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    apic/Caritas/ traite des femmes

    Suisse: Danseuses et candidates au mariage (110996)

    Etude de Caritas Suisse sur la traite des femmes

    Berne, 11septembre (APIC) La traite des femmes existe aussi en Suisse,

    rappelle Caritas Suisse à l’occasion de la publication d’une étude sur les

    aspects juridiques du problème. Cette exploitation concerne en particulier

    deux types de femmes étrangères: les "artistes" de cabaret et les candidates au mariage. La fragilité de leur statut et la complexité juridique du

    système suisse en font des proies sans aucune défense aux mains de leurs

    exploiteurs.

    L’étude commandée par Caritas et présentée mercredi à Berne détaille

    l’état de la situation en particulier l’interdépendance entre les divers

    droits. Le droit des étrangers se mêle au droit du travail, au droit des

    assurances sociales, au droit du mariage et au droit pénal.

    Pour Caritas, le principal problème réside aujourd’hui dans la politique

    dite des "trois cercles" classifiant les ouvriers étrangers selon leur origine géographique. Pour des femmes issues du troisième cercle, il ne reste

    que deux moyens pour venir en Suisse: le permis d’artiste autorisant un séjour de huit mois par an, ou le mariage avec un Suisse ou un étranger établi en Suisse. Deux situations qui augmentent considérablement les risques

    d’abus et d’exploitation, souligne l’auteur de l’étude Martina Caroni. La

    menace de l’expulsion de la Suisse est un moyen de contrainte très puissant.

    La Suisse a accordé l’an dernier quelque 1’700 permis d’artistes. Quant

    aux mariages avec des ressortissantes venues des pays lointains ils sont

    beaucoup plus difficiles à chiffrer. Tous ne débouchent pas sur des échecs

    et beaucoup de couples bi-nationaux s’entendent très bien, reconnaît le directeur de Caritas Jurg Krummenacher.

    Le problème que nous dénonçons est que durant les dernières années, il

    n’y a eu que très peu d’enquêtes sur des cas d’exploitation et encore moins

    de procès ou de condamnations, relève Simone Prodolliet, de Caritas Suisse.

    Mesures possibles

    L’étude propose une série de mesures touchant le droit de séjour et le

    droit pénal afin de réduire au minimum les possibilités de chantage contre

    les étrangères.

    La première mesure consiterait à attribuer un permis de séjour personnel

    au conjoint étranger afin d’éviter que le droit de résider en Suisse dépende uniquement du maintien de l’union ou de la cohabitation maritale. Dans

    le cas de l’engagement d’une procédure pénale ou civile, la personne étrangère devrait également avoir la garantie de pouvoir rester en Suisse durant

    toute la durée de la procédure. Enfin il faut tenir compte de la situation

    de la personne qu’un refoulement met dans un état de détresse grave.

    Autre question délicate: celle de la prostitution. La loi punit certes

    l’incitation à la prostitution, mais souvent les victimes passent pour les

    criminelles, note Martina Caroni.

    L’aide aux victimes constitue également un élément déterminant, insiste

    l’étude de Caritas. Il s’agit de non seulement de recevoir et de conseiller

    ces femmes dans un climat de confiance, mais aussi éventuellement de les

    protéger de la vengeance d’un mari ou d’un employeur.

    L’appel des femmes exploitées demande à être entendu tant par les milieux de la police des étrangers, que par ceux des tribunaux, des hommes politiques et des oeuvres d’entraide. (apic/mp)

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