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    apic/Caritas Suisse/Chômage

    Suisse: Caritas Suisse dans la bataille politique sur le chômage (190994)

    Soutenir les chômeurs de longue durée de manière active

    Berne, 19septembre(APIC) Caritas Suisse s’engage dans la bataille politique sur le chômage. A la veille de l’ouverture des débats au parlement

    fédéral concernant la révision de la loi sur l’assurance chômage, l’oeuvre

    d’entraide catholique entend bien faire pression en faveur des chômeurs de

    longue durée et des personnes en fin de droit.

    Par une série de huit mesures concrètes, développées dans une brochure

    d’une cinquantaine de pages et présentées lundi à Berne, Caritas veut pousser les pouvoirs politiques et économiques à s’attaquer à ce phénomème qui

    touche déjà plus de 100’000 personnes en Suisse, 50’000 chômeurs de longue

    durée et 50’000 ’fin de droits’.

    Les chômeurs ne doivent pas être punis

    Forte de cette conviction, Caritas s’oppose à toute réduction de l’allocation de chômage. Elle refuse la réintroduction d’un taux dégressif qui

    verrait les primes baisser de 5% après 125 jours et de 5% supplémentaires

    après 250 jours, souligne Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse.

    De même, le nombre de indemnités journalières doit être augmenté à 500 et

    les chômeurs de longue durée de plus de 60 ans doivent pouvoir toucher

    leurs allocations jusqu’à l’âge de la retraite.

    Deuxième mesure urgente: l’harmonisation des politiques cantonales en

    matière d’aide aux chômeurs. Certes, 18 des 26 cantons ont déjà pris des

    mesures permettant de prolonger l’allocation de chômage, mais elles sont

    très divergentes, allant du simple au double. Caritas revendique donc une

    réglementation cadre au niveau fédéral sur l’introduction obligatoire de

    l’aide cantonale aux chômeurs.

    Les conséquences psychosociales du chômage sont souvent laissées de côté, remarque Caritas. "J’ai souvent découvert que des personnes sans emploi

    n’osent souvent même plus se montrer dans la rue, qu’elle évitent les invitations et les fêtes, de peur de se voir interrogées sur leurs activités",

    témoigne Valentin Schmid, directeur de Caritas Argovie. Sur la base des expériences réalisées dans de nombreux cantons, Caritas propose la création

    de centres de placement régionaux. Outre un encadrement psychosocial, ces

    centres pourraient gérer des programmes d’occupation ainsi que les cours de

    formation continue ou de reconversion professionnelle. En outre, les réfugiés reconnus doivent avoir la possibilité de participer aux programmes

    d’occupation. Ce à quoi ils n’ont actuellement pas droit s’ils n’ont jamais

    travaillé en Suisse.

    On croit souvent les statistiques suisses très complètes et précises.

    Erreur, dénonce Caritas. On ne connaît ni le nombre des ’fin de droits’ ni

    celui des personnes plusieurs fois au chômage dans une période déterminée.

    Cette statistique est pourtant déterminante pour une meilleur prise de

    conscience politique du problème.

    Comme cinquième mesure, Caritas Suisse se propose d’offrir un service de

    consultation pour les communes afin de les conseiller dans le traitement

    des chômeurs de longue durée, en insistant spécialement sur l’intégration

    sociale de ces personnes. Dans le même sens, Caritas Suisse invite les organisations sociales et économiques d’utilité publique à occuper des chômeurs de longue durée.

    Les deux dernières propositions de Caritas Suisse ont un ton plus politique. La première démarche concerne les Eglises. Caritas s’efforcera de

    collaborer plus étroitement avec elles pour les sensibiliser au problème du

    chômage. La création d’un lobby des chômeurs auprès du Parlement fédéral

    est le deuxième objectif de Caritas Suisse. Elle organisera dans ce but au

    printemps 1995 une conférence nationale à laquelle seront conviées toutes

    les principales organisations engagées sur le plan social ou politique.

    Caritas n’a pas voulu aborder la question du financement de l’assurance

    chômage. Plusieurs prositions existent dans ce sens: augmentation des cotisations de 2 à 3%, financement par le biais de la TVA ou encore des taxes

    sur l’énergie, a commenté Jürg Krummenacher. "De même les abus dont certaines personnes tirent arguments pour refuser les améliorations, sont bien

    moindres qu’on voudrait nous le faire le croire", a conclu le directeur de

    Caritas Suisse qui n’exclut pas en dernier recours l’arme du référendum,

    "mais pas tous seuls". (apic/mp)

    Chômage de longue durée. Huit propositions pour une nouvelle politique en

    faveur des chômeurs. Lucerne, 1994, disponible auprès de Caritas Suisse,

    Löwenstrasse 3 6002 Lucerne, tél. 041 52 22 22

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