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    apic/Caritas/Rwanda

    Caritas Secours International: comment éviter

    la menace d’une nouvelle guerre dans la région des Grands Lacs ? (290996)

    Bruxelles, 29septembre (APIC) Caritas Secours International tire la sonnette d’alarme à Bruxelles, et fait état d’informations "inquiétantes" en

    provenance du Zaïre. La région de Bukavu, prise pour cible de roquettes tirées du Rwanda depuis quelques jours, a été soumise à des pillages généralisés, qui ont contraint les expatriés à une évacuation d’urgence.

    C’est à partir du 21 septembre que la route des collines d’Uvira à Bukavu ainsi que des camps autour de Bukavu ont été pris pour cible des roquettes tirées depuis le Rwanda, entre 19h du soir et 4h du matin. Il y aurait

    eu des victimes, mais Caritas n’en a pas eu la confirmation. Le Bureau de

    Caritas à Bukavu a vu son système de communication par satellite et par fax

    confisqué par la Sécurité zaïroise.

    Des Zaïrois aussi ont quitté Bukavu. Une partie du personnel du Haut

    Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés a été évacué sur Nairobi au Kenya,

    tandis que le personnel expatrié dont la présence était moins indispensable

    a été invité à quitter les lieux. Caritas, de son côté, a maintenu sur place douze personnes expatriées afin de poursuivre ses programmes.

    Le 25 septembre, l’organisation catholique a appris de sources directes

    que la région de Bukavu était la proie de pillages généralisés et que nombre d’expatriés avaient abandonné sur place leurs effets personnels pour

    être évacués vers le Kenya de toute urgence.

    Contrôles et nervosité

    L’équipe de Caritas Secours International à Goma n’a pu confirmer à Bruxelles si la région de Kituku avait essuyé les mêmes attaques que le SudKivu.

    Quelques jours auparavant, un ministre zaïrois avait annoncé à la radio

    que toutes les cargaisons, bagages et effets personnels seraient soumis à

    un contrôle minutieux, y compris pour le personnel diplomatique et le courrier des ambassades. La mesure a eu des conséquences immédiates pour Caritas Secours International : une cargaison à destination de l’équipe mise en

    place à Goma a été passée au peigne fin pendant plus de cinq heures. Tout,

    absolument tout a été ouvert et de nombreux emballages ont été détériorés,

    déplore l’organisation catholique a Bruxelles, qui n’a qu’une maigre consolation: "Rien n’a été volé".

    Caritas note que les réfugiés des camps du Kivu sont très inquiets à la

    veille du recensement annoncé par les autorités zaïroises, qui n’en ont pas

    précisé la date et se sont accordées un délai de réflexion, vu la situation.

    Un double échec

    Le recensement des réfugiés du Kivu a été reporté suite à l’échec d’une

    première opération tentée début septembre. Selon Caritas Secours International à Bruxelles, cet échec a des causes internes et externes.

    Sur le plan interne, l’encre utilisée a été unanimement mise en cause :

    une chambre noire permettait, en effet, de la visualiser. Ce fut l’argument

    utilisé par les groupes de pression pour faire échouer l’opération. Caritas

    ajoute : "Les intimidateurs de tous bords menaçant d’incendier les blindés

    pendant les absences, par exemple, ont fait le reste" .

    Sur le plan externe, plusieurs causes ont jouer pour faire capoter le

    recensement : les récentes déclarations du gouvernement zaïrois ; celles du

    commissaire urbain de Gisenyi (Rwanda) affirmant qu’il participait à l’opération; une attitude ambiguë du Rassemblement pour la Démocratie et des

    Forces Armées du Rwanda, qui font semblant de soutenir le recensement et,

    en sous-main, font de la propagande...

    Dangereuse détérioration

    Cette situation renforce l’inquiétude de Caritas pour la région des

    Grands Lacs. Des centaines de milliers de réfugiés rwandais y vivent depuis

    plus de deux ans dans les camps du Zaïre et de Tanzanie. Caritas Secours

    International à Bruxelles est l’agence de liaison de la Confédération des

    Caritas pour les problèmes des réfugiés dans la région de Goma. Depuis le

    début de la crise rwandaise, elle a pris en charge de nombreux projets

    d’aide aux réfugiés du Zaïre ainsi que d’autres projets d’aide à la réhabilitation à l’intérieur du Rwanda. Par la présence de ses équipes sur le

    terrain, elle a acquis une bonne connaissance de la situation matérielle

    mais aussi de la situation psychologique des populations concernées.

    "Une aggravation de la situation de ces personnes ne pourrait qu’entraîner une reprise de la guerre", avertit Caritas, qui rappelle "les difficultés et les causes de tension que l’on constate dans les camps du Zaïre".

    La détérioration de la situation sur les plans alimentaire, sanitaire,

    matériel et psychologique est attribuable à plusieurs facteurs. Caritas relève d’abord la baisse des ressources consacrées par les organisations

    d’aide internationales : la ration alimentaire, officiellement limitée à

    1’431 kilocalories par jour n’est en réalité que de 800 Kcal/jour à cause

    de la diminution des stocks et des réticences des donateurs, alors que l’on

    devrait prévoir 2’000 Kcal par jour en de telles circonstances.

    D’autres facteurs interviennent : les restrictions imposées aux activités locales des réfugiés, ainsi que les interdictions des autorités zaïroises frappant les activités de promotion sociale et les actions éducatives

    développées dans les camps spécialement à l’attention des jeunes.

    Inverser l’évolution

    Déclarations intempestives ou décisions autoritaires: les mesures visant

    à pousser les réfugiés au rapatriement sont mal reçues, constate Caritas.

    Surtout que les nouvelles qui leur parviennent du Rwanda ne les rassurent

    pas sur la sécurité de ceux qui rentreraient au pays. Dès lors, "ne voyant

    pas d’issue à leur situation, ils perdent espoir et sont la proie d’une

    propagande plus radicale, qui cherche à exclure une solution pacifique".

    Aussi Caritas Secours International insiste-t-elle : "Il est urgent de

    tout mettre en oeuvre pour inverser cette situation".

    L’organisation catholique entend poursuivre son action dans la région

    des Grands Lacs, tant par sa présence dans les camps de réfugiés que par

    ses programmes de reconstruction au Rwanda, afin que les réfugiés y trouvent un toit lorsqu’ils reviendront, leurs maisons désertées ayant accueilli de nouveaux occupants.

    Caritas ajoute qu’elle s’engage à poursuivre ses efforts pour aider les

    réfugiés dans le cadre d’un retour volontaire ainsi que pour la réinstallation et l’accompagnement des familles déjà rentrées au pays.

    L’organisation espère ainsi "éviter la menace d’une nouvelle guerre.

    (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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