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    apic/Castro/Pape/Précisions de Navarro-Valls

    Rome: Fidel Castro rencontre le pape et le cardinal Sodano (191196)

    Les précisions du porte-parole du Saint-Siège

    Rome, 19novembre (APIC) Une visite du pape à Cuba et la réconciliation de

    "tous les Cubains" en 1997 figuraient au programme de l’audience privée que

    le pape a accordée mardi au président Fidel Castro. L’entretien a duré 35

    minutes. Le "Leader Maximo" a ensuite été reçu par cardinal Angelo Sodano,

    secrétaire d’Etat, durant 45 minutes, a précisé le directeur de la salle de

    presse du Vatican, M. Joaquin Navarro-Valls.

    Jean-Paul II a reçu le président Castro à la demande de ce dernier, qui

    a eu droit au même traitement (audience "privée", sans discours officiels)

    que celui qui a été réservé à tous les chefs d’Etat ayant rendu visite au

    pape à l’occasion de leur passage à Rome pour le sommet de la FAO. Aucun

    "pool" spécial pour les journalistes: contrairement aux très nombreux journalistes, le communiqué du Saint-Siège, très sobre, n’a pas désiré donner

    un relief particulier à la visite.

    Le président est arrivé dans la cour Saint-Damase habillé en costume et

    cravate. Il a été reçu, ainsi que les huit personnes de sa suite - dont le

    ministre des Affaires Etrangères Roberto Robaina et l’ambassadeur de Cuba

    près le Saint-Siège, Hermes Herrera Hernandez -, dans la salle du trône qui

    jouxte la bibliothèque privée du Pape. Fidel Castro s’est incliné devant le

    pape, le remerciant pour le "grand honneur". Jean- Paul II lui a souhaité

    la bienvenue en le remerciant de sa visite et lui a serré la main. Les deux

    hommes se sont ensuite entretenus, assis, en tête à tête. Précision de J.

    Navarro-Valls: le pape, étant prêtre, reçoit toujours de cette façon lors

    d’une audience privée, qui se prête à la confidence.

    Normalisation

    La majeure partie de l’entretien a tourné autour de la "normalisation

    des conditions d’existence de l’Eglise à Cuba", plus généralement, du "rôle

    des croyants dans la vie nationale". A noter que les relations diplomatiques entre le Vatican et Cuba n’ont jamais été interrompues depuis 60 ans.

    Fidel Castro a dit "apprécier le rôle de l’Eglise à Cuba", en particulier dans les domaines éducatif et caritatif. Il a renouvelé son invitation

    pour une visite du pape dans l’île. Celle-ci à été fixée à 1997, sans autre

    précision de date. Ce pourrait être à l’occasion du voyage de Jean-Paul II

    au Brésil, encore que ce ne soit pas la seule opportunité pour cette visite

    que les cubains attendent depuis longtemps. Fidel Castro avait déclaré en

    1989 au cardinal Etchegaray, envoyé de Jean-Paul II, qu’il n’y était pas

    hostile. Du chemin a été parcouru.

    L’embargo

    A-t-il été question de l’embargo ? La position du Saint-Siège et son action à ce sujet étant "suffisamment clairs", il n’a pas été nécessaire d’y

    revenir, a indiqué J. Navarro-Valls. Cette position "en général et dans le

    cas de Cuba" est déjà exposée dans des documents officiels, a-t-il dit,

    renvoyant notamment aux prises de positions du cardinal Etchegaray et au

    récent document du Conseil pontifical "Cor Unum" sur la faim dans le monde,

    qui nomme l’Irak et Cuba. L’embargo économique décrété par les Etats-Unis

    et renforcé cette année par la loi Helms-Burton rentre dans ces catégories

    de blocus qui se retournent contre les populations les plus pauvres, comme

    prises "en otage" par les dictateurs, a ajouté le porte-parole du Vatican.

    Puis ce fut l’échange de présents: une oeuvre abstraite en argent de la

    part du président cubain, les trois médailles du pontificat pour 1996 de la

    part du pape. Enfin, à la porte de la bibliothèque, le président Castro a

    insisté: "J’espère vous voir à Cuba", tandis que le pape le remerciait encore de sa visite en l’assurant de sa bénédiction "pour le peuple cubain".

    La rencontre du Président Castro (accompagné de son ministre des Affaires étrangères) avec le cardinal Sodano (accompagné de Mgr Tauran, qui a

    effectué fin octobre une visite de cinq jours à Cuba) a porté sur la vie

    des catholiques à Cuba, celles des prêtres et des évêques en particulier,

    et sur leur "mission religieuse et caritative", précise le communiqué de la

    salle de presse. Il a été question de l’évolution de la société cubaine et

    de la réconciliation "entre tous les Cubains" et de la place de Cuba dans

    la communauté internationale.

    Huit cardinaux invités à déjeuner

    Il y a environ 200 prêtres à Cuba, religieux compris, pour une population de 11 millions d’habitants. Mgr Tauran avait parlé, à son retour, de

    "printemps de l’Eglise" à Cuba. On y prépare activement le Jubilé de l’an

    2000, confirmait au micro de radio Vatican, le 24 octobre dernier, le cardinal Jaime Ortega y Alamino, archevêque de La Havane.

    Le président cubain a pris l’initiative d’inviter à déjeuner à l’hôtel

    Columbus, via della Conciliazione, huit prélats qui ont effectué une visite

    à Cuba ces dernières années: les cardinaux Etchegaray, Gantin, Casaroli,

    Pironio, Angelini et Furno, Mgr Tauran et Mgr Calderon. La visite du cardinal Casaroli remonte à 1974, celle de Mgr Furno à février dernier. Au cours

    de la matinée, Fidel Castro a visité la basilique Saint-Pierre et, dans

    l’après-midi, la Chapelle Sixtine restaurée. (apic/imed/pr)

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