Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 87 lignes (max. 75 signes), 885 mots et 6106 signes.

    apic/Caritas CH/ Forum

    Neuchâtel: 4e Forum romand de Caritas Suisse (260196)

    "Guerre et paix sociale"

    Neuchâtel, 26janvier(APIC) "Le travail n’est plus la référence supérieure". Dans une Suisse, qui, il n’y a pas si longtemps encore refusait la semaine de 40 heures et la cinquième semaine de vacances, l’affirmation de

    Roger Sue a fait mouche vendredi à Neuchâtel. Le sociologue français s’exprimait à l’Université devant les quelque 300 particitants au 4e Forum romand de Caritas Suisse.

    Le chercheur ne s’est pas contenté de poser un regard original sur

    l’économie, le travail et le social. Il innove en proposant la création ou

    la reconnaissance d’un nouveau secteur de l’économie: celui du "quaternaire". Tout un débat.

    C’est sous le titre provocateur de "guerre et paix sociale", que s’est

    tenu le Forum neuchâtelois. Roger Sue, dans son intervention, a estimé que

    vouloir résoudre la crise du travail par des solutions faisant appel au

    travail est sans espoir. Le dominicain belge Ignace Berten maintient par

    contre l’objectif du plein-emploi.

    Redéfinition du temps de travail, temps partiel, baisse du coût du travail, flexibilité sont, parmi d’autres éléments de solutions, les possibilités régulièrement évoquées. Ce qu’ont fait vendredi les participants à ce

    4e Forum en compagnie des six invités de Caritas Suisse: Roger Sue, sociologue professeur à la Sorbonne (Paris); Ignace Berten, théologien et philosophe belge; Michel Barde, secrétaire général de la Fédération romande des

    syndicats patronaux; le socialiste neuchâtelois Jean-Pierre Ghelfi, économiste; Guy-Olivier Segond, Conseiller d’Etat genevois; et Jean-François Cavin, directeur du Centre patronal vaudois. Les débats étant conduits par

    Claude Torracinta de la Télévision Suisse Romande.

    Vous avez dit "crise économique"?

    Roger Sue a posé son regard de philosophe sur la "crise économique".

    "Crise économique"? Deux termes qu’il réfute d’emblée. Parce que la crise

    postule qu’elle est passagère, et parce que, s’il y a crise, elle est tout

    sauf économique. "Nous vivons aujourd’hui sur des taux de croissance de 2%,

    soit dans la marge des taux des ’trente glorieuses’". Pour Roger Sue, la

    société est en déficit de diagnostic. Selon lui, La nouvelle économie en

    gestation se réalise hors du travail formel (économie domestique, auto-production individuelle ou associative, etc) et pèse dèjà plus lourd dans la

    richesse nationale que l’économie traditionnelle.

    L’éducation, la culture, l’information, les loisirs, la santé, l’environnement seront les principaux moteurs de la croissance de demain, affirme-t-il. Ces secteurs ne peuvent pas cependant s’accommoder des simples

    lois du marché. Ils ne peuvent pas non plus se satisfaire d’une gestion par

    le service public. D’où l’idée de la création ou de la reconnaisssance du

    "quaternaire" comme nouveau secteur de l’économie. De nombreuses associations sont déjà au coeur de cette nouvelle économie et sont plus performantes que des entreprises classiques, affirme Roger Sue. Le volontariat doit

    être reconnu et ouvrir des droits à des indemnisations cumulables avec un

    revenu du travail. Roger Sue propose notamment de taxer les robots dans les

    entreprises. Il imagine un travail humain basé beaucoup plus sur le troc et

    l’échange de services que sur un revenu monétaire.

    Ne pas séparer travail et revenu

    Pour le dominicain Ignace Berten, par contre, l’objectif du plein emploi

    reste nécessaire. Les solutions découplant travail et revenu ne sont pas

    satisfaisantes. Leur faisabilité économique n’est pas évidente. Elles impliquent une amplification inquiétante du rôle de l’Etat dans la redistribution des revenu et surtout sous-évaluent fortement le sens du travail

    comme participation sociale.

    La crise du chômage nécessite des solutions globables comme par exemple

    une politique fiscale imposant davantage les revenus du capital financier,

    remarque le Père Berten. Une telle politique ne peut être efficace qu’à un

    niveau supra-étatique (Europe pour commencer). Ignace Berten souhaite

    "partir des besoins réels des gens, valoriser la solidarité nationale, européenne et intercontinentale, promouvoir davantage d’égalité en visant à

    assurer la dignité des personnes". Pour le religieux belge, qui prône la

    valorisation du bénévolat, les oeuvres d’entraides comme Caritas ont une

    responsabilité importante à assumer pour lancer la discussion, si on veut

    éviter que le débat sur le chômage ne perde dans la négociation de solutions beaucoup trop partielles. (apic/pr)

    Encadré

    Deux débats: "Concurrence et solidarité" et "Revenu minimum garanti"

    Les débats au programme de ce Forum, qui portaient sur "L’économie suisse,

    entre concurrence et solidarité" ainsi que sur "le revenu minimum garanti"

    n’ont pas amener d’idées révolutionnaires.

    Le premier thème a opposé l’économiste socialiste Jean-Pierre Ghelfi au

    Secrétaire général de la Fédération romande des syndicats patronaux, Michel

    Barde. "Guerre et/ou paix sociale"? J.P. Ghelfi favorable au maintien d’une

    sécurité sociale solide n’est pas "encore en état de guerre", mais de "mobilisation". Une position que ne partage pas Michel Barde. "La sécurité sociuale? Il est temps de passer du système d’égalité à un système d’équité

    ... Et d’ajouter: Il faut rompre avec la notion de droits acquis".

    Dans le débat qui l’a opposé au directeur du Centre patronal vaudois

    Jean-François Cavin, Guy Olivier Segond, Conseiller d’Etat genevois, a

    plaidé pour l’introduction au plan fédéral d’un droit au revenu minimum garanti en rappelant qu’il existe depuis un an à Genève un revenu minimum

    cantonal d’aide sociale pour les chômeurs en fin de droits. Une vision que

    balaye d’un revers de la main Jean-François Cavin. "Le problème dit-il est

    du côté des personnes âgées et non du côté de ceux qui ont la capacité de

    travailler". (apic/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus