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    apic/Caritas/Belgique/Rwanda/Accusations

    Belgique: Caritas Secours International rejette les insinuations

    d’un rapport mettant en cause son aide à des réfugiés rwandais (020695)

    Bruxelles, 2juin(APIC) Mise en cause pour son aide apportée à des soldats

    rwandais réfugiés au Zaïre, qui ont pris une part active dans le génocide

    rwandais, Caritas secours international rejette les insinuations contenues

    dans un rapport publié fin mai par l’association américaine "Human Right

    Watch Arms Project".

    Egratignée par l’association américaine qui milite en faveur des droits

    de l’homme pour son aide accordée depuis un an à quelques milliers de soldats de l’ancienne armée rwandaise, regroupés dans les camps de Panzi et

    Bilonge, près de Bukavu, au Zaïre, Caritas, qui avait jugé qu’elle ne pouvait pas leur refuser l’assistance qu’elle fournit à d’autres réfugiés, répond par une interrogation: Est-ce là "contribuer indirectement" à fournir

    un appui militaire à des responsables du génocide?"

    Le rapport publié par "Human Rights Watch Arms Project" après quatre

    mois d’enquête menée par les Américains ne consacre à Caritas que quatre

    lignes sur dix-huit pages de texte. L’essentiel est ailleurs: le rapport

    accuse surtout la France, l’Afrique du Sud et le Zaïre d’avoir apporté une

    aide aux soldats engagés dans une guerre sans merci contre les opposants au

    régime hutu du président Habyarimana. Les mêmes pays sont dénoncés pour

    avoir poursuivi leur aide aux militaires hutus en exil qui aspirent à revenir en force chasser les Tutsis désormais au pouvoir à Kigali.

    C’est dans ce contexte que l’action de Caritas est mise en cause pour sa

    "contribution indirecte au processus de reconstitution de l’infrastructure

    militaire des FAR" (anciennes Forces Armées Rwandaises). De Bruxelles, Caritas Secours International, a qui les responsables mondiaux de l’organisation catholique ont confié la gestion des aides de Caritas à l’Afrique centrale, n’a donc pas tardé à réagir.

    Sur le terrain

    "Oui, confirme Johan Ketelers, porte-parole de Caritas secours international, à Bruxelles, nous avons distribué de la nourriture, des médicaments

    et des vêtements dans les deux camps de Panzi et Bilonge... tout comme nous

    l’avons fait dans d’autres camps". Caritas conteste l’appellation de "camps

    d’entraînement" donnée dans le rapport sous prétexte que l’on y trouve

    d’anciens militaires. "Nous n’apportons pas de secours à l’armée. Nous aidons simplement la population. Dans ces deux camps, un tiers des personnes

    sont des femmes et des enfants!"

    Aurait-il fallu ignorer certains groupes de réfugiés sous prétexte que

    des coupables se cachent parmi eux? "Ce n’est pas à une organisation non

    gouvernementale de juger qui est responsable du génocide, affirme Caritas.

    Cette tâche revient aux tribunaux rwandais et internationaux".

    Caritas explique pourquoi elle n’a pas laissé tomber certaines catégories de réfugiés: "Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

    a refusé d’octroyer des rations alimentaires aux soldats aussi longtemps

    que ceux-ci portaient l’uniforme et qu’il en était ainsi pour les soldats

    rassemblés à Panzi et à Bilonge.

    Exclure des bénéficiaires?

    N’aurait-il pas fallu restreindre l’aide alimentaire à Panzi (18’000

    personnes en août dernier, et environ 11’000 encore aujourd’hui)? "Restreindre l’aide aurait constitué une menace pour toute la région, un facteur d’instabilité et une incitation au brigandage", estime Caritas. Celleci, conclut son porte-parole, est une des rares organisations à poursuivre

    un travail en faveur de chacune des parties: aussi bien dans les camps de

    réfugiés au Zaïre qu’à l’intérieur même du Rwanda. (apic/cip/pr)

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