mp/pr)